[Critique] Le Meilleur Reste À Venir, ensemble c’est tout

Huit ans après avoir porté à l’écran l’adaptation de leur pièce Le Prénom, le tandem Matthieu Delaporte/Alexandre De La Patellière est de retour à la réalisation avec Le Meilleur Reste À Venir, comprenant au casting Patrick Bruel, Fabrice Luchini, Zineb Triki, Pascale Arbillot et se centrant sur deux amis d’enfance, Arthur et César, voyant leur existence bouleversée quand l’un découvre que l’autre est atteint d’un mal incurable…

Avec Le Meilleur Reste À Venir, Matthieu Delaporte et Alexandre De La Patellière nous livrent une comédie dramatique traitant de l’amitié pour un résultat en demi-teinte.

Si cette ode à la fraternité est louable, nous montrant avec raison qu’être là pour les gens que l’on aime dans le meilleur comme pour le pire est salvateur, la portée de ce message est affaiblie par un scénario alambiqué.

Le duo, qui avait réussi à combiner sens du rythme et du dialogue, que ce soit dans Le Prénom, leur premier long-métrage, ou dans Papa Ou Maman et sa suite, se prennent les pieds dans le tapis concernant l’intrigue principale du film. En effet, difficile de croire que le quiproquo au cœur des événements, à savoir que les deux protagonistes principaux pensent chacun que l’autre est malade, puisse durer autant de temps tant il ne tient pas debout. Il aurait été préférable de le désamorcer rapidement pour se concentrer sur la sincérité de la relation entre Arthur et César, qui se voit d’ailleurs mise à mal par cette facilité scénaristique. Cacheriez-vous à votre meilleur ami qu’il est atteint d’un cancer incurable ? Le concours de circonstances improbable qui mène à cette question ainsi que ses conséquences nuisent véritablement à l’ensemble. Comment évoquer une amitié forte et sincère si le mensonge prime entre les deux partis ? Difficile de se sentir affecté par les choix des personnages, en particulier ceux d’Arthur quant à la santé de celui qu’il considère comme son frère.

Si l’on omet ce point de départ litigieux, on peut dire que Le Meilleur Reste À Venir parvient tout de même à se montrer efficace dans sa démarche du ‘film de potes’ avec la complémentarité du couple Fabrice Luchini/Patrick Bruel, qui repose sur un schéma classique où le comique réside dans l’opposition constante avec d’un côté Arthur l’introverti et de l’autre César, plus excentrique, une mécanique bien huilée, renforcée par le côté road-trip emprunté par le script, qui plaira au plus grand nombre. L’alchimie entre les comédiens se ressent à l’écran et si chacun reste la plupart du temps dans l’archétype propre à leur personnage, soulignons tout de même des nuances dans leur prestation, se montrant plus sobres et sensibles quant l’intrigue nous met face à l’épreuve de la mort. Parmi les seconds rôles, saluons avant tout Zineb Triki, qui agrémente le tout d’une dose de douceur avec la sous-intrigue tournant autour de son personnage, Randa, officiant dans un groupe de soutien, qui parvient à exister et à se greffer au duo vedette.

En faisant flotter le spectre de la maladie, en l’occurrence le cancer, dans cette histoire d’amitié, Matthieu Delaporte et Alexandre De La Patellière en profitent pour jouer sur deux tableaux à savoir la comédie et le drame. Si l’on peut regretter l’aspect vaudeville avec ce quiproquo douteux de même qu’un humour ne faisant pas mouche à tous les coups, se voulant trop classique, retenons par contre l’aura douce-amère s’infusant lors du dernier tiers du long-métrage, la partie la plus solide, où l’équilibre est enfin trouvé, parvenant à concilier ses principaux thèmes et à émouvoir sans tomber dans le mélodrame, mettant un point d’honneur final à célébrer la vie malgré tout.

Voulue comme une célébration de l’amitié, Le Meilleur Reste À Venir aurait gagné en force si son scénario n’était pas plombé par son quiproquo central, dénaturant cette notion mise à l’honneur, ainsi que des longueurs au niveau de l’intrigue. Ayant du mal à trouver son juste milieu, le long-métrage n’en reste pas moins une comédie dramatique qui se laisse regarder pour le tandem Fabrice Luchini/Patrick Bruel, son principal atout. Même si Matthieu Delaporte et Alexandre De La Patellière sont en mode mineur, le résultat n’est pas catastrophique (juste moyen), le film devrait trouver sa cible et en faire rire/pleurer plus d’un.

LeMeilleurResteAVenir

© Mika Cotellon – Chapter2

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