Quatre ans après Seven Sisters, le réalisateur norvégien Tommy Wirkola fait son retour derrière la caméra avec The Trip (I onde dager en V.O.), qui comprend au casting Noomi Rapace, Aksel Hennie, Atle Antonsen, Christian Rubek, André Eriksen ou encore Stig Frode Henriksen. Disponible en DVD et VOD depuis le 20 Octobre, le long-métrage nous fait suivre un couple au bord de la rupture décidant de s’isoler dans une cabane au bord d’un lac, pour un séjour pour le moins rocambolesque…

Après un passage dans le domaine de la science-fiction, Tommy Wirkola renoue avec ce côté gentiment trash qui a marqué son début de carrière, entre sa parodie de Kill Bill – intitulée Kill Buljo: ze film – et le diptyque Dead Snow, nous livrant avec The Trip un thriller tragi-comique oscillant avec plus ou moins de tact entre humour et noirceur, pour ce qui s’avère être une farce macabre plutôt bien emballée.

Au menu de ce délire venu du froid, un week-end à priori romantique qui se transforme au gré des péripéties en un jeu de massacre violent – où tous les coups sont permis. Accompagné de Nick Ball et John Niven à l’écriture, Tommy Wirkola nous concocte un scénario méchamment salé qui revisite le canevas de La Guerre Des Roses pour nous amener sur le terrain de la comédie noire et acerbe avant de bifurquer vers un tout autre genre, plus sanglant. Ainsi, le long-métrage se concentre sur un couple d’artistes d’apparence uni – lui réalisateur de soap-opéra, elle actrice de seconde zone – s’apprêtant à passer un séjour relaxant dans le chalet familial de monsieur idéalement situé en bord de mer. Sauf que dans ce cadre idyllique et bucolique, nos tourtereaux vont se tirer dans les plumes avant de prendre du plomb dans l’aile, une succession d’événements venant contrecarrer les plans (scabreux) de chacun, avec comme résultat un joyeux bordel où le chaos règne en maître.

Ne perdant pas de temps pour dévoiler son jeu, The Trip s’amuse à prendre le public au dépourvu en multipliant digressions et retournements de situations, afin de réinjecter à intervalle régulier du sang neuf dans son intrigue, ce qui a de quoi instaurer un climat instable et dérangeant qui fonctionne à l’écran. De ce fait, si nous venions au départ pour assister à l’implosion d’un couple qui a laissé la haine prendre le pas sur l’amour, force est de constater que ce règlement de compte n’était que la partie immergée de l’iceberg. Après nous avoir introduit à Lisa, Lars et leur irrépressible envie de fracasser la tête de l’autre dans le mur, ce règlement de comptes jouissif tend à s’intensifier quand ce qui devait être une destruction mutuelle assurée prend un virage serré, riche en hémoglobine. Ainsi, alors que les esprits s’échauffent et que des pensées pour le moins radicales trottent dans la tête de nos amants, ceux-ci vont rapidement se rendre compte que se débarrasser de l’autre ne sera que le cadet de leur soucis.

Empruntant une trajectoire sinueuse, le film se transforme progressivement en thriller et accentue les enjeux en faisant surgir de l’ombre – où plutôt du grenier – une menace d’un tout autre acabit. De la dispute tiraillant notre tandem principal, nos scénaristes vont s’engager sur une tout autre piste en lorgnant du côté du ‘home invasion’, perturbant le schéma préétabli avec plus ou moins de finesse. Théâtre d’une intrusion malveillante, cette cabane paumée en pleine cambrousse norvégienne dans laquelle se noue toute l’intrigue devient un lieu de sévices pour nos ‘amoureux’, l’ambiance devenant soudain électrique. Un changement de ton survenant en milieu de métrage qui fait son effet, même si l’on regrettera quelques traits d’humour grossiers qui, à défaut de réellement détendre l’atmosphère, l’alourdisse. Prenant des allures Tarantinesques, The Trip gagne en tension alors que nos ‘amoureux’ voir leur conflit être mis à l’écart pour mieux s’orienter vers une histoire de survie, avec bourreaux et victimes.

Laissant mijoter une situation qui ne demandait qu’à exploser, Tommy Wirkola et ses comparses lâchent totalement les rênes et s’éclatent à laisser parler la violence avec pertes et fracas, le dernier acte du film venant parachever avec apothéose cette réaction en chaîne destructrice et meurtrière, avec une pointe de cynisme bienvenue. Le plaisir régressif que prend le réalisateur se voit d’ailleurs dans sa mise en scène, qui trouve ton son sens lorsque le sang coule à flots et que l’animosité fait rage. Au milieu de ce champ de bataille, Noomi Rapace et Aksel Hennie forment un tandem détonnant, leur alchimie aidant à croire au couple qu’ils incarnent et à leurs chamailleries pour le moins caustiques – venant apporter une plus-value non négligeable à cet objet filmique loufoque qu’est The Trip.

Revenant à un style débridé, Tommy Wirkola nous convie à une entreprise de destruction mutuelle assurée avec sa nouvelle réalisation, The Trip. Un délire corrosif sans prétention aucune si ce n’est celle de divertir avec un plaisir non dissimulé les amateurs de série B, grâce à un cocktail de violence et d’humour noir, le tout servi par des comédiens investis. De quoi passer un agréablement moment lors d’une soirée entre amis.

© Leonine

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