Alors que nous venons de tourner la page d’une année qui n’aura pas été de tout repos, une fois de plus marquée par le spectre d’une pandémie – qui se plaît à jouer les troubles fêtes – revenons sur les bouleversements qui ont perturbé l’industrie. En 2021, aller voir un long-métrage aura de nouveau été compliqué : après une seconde fermeture des salles, qui aura duré jusqu’en Mai, les exploitants ont dû faire face à des impératifs tels que le couvre-feu, l’instauration de jauges sans oublier l’instauration du Pass Sanitaire. De nombreuses perturbations qui auront freiné l’économie et la fréquentation, qui ont mis du temps avant de reprendre des couleurs.

Malgré un contexte qui n’a pas été toujours rose, les cinéphiles que nous sommes sont tout de même revenus petit à petit squatter les salles et nous n’avons pas hésité non plus à jeter un œil sur les films proposés par les différentes plateformes de streaming – de quoi étancher notre soif de septième art. Ainsi, comme de coutume, SeriesDeFilms vous donne carte blanche pour venir parler de vos coups de cœur et de vos déceptions sur le site. Fin d’année oblige, ce numéro de Décembre fait office de bilan, l’occasion pour vous chers lecteurs de nous faire part de vos tops et flops de 2021.

Quels longs-métrages visionnés cette année font partie de vos coups de cœur et au contraire quels sont ceux qui ont été pour vous des déceptions ? Découvrons un petit florilège de vos avis !

Alors que généralement, un nombre limité de productions se retrouvent cités dans les classements, certaines œuvres trouvant directement une place dans le cœur du public et de la critique, cette année force est de constater qu’il n’y a pas de réel consensus, ce qui se retrouve dans vos avis notamment, où peu de films ont su sortir du lot – que soit dans les tops et dans les flops.

Débutons ce numéro spécial avec les mots de la blogueuse SacriLedge, fidèle de la rubrique, qui revient un instant sur le mois de Décembre avant de nous faire part de son podium de 2021.

Je touche déjà un petit mot au sujet de décembre 🙂
Le mois de décembre était un très bon mois et j’ai eu du mal à trancher. Encanto, Tous en Scène 2, Spider-Man, le Calendrier … Et je n’ai pas encore tout vu ! J’ai finalement choisi Les Choses Humaines.Yvan Attal aux manettes, mettant en scène pour la seconde fois son fils et son femme en même temps, on sentait que c’était puissant. Les Choses Humaines c’est la tragédie humaine, une accusation de viol pour laquelle on ne peut pas savoir qui ment. Ou plutôt on ne peut pas connaître la part de consentement, de « faire plaisir », juste de se sentir dépassé par les événements, de la part des deux parties, pour juger. Et même si le procès en lui-même se doit d’être manichéen, le film ne l’est pas. C’est ce qui en fait sa force. Il est également appréciable de voir comment il a réussi à tourner les éléments avec objectivité, alors même qu’il est de plus en plus compliqué d’aborder le sujet sans partie pris.

Et si je devais choisir un top 3 sur l’année :

  1. Dune
    J’avais lu les livres, vu l’ancien film et étais prête à découvrir ce remake qui colle parfaitement à l’ambiance voulue par l’auteur. On ne s’ennuie pas une seule seconde (bien que le film soit long je n’ai pas vu le temps passer) mais on a tout de même le temps d’apprécier et de respirer ce désert brûlant. Je ne suis pas fan de Chalamet d’habitude mais il sied très bien au rôle de Paul. Le film a su s’arrêter avant la fin du premier livre et j’espère qu’on pourra assister aux suites au cinéma.
  2. House of Gucci
    Avec un casting bien réfléchi (même si Jared Leto semble encore coincé dans la peau du Joker vu le personnage qu’il joue), ce film était vraiment appréciable. Ridley parvient presque à me faire oublier que j’attends la fin de la trilogie entamée avec Prometheus. Presque. Ayant beaucoup de respect pour la personne qu’est Lady Gaga c’est avec joie que je l’ai retrouvée sur grand écran, avec un sens des couleurs et du design du film (décors et costumes compris) qui mettent en valeur toute l’histoire, bien qu’abracadabrantesque de la famille. Même si le film reste long (2h40) on ne s’ennuie pas vraiment.
  3. Old
    Signes étant mes préférés et je ne me lasse pas de les revoir). Le film est réalisé à la perfection, avec des plans somptueux et une intrigue qui tient la route et maintient l’intérêt pendant toute la durée du long-métrage. Je regrette toutefois la bande-annonce qui en dévoile bien trop et fait tomber à plat des scènes comme des dialogues. Si vous pouvez éviter de voir la BA avant, vous n’en apprécierez que mieux le film.

