Sortie galvanisée de l’expérience Lastman, l’équipe aux manettes de la première saison de la série s’est réunie pour un projet commun, synonyme d’exploration de la science-fiction. Un genre restant encore assez marginal dans l’univers de l’animation made in France, surtout au cinéma. Ensemble, le réalisateur Jérémie Périn, son coscénariste Laurent Sarfati et les équipes d’animation du studio Je Suis Bien Content ont joint leurs forces pour proposer au public une virée en clair-obscur dans un futur faussement utopique – où derrière les avancées technologies se cachent une sombre réalité.
En résulte Mars Express, production estampillée Everybody On Deck qui se veut une enquête sous influence alors que l’on suit un tandem de détectives devant démêler le vrai du faux quant à la disparition d’une étudiante en cybernétique au cœur de la cité de Noctis située sur la planète rouge. Une affaire pour le moins compliquée pour Aline Ruby et son partenaire androïde Carlos Rivera, qui vont se retrouver au beau milieu d’un sac de nœuds politico-sociétal, où la corruption est de mise avec notamment la mainmise de corporations peu scrupuleuses sur des institutions autrefois vénérables. Si elle est désormais aux mains du public, ayant finalement débarqué dans les salles obscures, sachez que cette incursion dans le domaine de la science-fiction ne s’arrête pas là.
En effet, outre le long-métrage, l’univers imaginé par Jérémie Périn s’étoffe en parallèle dans le domaine littéraire avec un roman faisant office de préquel. Publiée le 8 novembre aux éditions Bragelonne, cette extension intitulée Mars Express – TEM se concentre sur notre inséparable duo de détectives, Aline Ruby et Carlos Rivera, amis depuis leurs années de formation à l’école militaire.
Ecrit par Cédric Degottex, à l’œuvre notamment sur A Plague Tale: Tenebris, sous la supervision de Laurent Sarfati, ce récit nous entraîne cinq ans dans le passé et propose un voyage inverse au film puisque nos héros prennent le chemin de notre bonne vieille planète bleue, pour une mission à haut risque. De la surface de Noctis Labyrinthus aux bas-fonds terrestres, il n’y a qu’un pas. Ce que vont constater Aline et son accolyte tandis qu’ils sont assignés à une enquête pour le moins sensible, devant retrouver en un temps record un mystérieux agent porté disparu depuis près d’une quinzaine d’années. De cette recherche dépend la vie d’une personne. Si nos as de la déduction et de la gâchette échouent, l’esprit et le génie artistique de la jeune Tem Edo-Jendal – fille unique d’une famille richissime de Mars et artiste surmédiatisée – succomberont à la nuée de nanomachines médicales conçue pour affronter la maladie génétique l’affligeant depuis sa naissance.
Un enjeu crucial, amenant à une pression monstre pour Carlos et sa partenaire, que ce soit de la part d’un multimilliardaire marginal, d’une cyborg éminemment puissante ou encore d’une scientifique aussi influente qu’ambiguë. De quoi nourrir un préquel des plus chargés narrativement parlant, permettant d’étendre comme il se doit le lore dans lequel naviguent Aline et Carlos – qui gagnent ainsi en épaisseur. Soit un bonus sympathique à Mars Express, démontrant que la mythologie très influencée conçue par Jérémie Périn et Laurent Sarfati (l’ombre de Philip K. Dick plane au-dessus de celle-ci) est des plus vastes, le potentiel étant là pour en poursuivre son exploration.
