[Critique] Captive State, provoquer l’étincelle

Cinq après The Gambler, Rupert Wyatt est de retour à la réalisation avec Captive State, un film de science-fiction comprenant au casting John Goodman, Vera Farmiga, Ashton Sanders, Jonathan Majors, Madeline Brewer ou encore Kevin Dunn, nous entraînant dans un Chicago post-invasion extra-terrestre où se confrontent deux clans : les collaborateurs qui ont juré allégeance à l’envahisseur et les rebelles qui les combattent dans la clandestinité depuis dix ans.

Avec Captive State, Rupert Wyatt déjoue les attentes et nous offre un thriller tendu plutôt qu’un film de science-fiction.

Le scénario qu’il a co-écrit avec Erica Beeney prend le contre-pied du film d’invasion type et les extra-terrestres ne servent que de prétexte, pour instaurer un climat totalitaire. Nous nous concentrons donc sur les hommes et les femmes se rebellant face à un système prenant des allures de dictature et cette direction prise est surprenante et surtout pertinente, le long-métrage devenant alors totalement politique.

Ville barricadée, citoyens surveillés de près, face à un régime où les libertés s’estompent un peu plus chaque jour, la rébellion est en marche. Nous suivons alors une galerie de personnages aux motivations diverses, certains tentant de consumer ce nouvel ordre mondial érigé par cette race alien appelée Les Législateurs, d’autres collaborant en étroite collaboration avec eux.
En prenant le parti d’avoir un rythme sur le fil du rasoir, Captive State ne prend pas le temps de poser son intrigue, allant droit au but, ce qui peut parfois se révéler un minimum confus, sentiment appuyé par la mise en scène, puisque nous enchaînons sans temps morts entre plusieurs protagonistes et plusieurs unités de lieu. Un choix au final compréhensible, la volonté de Rupert Wyatt étant de créer un sentiment d’urgence mais cela pourra perturber certains spectateurs, qui pourraient perdre le fil conducteur.

Au milieu de cette histoire de révolution en approche, le scénario tente de nous lier émotionnellement à une relation entre deux frères, incarnés par Ashton Sanders et Jonathan Majors, l’un essayant de marcher dans les traces de son aîné, devenu une figure de la rébellion, auquel s’ajoute un inspecteur de police, interprété par John Goodman, ancien collègue de leur père, qui élève le niveau au niveau du jeu d’acteur avec sa partition d’homme implacable et prêt à tout pour ses convictions. Les chemins de ces trois hommes s’entrecroisent durant les événements du long-métrage et certains rebondissements concernant leur storyline commune sont prévisibles, dans sa globalité ce jeu du chat et de la souris entre ces derniers et leurs acolytes capte notre attention.

La réalisation de Rupert Wyatt, comme précisé plus haut est donc extrêmement cadencée, apportant une atmosphère anxiogène à l’ensemble et une tension palpable. Dans leur volonté de provoquer le chaos, nos personnages n’ont plus rien à perdre et cela est bien retranscrit dans la mise en scène. D’ailleurs pour mieux porter à l’écran le climat délétère insufflé par Les Legislateurs depuis l’invasion, résultat appuyé par la photographie du long-métrage qui se veut morne. Wyatt fait de son manque de budget une force concernant les extra-terrestres et joue avec les effets d’éclairage pour ne pas réellement nous les exposer à l’écran et d’en faire tout de même une vraie menace.

Captive State est une proposition originale dans l’univers de la science-fiction, prenant le contre-pied du genre et nous livrant au final un thriller politique mené tambour battant. Pour son retour derrière la caméra, Rupert Wyatt s’est bien entouré et provoque une étincelle bienvenue dans le monde de l’invasion alien.

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