Souhaitant se consacrer uniquement sur le positif, Elise, qui prend pour la première fois part à la rubrique, nous a confié son Top 5 de l’année, partageant avec nous les éléments qui lui ont fait dire que ce qu’elle voyait à l’écran était incroyable.

Bonjour à tous, quelle année n’est-ce pas ? Espérons que 2022 rime avec espoir, car nous en avons bien besoin. En tout cas, niveau émotions nous avons été servi, que ce soit dans la vraie vie ou au cinéma. Un échappatoire qui personnellement m’a fait le plus grand bien, me sentant à l’abri du monde extérieur dans cette bulle que représente la salle de cinéma. Voici donc la liste des longs-métrages qui m’ont ému, fait rire, bref qui m’ont chamboulé lors de leur découverte.

  • Quand Florian Zeller adapte lui-même sa propre pièce de théâtre, il le fait avec brio. Récompensé de deux Oscars, The Father est un drame synonyme de chemin de croix, le dramaturge nous déstabilisant en brouillant la réalité. Alzheimer paraît plus nocif que jamais lorsque l’on en voit les conséquences sur le personnage principal, interprété par un Anthony Hopkins impérial – dont la performance a été salué. Au travers son regard et celui de ses proches (Olivia Colman est également excellente), le réalisateur personnifie cette dégénérescence progressive. Huis-clos prenant des airs de thriller, ce premier long-métrage est synonyme de crève-cœur dans le sens où nous nous sentons impuissants face à l’inéluctable. Pour ses premiers pas dans le monde du septième art, Florian Zeller vise juste et livre une œuvre forte et déboussolante.
  • Autre réalisateur à frapper un grand coup pour son premier film, Saeed Roustayi, qui nous plonge dans les arcanes des mondes de la drogue et de la justice avec La Loi De Téhéran. Des traficants aux consommateurs, nous est exposé un sombre récit où la misère règne de toute part, un constat qui se retrouve dans le combat d’un flic de la brigade des stups. Brillamment mis en scène, cette virée en eaux troubles menée tambour battant se veut sulfureuse et y parvient aisément. Choc et réaliste, ce long-métrage nous captive du début jusqu’à la fin, dépeignant les ravages de la consommation de crac et autres substances ainsi que la quasi-impossibilité d’éradiquer un système des plus opaques. Saisissant.
  • Pour son retour derrière la caméra, Kelly Reichardt nous livre une petit merveille, son incursion dans l’univers du western donnant lieu à une fable intimiste sur le rêve américain. Ou comment nous cueillir en évoquant des choses simples, la principale étant l’amitié. Nous nous laissons porter par la douce mélodie concoctée par la réalisatrice, qui nous convie à un des plus beaux films de l’année en adaptant le roman The Half Life de The Half Life. Porté par le tandem par John Magaro et Orion Lee, ce conte explorant la conquête de l’Ouest par le biais d’une success story délicieuse est un ravissement pour les yeux ainsi qu’une parenthèse enchantée. Et n’oublions pas l’ingrédient secret de cette recette, qui en fait sa réussite, la fameuse vache par laquelle nos camarades Cookie et King-Lu.
  • Délaissant le temps d’un film la Thaïlande pour la Colombie, Apichatpong Weerasethakul étonne et détonne avec Memoria, qui se veut une véritable expérience cinématographique sur le néant. Aux cotés de Tilda Swinton et Jeanne Balibar, le réalisateur nous convie à une odyssée mémorielle et sensorielle du plus bel effet. Quand un bruit sourd vient perturber le quotidien de Jessica (Swinton), s’engage une aventure onirique et fantastique qui ne laissera personne indifférent – que ce soit en bien ou en mal. A travers les sens, la richesse du monde humain se dévoile sous un jour nouveau, grâce à la mise en scène maitrisée de Weerasethakul, en grande forme.
  • Terminons avec l’un des poids lourd d’Hollywood, Steven Spielberg qui montre qu’à soixante-dix printemps, il est encore le patron. Sa version de West Side Story témoigne de sa virtuosité, son sens aigu de la mise en scène venant faire grimper les enjeux de la comédie musicale de Leonard Bernstein, Stephen Sondheim et Arthur Laurents. Jonglant avec des thématiques toujours actuelles, comme l’immigration, le sens de l’appartenance, le racisme, Spielberg allie romance et tragédie pour un numéro d’artiste de haut vol. Chorégraphie soignée, caméra virevoltante, scénario qui parvient à se démarquer de temps à autres du film de Jerome Robbins et Robert Wise, tous les éléments de ce grand spectacle s’empilent avec justesse pour un grande œuvre – injustement passée inaperçue en salles.

