[Séries Mania] Arde Madrid, choc des cultures

Parmi sa large sélection, le festival Séries Mania permet au public de découvrir un panel de séries provenant du monde entier. C’est le cas de Arde Madrid, une comédie dramatique espagnole, créée par Paco León et Anna R. Costa, encore inédite en France, qui nous entraîne au début des années 1960 dans une Espagne sous le régime de Franco où l’arrivée de l’actrice américaine Ava Gardner va inquiéter les services secrets.

Portrait décalé d’une époque révolue, Arde Madrid distille au sein de ces deux épisodes une atmosphère qui ne manque pas de charme.

Basée sur des anecdotes véridiques concernant la vie débridée d’Ava Gardner mais englobée de fiction, la série imaginée, réalisée et jouée par le touche à tout Paco León possède plusieurs atouts, à commencer par son scénario.

Co-écrit par ce dernier, Anna R. Costa et Fernando Perez, Arde Madrid nous offre une plongée dans une Espagne franquiste conservatrice et dépeint cette période avec une certaine poésie et une pointe d’absurdité. La présence de l’icône du septième art dans le pays provoque des sueurs froides au gouvernement et les services secrets cherchent à prouver que celle-ci est une communiste et donc une ennemie. C’est cette paranoïa qui lance véritablement la série. Nous suivons donc une gouvernante rigide, Ana Mari, qui est chargée de surveiller Ava Gardner en se faisant passer pour une employée de maison et se voit associer à Manolo, un magouilleur de première, qui doit se faire passer pour son mari.

Le choc des cultures provoqué par l’extravagance et le style de vie de l’actrice américaine, aux antipodes de la culture d’alors de l’Espagne, personnifiée par Ana Mari, donnent lieu à certaines scènes déjantées et le vent de folie qui souffle au sein de sa demeure est contagieux. Ajoutons à cela les petites combines douteuses de Manolo qui le mettent dans des situations embarrassantes et cocasses et nous obtenons un mélange détonnant.
Derrière un humour particulier sa cache aussi une satire de la société espagnole sous l’ère franquiste où la censure fait rage et le rôle de la femme réduit , ce que la présence d’Ava Gardner contraste, cette dernière étant libre de faire ce qu’elle veut.

Incarnée par Debi Mazar, le personnage vole la vedette à chacune de ses apparitions, mêlant grâce et exubérance même si le duo central interprété par Inma Cuesta et Paco León se défend très bien, les acteurs étant complémentaires entre le côté prude de l’une et le côté voyou de l’autre.

La réalisation de León fait le pari du noir et blanc et cela paraît comme un choix judicieux, rajoutant du cachet à l’aspect rétro de la série, restituant une ère de Dolce Vita madrilène et il y a de l’idée dans sa mise en scène, permettant par moments de renforcer l’aspect humoristique et satirique.

Les deux premiers épisodes de Arde Madrid sont plaisants à suivre, la série se voulant à la fois impertinente, à l’image de l’ouragan Ava Gardner dynamitant les traditions de la société franquiste et drôle de même qu’attachante avec les tribulations de Ana Mari et Manolo, dont nous sommes curieux de découvrir la suite, si elle arrive un jour en France.

ArdeMadrid

© Jorge Fuembuena

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