Après avoir été présentée en avant-première lors du festival Séries Mania, Para//èles – la nouvelle création française de Disney + – vient de débarquer sur la plateforme de streaming (critique à lire ici). Chapeautée par Quoc Dang Tran (Nox, Marianne) et comprenant Thomas Chomel, Omar Mebrouk, Jules Houplain, Jade Petri, Timoté Rigault, Victoria Eber, Maxime Bergeron, Naidra Hayadi, Guillaume Labbé, Elise Diamant, Gil Alma ou encore Dimitri Storoge au casting, celle-ci se centre sur quatre amis – Bilal, Romane, Samuel et Victor – voyant leurs vies bouleversées par un mystérieux événement.

À l’occasion de sa sortie sur Disney +, SeriesDeFilms s’est entretenu avec le showrunner de la série, qui a gentiment accepté l’invitation, revenant ainsi sur la conception du projet ainsi que son développement.

SeriesDeFilms : Après avoir pris part dernièrement à Marianne, qui revisitait le mythe de la sorcière, vous voilà de retour avec Parallèles, série fantastique dont vous êtes le créateur. Quel à été le point de départ de votre réflexion quand vous vous êtes attelé à ce projet ?

Quoc Dang Tran : L’idée de Para//èles a commencé à germer il y a environ dix ans, lorsque j’ai emménagé dans un petit village au pied du Jura, situé à la frontière franco-suisse, où la population était étrangement cosmopolite. J’ai ensuite appris que beaucoup d’entre eux étaient ingénieurs doctorants en physique des particules, menant des recherches pour le CERN (Centre Européen de la Recherche Nucléaire) et que sous nos pieds se trouvait le plus grand accélérateur de particules au monde, un gigantesque anneau de métal appelé le LHC. Son objectif est de recréer les conditions du Big Bang, dans le but de comprendre les origines de l’univers. Il y avait là une incroyable matière à fiction avec toutes les théories qu’une telle construction peut engendrer mais ce n’est que quelques années plus tard que j’ai décidé de revenir sur cette idée.

En passant ainsi de l’horreur à la science-fiction, vous tracer petit à petit votre sillon dans la série de genre – qui prend notamment une place de plus en plus grande dans le paysage audiovisuel français. Quel est le moteur de cet engouement selon vous ? Personnellement, qu’est ce qui vous a motivé à tenter l’aventure avec Parallèles ?

Je ne dirais pas que la série de genre prenne une place de plus importante, cela reste encore très marginal en France. Nous sommes plusieurs à tenter l’aventure mais cela n’est pas facile. Comme si les productions américaines avaient dans un sens un certain monopole sur des domaines tels que l’action, l’horreur, la S-F, la fantasy que l’on pouvait se dire qu’en terme de fiction il y avait des territoires à ne pas approcher en France et ceux-ci ont quelque peu été abandonnés.

En tant que geek ayant été biberonné par Spielberg, Tolkien, Lucas, Zemeckis, il est peu de dire que leurs univers ont alimenté mon imaginaire. J’adore ces histoires sortant un peu du réel et j’avais envie d’apporter ma pierre à l’édifice. Le fantastique aide à la métaphore quant à des thématiques universelles et cela s’accordait parfaitement avec le sujet de l’adolescence que je cherchais à développer. 

Si vous êtes le showrunner de la série, l’écriture s’est faite conjointement avec la scénariste Anastasia Heinzl. Comment s’est déroulé cette collaboration et de quelle manière avez-vous articulé votre travail commun en termes d’architecture ?

J’ai commencé à travailler seul, écrivant le pilote tout en esquissant les grandes lignes directrices. Après avoir posé les bases j’ai proposé à la scénariste Anastasia Heinzl de me rejoindre, j’avais besoin de quelqu’un pour donner de la chair au récit. Ce qui a donné lieu à une partie de ping-pong créatif. Ensemble nous avons construit les différentes arches de la série puis l’on s’est partagé le scénario des épisodes restants et je jetais un œil à tout cela, en tant que responsable de l’écriture. Cela a été une belle collaboration, Anastasia ayant beaucoup de talent.

En vous frottant à la science-fiction et aux univers parallèles, le champ des possibles était des plus larges, y a t-il eu des discussions sur d’éventuelles limites ou au contraire des frontières à dépasser en terme de narration ? Vu le sujet, on se doute que vous avez probablement un plan de plusieurs saisons derrière la tête et que vous en gardez dans votre manche.

Honnêtement au départ je ne me suis pas posé la question car j’avais envie avant tout de raconter une histoire sur l’adolescence qui tient sur elle-même. Cela peut très bien s’arrêter là ou continuer, la porte est ouverte pour une deuxième saison, si jamais le public répond présent et plus important encore si l’on trouve la bonne idée pour que cela s’enclenche naturellement.

Nous ne ferons pas de deuxième saison uniquement pour faire une deuxième saison, il faut de la matière pour que cela tienne la route.

Que ce soit au niveau de l’écriture ou de la réalisation, il y a de l’ambition ce qui a été une bonne surprise. Il semble que vous ayez eu les moyens de laisser libre cours à votre imagination. Comment s’est déroulé le travail avec Empreinte Digitale et Disney + ?

Lorsque Disney + est venue se greffer à Para//èles, le projet en était déjà à un stade bien avancé et le développement s’est déroulé naturellement, le mot d’ordre étant de mettre l’histoire au service des personnages. Avec Empreinte Digitale, nous partageons la même vision du divertissement et nous avons travailler de concert pour que la mise en scène tire parti de son ancrage, traitant de problèmes adolescents par le prisme de la S-F sans se reposer exclusivement sur les effets-spéciaux. Les personnages sont la clé de voûte de la série et dans ce sens, il faut que la dimension humaine prime. Ce qu’on retranscrit à l’écran (les réalisateurs) Benjamin Rocher et Jean-Baptiste Saurel d’Empreinte Digitale, le fantastique servant le réel et donnant de la consistance aux mésaventures de Romane, Bilal, Sam et Victor.

Maintenant que Parallèles vole de ses propres ailes, y a t-il d’autres concept S-F ou autre que vous aimeriez explorer en détails ?

Effectivement il y en a, je planche actuellement sur un projet précis pour Warner et Bad Robot mais pour le moment je ne peux en dire davantage (rires).

Propos recueillis par Romain Derveaux

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