[Critique] Les Invisibles, le droit à la dignité

Deux ans après Carole Mathieu, Louis-Julien Petit est de retour derrière la caméra pour Les Invisibles, comédie dramatique sociale se centrant sur un centre d’accueil de jour pour femmes sans-abri. Pour évoquer ce sujet sensible, le réalisateur s’est entouré de Corinne Masiero, Audrey Lamy, Noémie Lvovksy, Déborah Lukumuena et Pablo Pauly.

Avec Les Invisibles, Louis-Julien Petit met en lumière le parcours de femmes que la société abandonne.

Son scénario est engagé, pointant du doigt un système faisant tout pour cacher cette misère dont elle a semble avoir honte au vu de ce qu’elle entreprend pour empêcher les personnes vivant dans la rue de ne plus y revenir.

La froideur règne, que ce soit au niveau des températures ou de la société et le manque d’empathie quant au sort de ces femmes est glaçant mais Louis-Julien Petit nous montre que même face à une telle insignifiance, il reste toujours une lueur de l’espoir et ce grâce à l’humanité de certaines personnes.

En évitant de tomber dans le pathos pur et simple et en privilégiant la douceur et la bienveillance, Les Invisibles réussit son pari de nous alerter sur la condition des sans-abris mais aussi de réchauffer le coeur du spectateur avec une histoire d’entraide porté par une distribution mêlant acteurs professionnels et amateurs. C’est d’ailleurs ce qui fait la force du film, cette présence de personnes ayant réellement vécu dans la précarité à un moment donné de leur vie. La sincérité se dégageant de leur jeu aide à instaurer ce sentiment de chaleur humaine et nous ne pouvons que saluer leur prestation, avec une mention particulière pour Adolpha Van Meerhaeghe qui campe avec bonhomie Chantal, le rayon de soleil du film.

Face à elles, Corinne Masiero, Audrey Lamy, Noémie Lvovsky et Déborah Lukumuena incarnent des membres de L’Envol, le centre d’accueil au centre du long-métrage et ensemble le porte avec force, nous ressentons leur investissement. Leur interprétation est à fleur de peau, devant jouer des femmes qui tentent du mieux qu’elles peuvent d’aider leurs protégées pour qu’elles réintègrent avec dignité cette société qui les a lâché et qui terminent le plus souvent démunies devant un système qui ne se veut pas aussi tolérant qu’il veut bien le faire croire.

La réalisation de Louis-Julien Petit laisse la part belle à ses personnages en les mettant en valeur, en montrant au spectateur que ces gens que l’on ignore sont des personnes comme tout le monde et parvient à nous toucher lors d’une belle séquence où ces femmes renouent avec ce qu’elle étaient avant. Le contraste en chaleur humaine et froideur du monde entourant nos héroïnes aide à instaurer cette atmosphère douce-amère.

Avec Les Invisibles, Louis-Julien Petit nous ouvre les yeux sur la condition des sans-abri et nous montre que celle-ci se dégrade. Outre cette critique sociétale, le réalisateur nous raconte avec sensibilité et pudeur le parcours de femmes fortes, que ce soit celles qui donnent toute leur énergie à plaider leur cause et à les aider à retrouver la dignité à laquelle elles ont le doit ou celles qui ont un mental d’acier pour survivre et se relever malgré leur situation. 

 

 

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