[Critique] Aquaman, rollercoaster aquatique

Un an après Justice League, il est temps pour Jason Momoa d’être sur le devant de la scène avec le film solo consacré à son personnage Arthur Curry alias Aquaman et pour l’occasion retrouve Amber Heard et se voit entouré de Nicole Kidman, Willem Dafoe, Patrick Wilson, Dolph Lundgren, Yahya Abdul-Mateen II et Temuera Morrison. Le long-métrage éponyme, réalisé par James Wan (Conjuring, Fast & Furious 7) plonge notre super-héros aquatique dans une quête pour instaurer la paix aussi bien sur terre que dans les mers…

Avec Aquaman, James Wan nous convie à un spectacle généreux mené tambour battant et partant dans tous les sens.

Le scénario du long-métrage, écrit par Will Beall et David Leslie Johnson-McGoldrick, ratisse large et cumule les intrigues et les genres en un peu plus de deux heures. Nous oscillons entre film d’aventure, de fantasy et science-fiction sans oublier de glisser, entre toutes les storylines l’origin-story d’Arthur, sous forme de flash-back.

Classique dans sa forme avec un héros destiné à de grandes choses et qui refuse de l’accepter avant d’y être involontairement amené, l’histoire se laisse suivre sans déplaisir grâce à cette plongée dans le monde des Sept Mers. Entre la présentation des différents univers peuplant les profondeurs, de la profusion de créatures en tout genre, de l’immensité d’Atlantis et de sa politique, nous sommes dépaysés, avant tout visuellement.

Au milieu de tout cela nous avons Arthur Curry, qui se voit embrigader dans une quête pour éviter une guerre entre la mer et la surface, et propulsé dans un conflit qui le dépasse. Ajoutez à cela, une rivalité fraternelle et un ennemi créé par ses actions et notre super-héros à un agenda bien chargé. Sauf qu’à part subir les manigances de ses adversaires et suivre sagement Mera, qui est la vraie héroïne du film en mettant tout en oeuvre pour sauver les siens et en mâchant tout le travail à Arthur, ce dernier a encore du chemin avant de devenir un charismatique leader mais l’espoir règne à la fin du métrage.

L’humour présent dans les opus de l’univers cinématographique DC Comics fait une nouvelle fois tache et la coolitude assumée d’Aquaman n’aide pas le personnage et plombe le plus souvent l’ambiance avec ses blagues douteuses. Certains dialogues ne sont pas des plus fins et quand nos protagonistes se mettent à philosopher, le ridicule n’est souvent pas loin.

S’il y en a un qui n’a pas peur du ridicule justement, c’est bien James Wan qui se permet toutes les extravagances au niveau de la réalisation et c’est ce qui fait le charme d’Aquaman.  Il se fait plaisir et en tant que spectateur nous le ressentons. Le spectacle mis en place est plus que généreux et l’on retrouve la patte du réalisateur avec des plans-séquences réussis et des séquences maîtrisées dont une qui nous rappelle que Wan vient du monde de l’horreur, celle de l’attaque du bateau à l’approche de la Fosse.

L’immersion dans les Sept Mers et Atlantis est efficace et visuellement, à part quelques effets ratés, le voyage est captivant avec des cités majestueuses et un bestiaire vaste, dévoilant tout son potentiel lors du climax du film, ce qui nous permet de dire que l’action est au rendez-vous et cela fait plaisir à voir après la déception qu’a été Justice League l’année dernière.

Terminons avec le jeu des acteurs avec un Jason Momoa qui continue à interpréter Arthur Curry de manière décontractée et désinvolte mais on peut espérer que dans de futurs opus, sa partition se complexifie. La surprise vient d’Amber Heard qui tient facilement tête à Momoa et partage la couverture avec ce dernier, campant avec force Mera. Nicole Kidman retrouve le genre super-héroïque près de vingt-trois ans après Batman Forever et semble prendre plaisir à jouer une reine tiraillée entre son amour et son devoir.

Du côté des antagonistes, si Yahya Abdul-Mateen II se montre convaincant mais sous utilisé (pour mieux le développer par la suite ?) sous le masque de Black Manta, Patrick Wilson se démarque en ajoutant de la nuance à son interprétation de Orm, perdu entre soif de vengeance et soif de pouvoir. Au rayon des seconds rôles, Willem Dafoe, Dolph Lundgren et Temuera Morrison font le job, sans plus.

Aquaman place le spectateur dans un manège à sensations et le secoue dans tous les sens avec intrigues multiples, action à gogo et réalisation virevoltante. James Wan nous concocte un divertissement généreux qui n’est jamais loin de virer dans le kitsch et le nanar, ce qui étrangement son charme au final. 

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