[Critique] Spider-Man : Far From Home, illusions perdues

Deux ans après Spider-Man : Homecoming, l’Homme-Araignée a le droit à sa deuxième aventure solo au sein de l’Univers Cinématographique Marvel avec Spider-Man : Far From Home, suite toujours réalisée par Jon Watts et comprenant au casting Tom Holland, Zendaya, Samuel L. Jackson, Cobie Smulders, Jake Gyllenhaal, Marisa Tomei, Jon Favreau, Jacob Batalon. Faisant suite aux événements survenus dans Avengers : Endgame, cette nouvelle aventure emmène Peter Parker et sa classe à travers l’Europe pour une excursion qui ne sera pas sans danger.

Avec Spider-Man : Far From Home, Jon Watts jongle entre teen-movie et film super-héroïque mais peine à trouver le juste équilibre.

Si l’humour bon enfant du précédent opus, qui se voulait un hommage aux comédies pour adolescents des années 80, précisément celles de John Hugues, était divertissant mais empêchait le film de réellement décoller sachez que le scénario co-écrit par Chris McKenna et Erik Sommers a mis les bouchées doubles à ce niveau.

En résulte une première heure interminable dès que l’on s’intéresse au voyage scolaire de Peter et ses amis, qui servent pour la plupart de faire-valoirs, réduits à n’être que des gimmicks pour le moins plombants, on pense notamment à Ned et sa sous-intrigue inutile ou les mésaventures de notre cher Parker entre maladresses (propre au personnage) et situations cocasses qui ne lui rendent pas service et n’ont pas réellement de place dans la storyline. D’un autre point-de-vue, cela permet à M-J de se révéler et sur ce point précis ce n’est pas un mal, Zendaya tirant clairement son épingle du jeu par rapport à ses camarades.

Cette illusion d’être dans une comédie se dissipe quand Nick Fury, Maria Hill ainsi que Quentin Beck alias Mysterio sortent de l’ombre, perturbant ce road-trip européen pour notre grand plaisir. De nouvelles menaces surgissent et se mêlent à la grande histoire du MCU, permettant de légitimer le personnage incarné par Jake Gyllenhaal et de lier le tout au phare de cet univers cinématographique, à savoir Tony Stark et son héritage. Si concernant les conséquences du diptyque Avengers : Infinity War/Endgame les réponses à nos questions au sujet du retour à la vie de la moitié de la population sont vite balayées, celles sur Peter et l’ombre d’Iron Man planent sur l’ensemble du long-métrage.

S’il est touchant lorsqu’il s’agit de ses sentiments amoureux, notre super-héros arachnéen est en proie aux doutes et aux désillusions dans Far From Home et ce cheminement psychologique est clairement le point fort du film, renforcé par la prestation de Tom Holland qui ajoute une dose bienvenue de gravité dans son interprétation, ce qui est bien plus plaisant à regarder que les parties comiques où ce dernier semble mal à l’aise. D’ailleurs trajectoire de Mysterio, sert de miroir aux errances du jeune-homme. Comme souvent, les ennemis de la saga Spider-Man sont utilisés à bon escient et c’est une nouvelle fois le cas avec et antagoniste manipulateur et maître des faux-semblants.

Les défis réservés à Peter lors de la deuxième heure aident à instaurer ce souffle héroïque que l’on était en droit d’attendre et le face à face entre Spidey et son nemesis tient ses promesses et les surprises se trouvant dans le dernier acte intriguent quant à la suite des événements. Dans ce conflit retenons particulièrement les séquences d’illusions, maîtrisées par Jon Watts et parmi les meilleures séquences de cette suite. Le réalisateur s’est amélioré dans la mise en scène de l’action et montre d’un cran l’aspect grand spectacle, notamment lors des nombreux combats, qui sont lisibles. Spider-Man est mieux mis en valeur, héroïquement parlant, nous le voyons enfin virevolter entre les buildings de New-York, un aspect manquant de Homecoming.

Plombé par son aspect teen-movie, Spider-Man : Far From Home ne parvient à décoller que lors de sa seconde partie, ce qui est dommageable à l’ensemble. Malgré les balbutiements de cette suite, les prestations de Tom Holland, toujours convaincant dans la peau de Peter Parker ainsi que de Zendaya et Jake Gyllenhaal aident à nous investir un tant soit peu à l’intrigue générale. Si le chemin est sinueux, la route vers un long-métrage Spider-Man digne de ce nom semble en vue si l’on en croit la fin de cet opus, qui rattrape à elle seule les errements qui ont précédé. 

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