Depuis son lancement il y a de cela cinq ans sur le sol français, Disney + a su se faire une place sur l’échiquier du streaming. Désormais bien intégrée dans l’hexagone, la plateforme s’est lancée dans la production de créations locales. Une tendance initiée en 2022 avec Week-end Family, qui aura su prendre de l’ampleur avec des séries telles que Parallèles, Oussekine, Tout va bien, Becoming Karl Lagerfeld et plus récemment Ghosts : Fantômes en héritage. Passé ce remake de la sitcom Ghosts, portée par Camille Chamoux, Hafid Benamar et une galerie de guests, l’heure de découvrir le prochain projet made in France de la firme aux grandes oreilles approche.
Supervisée par Gaëlle Bellan (qui a officié sur Le Bureau des Légendes ou encore Surface) cette nouvelle série made in France intitulée Les Disparues de la Gare, est inspirée d’une fait divers ayant défrayé la chronique au milieu des années 90. Les meurtres de la gare de Perpignan. De 1995 à 2001, trois jeunes femmes auront été sordidement assassinées, dans un périmètre restreint, créant ainsi la psychose – d’autant plus sachant que l’auteur de ces crimes était toujours dans la nature. De quoi initier une enquête hors norme qui se sera étendue sur plus de vingt ans, celle-ci ayant été jalonnée d’obstacles, de fausses pistes, de rebondissements et de révélations tardives. L’arrivée de l’ADN, la redécouverte d’archives oubliées, l’apparition de nouveaux témoins et des obstacles administratifs inattendus auront profondément marqué le cours de l’investigation, ce qui va être mis en lumière ici.
Et, au-delà du polar, la série affirme veut se concentrer sur celles et ceux qui cherchent, espèrent et refusent de tourner la page., à l’image de son héroïne, Flore Robin, une flic brillante et solitaire, incarnée par Camille Razat, devant affronter un système encore dominé par les hommes. À ses côtés, se croisent Mélanie Doutey, qui joue une mère en quête de vérité, Patrick Timsit, dans un rôle à contre-emploi et Hugo Becker, qui prête ses traits à un personnage trouble. Composée de six épisodes, Les Disparues de la Gare évoque donc une affaire sensible et devrait attirer l’attention lors de sa diffusion, prévue le 8 octobre sur Disney +.

Voici les mots de Gaëlle Bellan quant au show qu’elle a écrit de A à Z : « J’avais 19 ans en 1999 et je ressemblais au profil des disparues de la gare de Perpignan. Sans savoir que ces crimes avaient lieu, j’ai dormi devant cette même gare après avoir raté une correspondance de train.
J’ai réalisé des années plus tard que j’aurais pu être l’une de ces victimes, et que Tatiana Andujar, la première disparue, avait fréquenté le même lycée parisien que moi. Elle était même amie avec la sœur d’une de mes meilleures amies.
Cette proximité troublante m’a bouleversée. J’ai rencontré la famille Andujar et me suis inspirée de leur force, de leur résilience et de leur générosité à partager leur histoire.
« Les Disparues de la gare » évoque la violence systémique faite aux femmes dans toutes ses expressions : de la violence bestiale à celle, plus sournoise, qui s’immisce dans les relations de travail, amoureuses, les échanges du quotidien. Cette violence qui semble moins « grave » est pourtant le terreau de son expression la plus violente.
À travers Flore, une jeune lieutenante qui résout partiellement cette affaire vingt ans plus tard, j’ai voulu questionner nos réflexes face à la violence faite aux femmes. Quand un collègue lui dit que la victime se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment, Flore lui rétorque que c’est plutôt l’agresseur qui n’avait rien à faire là.
Cette série, c’est ma façon de dire que la peur que nous portons toutes n’est pas normale. C’est aux hommes d’arrêter de tuer, pas aux femmes d’arrêter de vivre »