Passons désormais aux déceptions, un registre dans lequel Adrien a beaucoup de choses à dire si l’on se base sur son avis tranché sur quelques films sortis cette année.

Pour ma part, malgré quelques œuvres qui sont sorties du lot dernièrement (je pense à L’Evènement, Le Dernier Duel) je dois dire que très peu de films m’ont emballé cette année – à mon grand regret. Je vais donc revenir sur mon Flop de 2021, avec ce qui pour moi a été le pire de ce que j’ai vu en salles.

  • OSS 117 : Alerte Rouge En Afrique Noire. Grand amateur des deux précédents volets de Michel Hazavanicius, j’attendais avec une certaine appréhension ce troisième épisode, chapeauté par Nicolas Bedos. La peur que l’absurde et le second degré laisse place à un satire au premier degré sur une époque où on ne peut plus rien dire – un point que le réalisateur à déjà publiquement dénoncé, sur les réseaux sociaux entre autres. Et ça n’a pas manqué, tout ce qui faisait le charme de ce cher Hubert Bonnisseur de la Bath a été gommé au profit du mauvais goût, Bedos se lançant dans une aventure cynique où la majorité des blagues tombent à plat. On ne rit plus des frasques d’OSS 117, on rit – péniblement – avec lui, ce qui n’était pas le cas auparavant. Notre agent d’un autre temps perd de sa superbe gaucherie et l’ajout d’une jeune recrue n’aide pas à instaurer un souffle nouveau, malgré l’alchimie de Jean Dujardin et Pierre Niney. Une mission qui tombe à l’eau avec fracas.
  • Spider-Man : No Way Home. Je l’avoue, je ne suis pas un grand fan du Spider-Man campé par Tom Holland, son intégration au MCU ayant fait du personnage un Iron Boy pouvant changer à foison de costume pour mieux vendre de figurines. Outre ses escapades chez les Avengers, qui ont leurs bon moments, la saga dite ‘Home’ m’a particulièrement tapé sur les nerfs avec cet humour bas de gamme – qui avait gâché tout le potentiel de Far From Home. Ici, avec la conclusion de la trilogie de Jon Watts, nous assistons à une forme d’aveu. Oui la trajectoire de ce Spider-Man est décevante et le tir doit être corrigé. En effet, comment interpréter comment ce retour sur le devant de la scène de ces icones du passé – qui ne font que rappeler que c’était mieux avant. Je dois avouer que ce volet et moins pire que le précédent, Willem Dafoe et d’autres acteurs issus des ‘anciennes générations’ ayant eu un effet non négligeable sur ce minime regain d’intérêt. Mais alors qu’est ce que tout est mal fichu dans ce film entre un scénario brouillon qui pédale dans la semoule durant une bonne heure et une mise en scène inexistante, de gros points noirs qui viennent gâcher le spectacle offert par les deux derniers actes (qui là aussi doivent composer avec un humour qui pénalise tout le monde). Maintenant que les compteurs sont remis à zéro chez Marvel et Sony, l’espoir d’un recadrage dans le futur laisse poindre de meilleurs lendemains pour Peter Parker.
  • Matrix Resurrections. Quand un studio commande une suite inutile, elle est servie. Si le retour aux affaires de Lana Wachowski était enthousiasmant, cette dernière douche nos espoirs en donnant exactement ce que la Warner voulait. Du vide. La trilogie initiale se suffisait à elle-même et à force d’insister, les producteurs ont mis en pétard la réalisatrice, qui démontre la vacuité de leur démarche en sacrifiant sa création. Oubliez ce qui faisait le charme de Matrix, Ressurections détruit tout sur son passage et nous laisse un goût amer en bouche. Si cela amuse l’équipe créative soit, mais le fan que je suis a du mal à digérer ce doigt d’honneur. Heureusement qu’au milieu de ce marasme, restent Keanu Reeves et Carrie-Anne Moss, toujours impeccables. J’espère que je saurais passer au-dessus de ma révolte face à ce film et que je lui trouverai dans l’avenir des qualités mais pour le moment j’ai mal à mon Matrix tout simplement.

