[Critique] Retour À Zombieland, changement de dynamique

Dix ans après leurs mésaventures au sein de l’univers post-apocalyptique de Bienvenue À Zombieland, comédie horrifique qui a su se faire une place dans le coeur des amateurs du genre avec les années, la petite troupe composée de Woody Harrelson, Jesse Eisenberg, Emma Stone, Abigail Breslin et du réalisateur Ruben Fleischer se réunissent pour une suite que l’on attendait plus avec Retour À Zombieland, qui nous permet de renouer le contact avec Tallahassee, Columbus, Wichita et Little Rock…

Malgré l’appréhension due à la décennie passée entre le premier volet et cette suite, Ruben Fleischer parvient à proposer un délire zombiesque des plus sympathiques.

S’il est tout de même d’un niveau inférieur à son prédécesseur, Retour À Zombieland possède des qualités mais débutons par ses défauts concernant l’intrigue générale. Le principal problème du scénario concocté par Rhett Reese, Paul Wernick et Dave Callahan est son rythme, qui est irrégulier à cause d’un manque d’harmonie entre les différentes storylines présentées.

Passer l’introduction efficace, qui s’évertue à nous reconnecter à l’univers apocalyptique, le film se dépêche de casser la dynamique de groupe du quatuor principal, une idée permettant de rabattre les cartes et d’empêcher la redite mais voir cette famille par défaut se disperser fait quelque peu perdre le charme du premier opus, un effet renforcée par l’introduction de nouveaux protagonistes plus ou moins intéressants à découvrir.
De la cruche décérébrée incarnée par Zoey Deutch à la badass Rosario Dawson en passant par le duo Luke Wilson/Thomas Middleditch ou une communauté hippie, une nouvelle galerie de personnages secondaires s’immiscent dans les mésaventures de Tallahassee et compagnie, avec sa panoplie de gags plus ou moins potaches, souvent liés aux clichés véhiculés par certains seconds couteaux, qui sont volontairement poussés à l’extrême pour mieux provoquer les rires, ce qui ne sera pas tout le temps le cas. Nous avons surtout l’impression que le film a été conçu par scénettes et qu’il a fallu meubler tant bien que mal entre deux séquences, d’où ce sentiment d’inégalité.

Les quelques lourdeurs présentes sont atténuées par les interactions, faisant toujours mouche, entre Tallahassee, Columbus, Wichita et Little Rock, le coeur de Zombieland. Les liens les unissant et leurs problèmes inhérents à toute famille dysfonctionnelle font l’intérêt de cette suite. Entre envies d’ailleurs et peur de l’engagement, nos anti-héros sont à un croisement de leur vie et chacun est prêt à tracer sa route. Bien entendu, cette histoire d’émancipation est traitée sous l’angle de la comédie et le plaisir non dissimulé des acteurs à s’envoyer des répliques cinglantes se ressent à l’écran. Le point positif de long-métrage à n’en pas douter. Apprécions également les gimmicks propre à duologie, qui sont moqués à bon escient pour des clins d’oeils savoureux pour les amateurs.

Ce qui est certain, c’est que l’alchimie du casting original n’est plus à démontrer mais dans cette suite on peut regretter que l’équipe créative parte dans tous les sens puisque avec cette distribution élargie, certains sont mis en retrait à l’image d’Abigail Breslin qui, malgré une intrigue cohérente par rapport à l’évolution de Little Rock, voit les envies d’émancipation de son personnage se traduire par une disparition bien trop longue à l’écran. Si pendant un temps on a eu peur de voir le même cas de figure se produire avec Emma Stone, le changement de conjoncture dans la relation Wichita/Columbus lui permet de s’amuser avec Jesse Eisenberg. Quant à Woody Harrelson, il vole la vedette à ses comparses en s’éclatant dans les bottes de Tallahassee, offrant une prestation survoltée.

Pour terminer, si la réalisation de Ruben Fleischer est correcte, celle-ci est moins inspirée comparée au premier volet, proposant moins de séquences marquantes visuellement même si le plan-séquence dans l’hôtel de Nevada est à retenir pour son efficacité. Quelques ratés au niveau des effets-spéciaux empêchent aussi d’apprécier totalement le divertissement.

Si le spectacle n’est pas toujours à la hauteur, Retour À Zombieland à la mérite de ne pas faire le coup de la suite facile en tentant d’élargir l’univers délirant initié il y a dix ans. Grâce à son casting au diapason, ce second volet des aventures de Tallahassee, Columbus, Wichita et Little Rock se laisse suivre sans déplaisir et offre quelques moments de franche rigolade.

©Sony Pictures

 

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