[Critique] La Dernière Vie De Simon, sauver les apparences

Pour son premier long-métrage, intitulé La Dernière Vie De Simon, Léo Karmann s’intéresse au genre fantastique et s’entoure d’un casting comprenant Benjamin Voisin, Martin Karmann, Camille Claris, Nicolas Wanczycki, Julie-Anne Roth pour porter à l’écran l’histoire d’un orphelin possédant un secret hors du commun…

Avec La Dernière Vie De Simon, Léo Karmann fait appel au merveilleux pour nous plonger dans une quête identitaire emplit de poésie et de tendresse pour un premier film rafraîchissant dans le paysage cinématographique français.

Le scénario co-écrit par le réalisateur et Sabrina B. Karine parvient à trouver le juste équilibre entre fantaisie et réel pour captiver tous les publics, de sept à soixante-dix-sept ans, grâce à son traitement de thèmes universels et son rapport à l’enfance, qui renforce notre affect face à cette intrigue aux multiples facettes, à l’image de son personnage principal.
Le postulat du long-métrage, nous présentant un garçon doté d’un don des plus particuliers à savoir prendre l’apparence des gens qu’il touche, sert d’écrin à une réflexion sur la vie, l’amour et la mort, les trois moteurs de cette fascinante histoire, mettant au centre de toutes les attentions Simon, orphelin à la recherche d’affection, un besoin qu’il va rapidement trouver dans la famille Durant et plus particulièrement dans sa relation avec leurs enfants Thomas et Madeleine, qui l’accueillent à bras ouverts dans leur cocon.

De ce cadre idyllique présenté, où la solitude s’efface au profit de la chaleur humaine, va vite surgir le drame, les scénaristes retournant rapidement la situation pour nous emmener vers un terrain glissant à la fois pour eux et pour leurs personnages mais ne tombant ni dans la facilité ni dans les pièges qui peuvent être propres au genre exploré, en l’occurrence ici le fantastique.
Aidé par un rythme efficace allant à l’essentiel, ellipses à la clé, tout en restant cohérent dans son déroulement, La Dernière Vie De Simon gagne en épaisseur alors que les dilemmes moraux entrent en jeu, compliquant l’alchimie de notre trio principal, où les faux-semblants et les apparences deviennent légions. Les sentiments s’exacerbent, de même que la tension, pour au final faire éclater la cellule familiale de manière surprenante, au terme d’un jeu de dupes où les apparences sont trompeuses.

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© Ciné Sud

La prestation des comédiens ajoute du charme au long-métrage et le casting est parfaitement dirigé, ce qui accroît la cohésion du scénario et nous permet de croire à l’univers développé. Le tiercé gagnant formé par les personnages de Simon, Thomas et Madeleine fonctionne à la fois lorsque celui est interprété par des enfants, que lorsque  les adultes prennent le relais, l’innocence émanant de la partition d’Albert Greffier, Vicki Andren et Simon Susset laissant place aux tourments propre aux épreuves de la vie, un changement de tonalité qui se perçoit très bien à travers le jeu tout en nuances de Benjamin Voisin, Camille Claris et Martin Karmann, permettant ainsi d’accentuer notre affect face à ces protagonistes et leur histoire commune.
Saluons également les prestations de Nicolas Wanczycki et Julie-Anne Roth, impeccables dans la peau des parents, piliers de la famille Durant, réussissant à jouer avec les différents registres offrant l’intrigue du film et parvenant à passer d’une palette d’émotion à une autre avec aisance.

Autre point positif, la mise en scène de Léo Karmann qui transpire son amour du cinéma des années 80, et plus particulièrement des productions Amblin, que l’on ressent à l’écran avec ce soin apporté à la photographie, agrémentant le cadre d’une aura mystérieuse. Retenons également ses multiples références visuelles à la faculté de Simon et aux questionnements des protagonistes du film, entre plans serrés sur les visages des acteurs, jeux de regards, de reflets, de miroirs, les atermoiements de chacun sont perceptibles, ce qui complète les pistes de réflexion du scénario.
Enfin, l’excellent travail des équipes en charge des effets spéciaux est à noter, le processus de morphing étant maîtrisé grâce au rendu organique des transformations de Simon, un choix s’inscrivant dans la démarche de traiter cette histoire extraordinaire de la manière la plus réaliste possible.

N’oublions pas non plus la bande originale du film, composée par Erwann Chandon, qui ajoute un cachet non négligeable à l’ensemble avec cette partition dont les envolées symphoniques se situe à mi-chemin entre du John Williams et du Danny Elfman.

Avec La Dernière Vie De Simon, Léo Karmann signe un premier long-métrage réussi, mêlant l’intime au fantastique pour un film de genre féerique, qui vaut le coup d’oeil pour son scénario et sa réalisation, rendant un bel hommage au cinéma béni des années 80. Une histoire merveilleuse pour un premier essai prometteur.

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© Ciné Sud

3 réflexions sur “[Critique] La Dernière Vie De Simon, sauver les apparences

  1. Pingback: La Dernière Vie De Simon : Interview de Sabrina B. Karine et Léo Karmann | SeriesDeFilms

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