[Critique] Solo : A Star Wars Story, les vauriens de la galaxie

Six mois après la sortie de Star Wars : Les Derniers Jedi, nous retrouvons déjà la galaxie lointaine, très lointaine pour le deuxième spin-off de la saga, Solo : A Star Wars Story, réalisé par Ron Howard. Se déroulant une dizaine d’années avant Un Nouvel Espoir et se centrant sur la jeunesse du contrebandier au grand cœur qu’est Han Solo, il n’était pas possible de revoir Harrison Ford dans l’un de ses rôles cultes alors pour incarner cette version rajeunie du personnage nous retrouvons Alden Ehrenreich. Le casting est également composé de Donald Glover qui campe Lando Calrissian ainsi que Woody Harrelson, Emilia Clarke, Thandie Newton ou encore Paul Bettany.

Un film sur Han Solo sans Harrison Ford était un pari risqué et le tournage mouvementé ayant mené au renvoi de Phil Lord et Chris Miller, remplacés au pied levé par Ron Howard faisait craindre le pire quant au résultat final. Nos peurs étaient-elles fondées ?

Solo : A Star Wars Story se révèle être un film plaisant à regarder même si l’on peut se questionner sur l’utilité d’un tel spin-off.

Se centrer sur Han une dizaine d’années avant Un Nouvel Espoir laisse peu de place au mystère puisque nous connaissions la plupart des événements clés du film comme sa compréhension du Wookie pour communiquer avec Chewbacca ou sa rencontre avec Lando Calrissian le menant à l’obtention du Faucon Millenium. Les fans de la saga savaient déjà tout cela d’oú l’impression de n’avoir en face de nous qu’un easter egg de près de deux heures.
Le scénario de Solo, écrit par  par Lawrence Kasdan et son fils Jonathan Kasdan, se révèle intéressant dans son approche de l’univers intergalactique initié par George Lucas en ouvrant de nouveaux pans de la galaxie. Un univers étendu commence à se former sans oublier une nouvelle mise en lumière de la vie au sein de l’Empire avec notamment une scène de guerre particulièrement réussie mais malheureusement trop courte. Par contre avec une fin ouverte laissant des éléments à peine introduits sans réponses (L’Aube Écarlate) on se sent un peu sur notre faim.
Le choix de faire du long-métrage un mix entre film de braquage et western est bien vu est cela procure un petit vent frais dans la saga. Dans un monde peuplé de vauriens à qui peut-on faire confiance ? Certains personnages cachent bien leur jeu ce qui est un bon point.

Cela nous permet de passer aux acteur et nous pouvons dire que nous sommes rassurés quant au jeu d’Alden Ehrenreich qui ne se contente pas de singer Harrison Ford, quelques mimiques sont semblables mais ça s’arrête là. Concernant Chewbacca, peu importe l’acteur qui l’incarnera il restera toujours notre Wookie préféré. Quant à Donald Glover, il campe un Lando charismatique mais un peu en surjeu par moments. Concernant les nouveaux personnages, parmi le clan que rejoint Han, Thandie Newton s’en sort très bien et nous annonçait quelqu’un de redoutable mais elle est très peu présente à l’écran ce qui est dommage. Woody Harrelson fait du Woody Harrelson et comme d’habitude il n’y a rien à redire il fait le job. Ce qui n’est pas le cas d’Emilia Clarke qui ne réussit pas totalement à retranscrire à l’écran les états-d’âme de Qi’Ra. Phoebe Waller-Bridge et Jon Favreau ont peu à faire dans les rôles du droïde L3-37et de Rio, prenant vie grâce à la motion-capture. Enfin Paul Bettany se plaît dans son rôle de parrain de la pègre même si le personnage aurait lui aussi pu être un peu plus développé. Soulignons également l’ambiguïté d’Erin Kellyman qui incarne Enfys Nest.

Avec le changement de réalisateur en plein milieu du tournage et le fait qu’il y ait eu un bon nombre de reshoots, le problème d’un film hybride, ne sachant pas quel ton privilégié était à craindre mais même si les premières minutes laissent transparaître la patte de Miller et Lord, Ron Howard a réussi à adapter sa vision. Par contre niveau réalisation, si l’on retient la séquence du braquage du train de marchandise sur la planète Vandor ainsi que celle du raid de Kessel, pour le reste tout est basique, pas de plans réellement iconiques mais vu la position de Ron Howard sur ce film soyons indulgents.

Pour terminer, évoquons la bande originale de John Powell qui est à des années lumières du travail de John Williams, qui est également présent, puisque des thèmes originaux de la trilogie originale sont utilisés durant le long-métrage et ce dernier a signé un nouveau morceau, The Adventures Of Han. Mais s’il y a bien une composition de Powell qui se démarque dans Solo, c’est bien Marauders Arrive, le thème d’un des ennemis du film, Enfys Nest, qui marque le grand retour des chœurs au sein d’une musique de Star Wars.

Solo : A Star Wars Story est un spin-off qui se laisse regarder mais qui est très limité quant à son statut de préquel à la trilogie originale. Tout savoir sur la jeunesse de Han Solo n’est pas réellement nécessaire mais le genre du film qui se veut un heist movie intergalactique et qui semble être la création d’un univers étendu assure le spectacle.

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