Quant à Cécile, du blog Pamolico, autre participante régulière de la rubrique, cette dernière revient avec nous sur le long-métrage qui aura marqué son année de cinéphilie : Julie (en 12 chapitres).

[…] Joachim Trier reprend le thème immémorial du trio amoureux, l’habille d’une réflexion sur le fossé générationnel, l’ancre dans la société norvégienne actuelle et en profite pour filmer avec talent Oslo et sa lumière si particulière. Il revient donc à des sujets plus proches de lui et de sa vie quotidienne après avoir joué avec le fantastique dans ses réalisations précédentes.

Le tragique de l’existence humaine, la « mélancolie » de la protagoniste laissent parfois des rayons d’humour impertinent illuminer le long-métrage et lui offrir un ton plus juste encore. Féministe, Julie (en 12 chapitres) l’est surtout par son portrait résolument moderne d’une trentenaire hésitante mais pleine de vie, aux prises avec son manque de figure paternelle, sa difficulté à s’engager quand la relation devient plus complexe, à faire des choix. Renate Reinsve incarne avec justesse cette héroïne non sans défauts, lui confère épaisseur et insolence : en réalité, elle a contribué à construire ce personnage taillé sur-mesure, à établir la psychologie de Julie. Cela lui a permis de connaître cette jeune femme fictive sur le bout des doigts et l’a sans doute mise sur la voie de la Palme de la meilleure interprétation féminine du festival de Cannes, qu’elle a finalement remportée. […]

Critique complète à lire par ici : https://pamolico.wordpress.com/2021/10/12/julie-en-12-chapitres-joachim-trier/

Enfin terminons avec Clémence, qui voulant refermer ce chapitre 2021 sur une bonne note, nous a parler d’un film d’animation qui propage de bonnes ondes et redonne le sourire (un point que l’on peut confirmer).

Bonne année à toutes et à tous, en espérant que nous puissions voir cette lueur d’espoir qui se fait tant attendre depuis l’apparition de vous-savez-quoi.

Première fois que je tente l’exercice mais je me lance, je vais essayer de faire un mini compte-rendu de mon coup de cœur de l’année, découvert il y a de cela quelques mois.

Grande amatrice de cinéma d’animation, j’ai tout simplement adoré Les Mitchell contre les machines, petite pépite que l’on doit au tandem Phil Lord/Chris Miller, qui assurent niveau production, confiant leur nouveau bébé au duo Michael Rianda/Jeff Rowe. L’association de ces talents résulte en un long-métrage survolté qui file à 100km/h sur la route du divertissement. D’une incroyable créativité, cette comédie, aux allures de film d’action, se repose sur le pastiche des blockbusters catastrophes auquel se greffe une belle histoire sur l’éclatement du cercle familial. Alors que Katie, la fille de la fratrie s’apprête à quitter le nid pour s’épanouir à l’université, une apocalypse 2.0 vient mettre un coup de frein fatal à ses plans d’avenir. En plein road-trip avec ses parents et son frère notre jeune adulte va devoir se reconnecter à ses proches, en particulier son père, pour espérer trouver une solution à ce petit problème d’invasion robotique qui l’empêche de fouler la porte de l’école de cinéma qui lui pied. Drôle, frénétique, sans temps mort et émouvant, Les Mitchell contre les machines vaut le détour et mérite d’être vu. Pour ceux qui ne l’ont pas encore fait, sachez que si Sony Pictures a revendu le film à Netflix, celui-ci sortira au format physique dans très peu de temps !

Merci à vous pour votre participation ! Si d’autres personnes veulent rajouter leurs avis, aucun soucis, envoyez-les moi par mail à l’adresse suivante : seriesdefilms@hotmail.com et vous serez ajoutés à l’article.


Vous pouvez laisser soit votre nom/prénom ou votre pseudo avec votre avis/critique, ainsi les gens pourront vous reconnaître !

3 commentaires »

  1. Oh zut, j’ai oublié de te les envoyer ! Pour moi, les coups de cœur sont indéniablement Julie en 12 chapitres ( https://pamolico.wordpress.com/2021/10/12/julie-en-12-chapitres-joachim-trier/) et, côté séries, It’s a Sin ( https://pamolico.wordpress.com/2021/03/28/its-a-sin-russel-t-davies/) ainsi que When They See Us (https://pamolico.wordpress.com/2020/10/17/when-they-see-us-dans-leur-regard-ava-duvernay/).
    J’en profite pour te souhaiter une bonne année !

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