[Critique] L’Incroyable Histoire Du Facteur Cheval, amour et détermination

Pour son retour à la réalisation quatre ans après De Toute Nos Forces, Nils Tavernier s’entoure une nouvelle fois de Jacques Gamblin pour porter à l’écran l’histoire vraie du facteur Cheval, l’homme ayant bâti de ses propres mains Le Palais Idéal situé en France à Hauterives, une oeuvre classée monument historique en 1969 par André Malraux. Comprenant également au casting Laetitia Casta, Bernard Le Coq ou encore Florence Thomassin, L’Incroyable Histoire Du Facteur Cheval nous a été présenté en avant-première lors de la dix-neuvième édition de l’Arras Film Festival.

Facteur Cheval

© Fechner / Media

Avec ce biopic, Nils Tavernier dresse une fresque romanesque sur un personnage simpliste dont la preuve d’amour pour sa famille restera gravé à jamais à travers ce fameux Palais.

Film naturiste mettant en valeur les paysages ainsi que le lien unissant l’homme à la nature, L’Incroyable Histoire Du Facteur Cheval réussit à captiver l’attention du spectateur grâce au soin apporté à la réalisation et surtout à la direction d’acteur avec un Jacques Gamblin touchant.

L’acteur porte le film sur ses épaules et en intériorisant son jeu, son personnage étant introverti et peu causant, il parvient à nous émouvoir en un regard et cette interprétation sert le récit et le message du film. Des actes valent mieux que des paroles et Le Palais Idéal qu’il a construit durant des décennies est la preuve d’amour ultime pour sa fille. Laetitia Casta campe avec force sa femme, Philomène et livre une prestation convaincante et sincère. La jeune Zélie Rixhon interprète avec malice Alice, la fille du couple Cheval qui sera le point de départ de la construction du Palais Idéal. Parmi les seconds rôles retenons la bienveillance d’Auguste, protagoniste incarné par Bernard Le Coq et la finesse de Louka Petit Taborelli dans la peau de Cyrille, le fils de Ferdinand Cheval, dont les relations avec son père ne sont pas aussi simple qu’avec Alice avec un jeu entre amertume et envie.

La force de la nature se traduit par les travaux entrepris par cet homme qui est en communion avec celle-ci et la laisse guider son oeuvre. Sa détermination est remarquable et on ne peut être qu’ébahi devant le monument qu’il a construit durant près de trente ans. Derrière la façade d’un personnage paraissant rustre se cache une humanité et un amour profond et le voir traverser les époques et les épreuves ne font que renforcer notre empathie et notre respect pour Ferdinand Cheval.

Nils Tavernier sublime les paysages de la Drôme avec un soin particulier apporté à la photographie et appuie sur leur puissance par des plans larges laissant apparaître la petitesse de l’homme face à Mère Nature. La caméra se veut plus proche de ses personnages lorsque l’émotion est au rendez-vous pour mieux nous toucher et magnifie l’envergure du Palais Idéal pour nous montrer sa complexité et sa beauté.

L’Incroyable Histoire Du Facteur Cheval est un film qui est à l’image de son personnage, à l’allure simpliste mais doté d’une grande force. La chaleur humaine transparaît tout le long du métrage et cette douceur est accentuée par un Jacques Gamblin tout en retenue et en émotion. Un bel hommage à Ferdinand Cheval et à son art naïf.

 

3 réflexions sur “[Critique] L’Incroyable Histoire Du Facteur Cheval, amour et détermination

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