Première production originale danoise de la plateforme HBO Max, Kamikaze, l’adaptation du roman Muleum d’Erlend Loe à fait ses débuts à Series Mania. Sélectionnée dans le cadre de la Compétition Internationale, l’un des piliers du festival, celle-ci nous faut suivre la descente aux enfers d’une jeune adulte suite à un drame familial…

HBO Max

Pour cette incursion dans le paysage audiovisuel danois, HBO Max se pare d’une mini-série percutante, la scénariste Johanne Algren adaptant avec panache le roman d’Erlend Loe pour en concevoir un drame un brin barré évoquant avec désinvolture les notions de deuil et de la mort.

Conceptualisée par la réalisatrice Annette K. Oelsen puis scriptée par la showrunneuse, cette virée chaotique dans la psychée d’une jeune femme traumatisée par un événement tragique détonne par son propos et son style. Nous conviant à une descente en chute libre ne manquant pas de piquant, l’équipe créative réussi son pari de parler frontalement de la grande faucheuse sous couvert d’humour noir pour un résultat acerbe et acidulé du plus bel effet.

Portée par l’excellente Marie Reuther, qui livre une prestation de haut vol – sans mauvais jeu de mot – Kamikaze évoque les difficultés à remonter à la surface suite à un drame personnel, une épreuve transformant à tout jamais quiconque y étant exposé. Un douloureux constat qui se traduit par l’aspiration de notre protagoniste principale, Julie, dans une spirale infernale alors qu’elle voit son existence s’effondrer sans crier gare. Le cocon doré dans lequel s’épanouit notre influenceuse beauté, profitant de son statut de privilégiée pour mener la grande vie aux côtés de ses proches et ses amis, vole en effet en éclats lorsqu’un funeste SMS lui parvient le jour de son dix-huitième anniversaire.

De cet ultime message faisant guise d’adieu, ses parents et son frère étant sur le point de mourir suite à un accident d’avion au Rwanda, se créé le trou noir dans lequel se laisse aspirer Julie. Oscillant entre passé et présent, Kamikaze s’attarde sur les conséquences de ce crash, avec cette impossibilité de faire son deuil et de reprendre goût à la vie. Perdue sans ses proches, notre héroïne embrasse la noirceur propre à ce sentiment d’anéantissement et s’engage sur un chemin destructeur avec l’ambition de rejoindre ses êtres aimés dans l’au-délà.

Un sujet sombre, qui aurait pu donner lieu à une plongée tête baissée dans le genre dramatique, ce qui n’est pas le cas ici, Johanne Algren optant pour une tonalité tragi-comique qui fonctionne à plein régime. Dans un rythme effréné, que l’on doit à la réalisation limpide de Kaspar Munk, nous suivons la quête désespérée de notre héroïne, prête à quitter ce monde de manière explosive. Caustique et décalée, cette course vers la mort surprend – dans le bon sens du terme – et l’on se laisse aisément embarquer dans ce saut sans parachute.

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