[Critique] Ralph 2.0, dans l’antre de l’internet

En 2012 sortait sur nos écrans Les Mondes De Ralph, film d’animation Disney réalisé par Rich Moore qui nous plongeait dans une salle d’arcade où les avatars des différentes bornes continuaient de vivre après la fermeture de l’endroit. Deux personnages que tout oppose, la brute sorti tout droit des années 80 Ralph La Casse et Vanellope Van Schweetz, héroïne de Sugar Rush, un jeu de course moderne, se croisaient pour le meilleur et pour le pire. Les deux protagonistes s’aventuraient alors dans les différents univers proposés par les multiples bornes.
Sept ans plus tard une suite nous est proposée Ralph 2.0, co-réalisée par Rich Moore et Phil Johnston et cette fois le terrain de jeu de nos héros est bien plus vaste puisque le film nous entraîne dans les méandres du web…

Après avoir passé en revue le monde des jeux-vidéos dans le premier opus, Ralph 2.0 voit plus large en nous propulsant dans l’immensité du web mais cette nouvelle plateforme est bien trop grand pour les scénaristes du film.

Certes comme pour Les Mondes De Ralph, cette aventure survitaminée est des plus sympathique avec une plongée rocambolesque dans cette galaxie 2.0, mais comme dans la réalité, internet est bourré de pièges et l’équipe créative se heurte de plein fouet à certains d’entre eux avec plus ou moins de maladresse. Tout d’abord le name-dropping, qui était inévitable, ne frôle pas l’overdose comme redouté dans la mesure où la plupart des grandes marques et géants du net aperçus servent l’intrigue. Par contre production Disney oblige, nous avons le droit à une percée dans ce monde merveilleux ponctuée de nombreux clins d’oeil aux fans de la firme aux grandes oreilles et le résultat est plutôt satisfaisant et prête à sourire.

C’est l’ambiguïté de son positionnement face au fonctionnement du web qui plombe quelque peu le long-métrage, dénonçant certaines pratiques mais semblant en approuver d’autres. Pour les jeunes cibles du film, le message véhiculé peut se révéler problématique puisque les scénaristes cautionnent la futilité et l’aspect mercantile de la vidéo en ligne et du buzz. Pour gagner de l’argent rien de plus simple que de créer du contenu et de générer des ‘likes’. Ce cynisme peut se montrer problématique selon l’appréciation de chacun.

Heureusement dans cette virée sur la toile tout n’est pas qu’une succession de lieux communs et caméos en tout genre, les relations humaines sont également au centre de cette suite, en particulier l’amitié. Celle reliant Ralph et Vanellope ainsi que les limites de celle-ci nous sont exposées par les auteurs de manière mature et pertinente. Les deux protagonistes, qui avant de se rencontrer n’avaient personne sur qui compter, apprennent à travers leur odyssée dans cette galaxie 2.0 que l’exclusivité de leur lien peut se révéler nocive si l’on ne prend pas en compte les ressentis de l’un et de l’autre. Un propos appuyé par la dernière partie du long-métrage d’animation, qui en associant la toxicité d’internet à la personnalité de notre méchant si maladroit, démontre que le dialogue et le respect sont des moteurs essentiels dans une amitié sincère.

La réalisation de Rich Moore et Phil Johnston nous entraîne dans un monde pop et coloré qui est dans la continuité du premier opus, même si avec la montée en puissance de la technologie le rendu est encore meilleur. En quittant la borne d’arcade pour l’immensité du web, les deux hommes conçoivent une mégalopole où tout va à cent à l’heure. Cette sensation de vitesse est retransmise dans la mise en scène, les situations s’enchaînant rapidement pour nos personnages, ne laissant pas de place au repos. Synonyme de ce sentiment d’urgence, les séquences se situant dans le jeu-vidéo en ligne Slaughter Race où nous assistons à une course poursuite sous adrénaline où la destruction et les explosions sont légion.
Concernant le fameux passage dans l’univers Disney, le character-design des princesses et autres personnages passant de l’animation traditionnelle à l’animation par ordinateur est satisfaisant et ne dénote pas avec ce à quoi ils ressemblaient dans les dessins-animés.

Malgré quelques maladresses plus ou moins douteuses quant aux messages délivrés concernant le monde du web, Ralph 2.0 n’en reste pas moins divertissant grâce à ce voyage survolté dans les entrailles de cette bête nommée Internet et sa réflexion sur l’amitié. Même si cette suite est inférieure au premier opus, les mésaventures de Ralph et Vanellope sauront contenter un large public.

9 réflexions sur “[Critique] Ralph 2.0, dans l’antre de l’internet

  1. Je ne trouve pas que le message que tu tentes d’expliquer – que je n’ai pas spécialement repéré dans mon analyse – soit véritablement une maladresse. Pour moi, ce serait plutôt de montrer comment fonctionne le monde moderne maintenant aujourd’hui, que pour concurrencer, on ne peut pas faire autrement mais qu’il faut en contrepartie être au courant de ces techniques. De plus, concernant le name-dropping, si tu pensais à cette technique qui s’avère problématique, je pense que c’est plus pour respecter la fidélité de l’Internet qu’attirer des spectateurs : Disney n’a pas besoin de ça 😉

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    • Je trouve que les scénaristes cautionnent un peu trop facilement le fait de gagner de l’argent rapidement et facilement, ce point m’a personnellement gêné j’aurais aimé que cela soit montré de manière un peu plus critique. Après oui il fallait toutes ses marques pour montrer le gigantisme et la pluralité de l’internet mais disons qu’ils auraient pu s’engouffrer encore plus dans la publicité pour les produits Disney et heureusement ils se sont limités à une bonne séquence, plus ça aurait été de trop 🙂

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      • Personnellement, moi j’attendais plein de références. On est un peu à une époque où il y a une mode du crossover, où on adore voir des choses que l’on connaît rassemblées dans un même produit ^^. Je ne trouve pas que la publicité est martelée. Après, sur ton premier point, j’avoue que j’ai un peu du mal à voir de quoi tu parles / à quoi tu fais références

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      • Dans mon article d’analyse, personnellement, c’est ce que je soulignais comme une chose très bien. Ca montre au spectateur que actuellement, YouTube c’est exactement ça. Moi je trouve que ça respecte énormément la réalité et j’applaudis.

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      • Mouais. C’est un film d’animation, qui plus est un Disney, ils vont pas se mettre à super galérer quand même ^^ ». En plus, ils ont l’algorithme de leur côté, ça les aide. Les YouTubers ne connaissent pas l’algorithme, il y a des rumeurs mais rien de certifié.

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