Cet avant-dernier week-end du mois de mai était particulier aux Etats-Unis, durant exceptionnellement jusqu’au lundi avec le Memorial Day, jour férié destiné à rendre hommage aux forces armées américaines mortes au combat. Une fenêtre stratégique pour les studios, amorçant réellement la saison estivale, bien entendu riche en blockbusters. Ainsi, du 23 au 26 mai, le public américain pouvait découvrir dans les salles obscures Lilo & Stitch de Dean Fleischer Camp, Mission : Impossible – The Final Reckoning de Christopher McQuarrie, The Last Rodeo de Jon Avnet ou encore Jane Austen a gâché ma vie de Laura Piani. Sur ces quatre nouveautés, deux ont logiquement su s’imposer sur les cimes du classement. Analysons les chiffres.

Si ces dernières années, la saison des blockbusters estivaux débutait mollement (Indiana Jones et le Cadran de la Destinée ainsi que Furiosa en sont témoins), aujourd’hui la tendance s’inverse pour mieux provoquer l’étincelle faisant exploser le box office américain, comme le prouve l’arrivée tonitruante de Lilo & Stitch sur la plus haute marche du podium.
Pour son week-end inaugural, l’adaptation live du classique Disney mis en scène par Dean Fleischer Camp a su casser la baraque en récoltant la coquette somme de 183M$ en l’espace de quatre jours (145,5M$ de vendredi à dimanche). Ce qui permet au studio aux grandes oreilles de se remettre du récent échec de Blanche Neige, qui a terminé sa carrière avec seulement 87,2M$ en poche au mois de mars. Nous nous situons ici dans la fourchette haute des productions en chair et en CGI de chez Mickey, ce dernier cru en date faisant quasiment jeu égal avec La Belle et La Bête, qui amassait 188,2M$ après le même temps de présence en salles.
Sur-performant également à l’international, Lilo & Stitch surfe sur la vague du succès, ses recettes virevoltant déjà à 341,7M$ et ce pour un budget estimé à 100M$. Dire qu’à l’origine cette version devait débarquer directement sur Disney +, heureusement qu’un changement de direction a été opéré car les billets n’ont pas fini de pleuvoir.

Face au raz-de-marée Lilo & Stitch, il fallait s’appeler Tom Cruise pour tenir le choc et ne pas se laisser couler, notre casse-cou réussissant à créer lui aussi l’événement avec la sortie de Mission : Impossible – The Final Reckoning, qui fait des merveilles sur la deuxième place du classement.
Pour son envol, le huitième et potentiellement ultime (?) volet de la franchise s’en sort avec les honneurs, le film chapeauté par Christopher McQuarrie parvenant à engranger 77M$ en l’espace de quatre jours – dont 63M$ de vendredi à dimanche. Ce qui constitue un record pour le cinéaste ainsi que pour la marque, ce chant du cygne ayant surpassé le démarrage de Mission : Impossible – Fallout (61,2M$), précédent tenant du titre.
L’engouement pour The Final Reckoning paraît se confirmer à l’échelle mondiale, cet épisode ayant atteint les 204M$ de recettes pour son lancement, ce qui est prometteur. Par contre, ayant coûté très cher à produire à cause de ses multiples retards suite à la pandémie puis la grève des acteurs/scénaristes – on parle de 400M$ – ce Mission : Impossible aura du mal à rentrer dans ses frais, comme pour le précédent opus, Dead Reckoning.

Avec une concurrence gonflée à bloc, difficile de rivaliser, ce que constate amèrement Destination Finale Bloodlines, qui tombe inéluctablement de son piédestal pour retomber avec pertes et fracas sur la troisième marche du podium.
Après avoir effectué un retour mortel sur le devant de la scène, le sixième opus de la saga horrifique de New Line Cinema (filiale de Warner Bros.) voit sa fréquentation fléchir de 61,9% en ce deuxième week-end, ce qui se traduit par l’ajout de 19,6M$ en trois jours – auquel on ajoute les 4,8M$ en ce Memorial Day. Ce qui porte son total à 94,6M$ en dix jours d’exploitation, ce qui en fait le chapitre le plus puissant de la marque, les 66,4M$ de Destination Finale 4 étant battus à plates coutures.
Provoquant de beaux dégâts à l’international, Destination Finale Bloodlines suit un parcours d’excellence en salles, ses recettes culminant à ce stade à 187,1M$ et ce pour un budget estimé à 50M$. Les profits sont donc de la partie.