Quelques mois seulement après la diffusion du préquel sous-titré Original Sin, la franchise Dexter se rappelle au souvenir des fans de la première heure avec sa troisième itération – synonyme de retrouvailles avec le serial killer le plus célèbre de la télévision américaine. Pouvant compter sur la présence en chair et en os de Michael C. Hall mais également de Jack Alcott, David Zayas, James Remar, Kadia Saraf, Ntare Guma Mbaho Mwine ou encore Uma Thurman et Peter Dinklage, ce nouveau chapitre reprend là où New Blood s’était arrêté avec notre anti-héros à l’article de la mort…
Sous le giron de Paramount Global, Showtime cherche à se reposer sur ses succès passés pour fournir sa grille des programmes, avec Dexter comme l’un de ses porte-étendards. Un résurgence amorcée en 2021 avec un premier revival, censé rectifier le tir passée une conclusion qui aura énervé une bonne partie des fans. Si ces derniers ont dans l’ensemble apprécié cette parenthèse enneigée qu’était New Blood, en particulier grâce au retour de Clyde Philipps (showrunner historique du show, parti au terme de la quatrième saison), la seconde porte de sortie offerte ayant une fois de plus diviser le public. Sauf que dans ce cas précis, surprise, cette fin n’était que le début d’une ère nouvelle, Dexter Morgan n’ayant – toujours – pas dit son dernier mot.
Ainsi, maintenant que les bases de cette renaissance ont été posés, Clyde Phillips semble allégé d’un poids, ayant les coudées franches pour amener son adaptation des romans de Jeff Lindsey vers d’autres horizons. Après l’explication à cœur ouvert avec son fils Harrison, notre anti-héros se retrouve à la croisée des chemins, la grande faucheuse l’ayant finalement épargné (comme révélé en introduction d’Original Sin en guise d’amuse bouche). Un coup de chance s’ajoutant à l’abandon des charges pesant contre lui – et même la récupération de sa véritable identité, le tout au cours d’un épisode inaugural enchaînant les facilités pour se remettre en selle. Ressuscité dans tous les sens du terme, ce cher Dexter retrouve sa place dans la chaîne alimentaire, n’ayant plus à se terrer au fin fond de l’Etat de New York…mais partant désormais à la conquête de la Grosse Pomme.
Un énième changement de terrain de jeu se révélant judicieux au fur et à mesure que cette saison avance (cinq épisodes ont été visionnés à ce stade, alors que la diffusion sur Canal + débute), aidant à élargir comme il se doit la mythologie du show – et à instiller une atmosphère fiévreuse alors que ce cher Dex part à la rescousse de son rejeton, toujours traumatisé par son Passager Noir et se retrouve dans une jungle urbaine où les psychopathes court littéralement les rues. Car même s’il est un tueur à sang froid, notre tueur reste un père, une notion prenant tout son sens dans Ressurection, amenant cette relation filiale cruciale vers un terrain moins glissant que durant New Blood.
Dans cet océan de noirceur, une infime note de tendresse subsiste, d’autant plus que la place de Harrison dans cet échiquier new yorkais l’entraîne à grandir en tant que personne. Ajoutons à cela les deux véritables surprises de ce retour aux affaires, la première étant présence d’Angel Batista dans la partie, notre détective ayant son ami qu’il croyait disparu dans le viseur tandis que ses doutes grandissent sur sa véritable nature et la seconde se révélant être l’introduction d’un groupuscule de serial-killers, rassemblés par un obscur milliardaire fasciné par les faits-divers. Un fil rouge redonnant un coup de fouet à Dexter, avec des épisodes quatre et cinq dignes des belles heures de la série, cette galerie de tueurs aidant notre tueur de tueurs à retrouver son mojo. D’autant plus lorsque cela permet d’aligner les guests de choix, tels que Uma Thurman, Peter Dinklage, Neil Patrick Harris, Krysten Ritter, Eric Stonestreet ou encore David Dastmalchian.
Pris entre deux feux, devant se la jouer fine pour abattre ses adversaires tout en essayant au mieux d’apporter de l’aide à son enfant, le Bay Harbor Butcher est sollicité de tous les côtés, Clyde Phillips et ses équipes ne manquant pas d’idées pour que l’étau se resserre autour de lui (une habitude dans le monde de Dexter). Une volonté de réel renouveau qui se fait ressentir à la mi-saison, semant les pièces d’un puzzle ne pouvant qu’amener à un escalade de violence, de trahison, de morts une fois complètement assemblé. La tension est à nouveau palpable pour nos personnages, le casting est investi, à commencer par Michael C. Hall, que demander de plus pour le moment ? Une conclusion (ou fin de saison, le succès aidant il y a fort à parier que l’aventure ne s’arrêtera pas là) satisfaisante pour ce chapitre dense qu’est Ressurection. Nous reviendrons en détails sur ce dernier acte une fois la diffusion achevée.
