[Séries Mania] Red Creek, thriller glacial (critique et interview d’Aurélien Molas)

Toute la semaine, le festival Séries Mania a battu son plein à Lille, l’occasion de découvrir des séries en avants-premières françaises et encore mieux d’autres en avants-premières mondiales.

Il y en avait pour tous les goûts et pour tous les formats. Aujourd’hui parlons de la compétition Format Court.

Huit séries ont été proposées au public lillois qui a pu découvrir les premiers épisodes et nous allons évoquer Red Creek, l’une des trois productions françaises avec Doxa et Patricia Moore.

Nouvelle création originale de STUDIO +, qui sera disponible dès le 7 Mai sur la plateforme, Red Creek est une série créée par Aurélien Molas et réalisée par Antoine Besse. Tournée au Canada et composée de dix épisodes, elle met en scène Marlène Bernard, une ex-flic devenue détective, interprétée par Lou De Laâge, qui enquête sur la disparition d’une lycéenne dans la petite ville de Red Creek.

Les premiers épisodes diffusés au festival (et les autres que j’ai eu la chance de visionner) nous dépeignent un thriller teinté d’ésotérisme, qui profite pleinement de son format et sait nous tenir en haleine quant au mystère entourant l’intrigue principale.

Les étendues désertes et gelées du Canada et la réalisation maîtrisée d’Antoine Besse aident à instaurer une atmosphère particulière à Red Creek, où flirtent polar et fantastique. Ce n’est pas sans rappeler, dans une moindre mesure, du David Lynch (Twin Peaks et son univers atypique) ou encore du Stephen King, qui sont de bien belles références.

Le tout est porté par Lou De Laâge, à contre-emploi et à l’aise dans le rôle de Marlène Bernard, cette détective à l’esprit torturé, qui va se retrouver mêlée à une enquête qui ne la laissera pas indemne. Efficace.

loumylove

SeriesDeFilms a eu la chance de pouvoir poser des questions à Aurélien Molas, le créateur de Red Creek. Vous pouvez retrouver l’interview ci-dessous :

Après Maroni, Les Fantômes Du Fleuve, mini-série diffusée sur Arte, pourquoi avoir eu envie de retourner au format court ?

L’opportunité m’a été offerte de faire ce projet rapidement. Je sortais de plusieurs écritures longues, dont Maroni, et j’avais envie de travailler dans une autre énergie avec moins de contraintes et de doutes. Un sprint après un marathon en quelque sorte. L’autre raison, c’est Antoine Besse, le réalisateur. Cela faisait un petit moment que je souhaitais l’accompagner sur sa première fiction longue. Son univers, sa fougue et sa sensibilité m’inspiraient. J’ai parié sur le fait que nos univers étant opposés, la rencontre de ces visions pourrait donner une série étonnante. J’ai le sentiment que ce pari a été payant ; Red Creek brasse nos obsessions respectives et oscille entre les genres, trouvant son équilibre là où on ne l’attend pas.

Red Creek se distingue avec cette atmosphère si particulière mélangeant habilement thriller et fantastique tout en ne sombrant pas dans l’excès inhérent au genre. Ce travail d’écriture a représenté un challenge ou votre vision était claire depuis le début ?

Cette mini-série était pour moi une occasion inespérée de poursuivre un chemin entamé avec Maroni : utiliser le polar et les codes du genre pour glisser très progressivement vers l’étrange, l’inexpliqué. Depuis quelques années, je cherche à construire ce cheminement narratif entre des archétypes de départ inhérents au genre et un dérèglement qui surgit par petites touches puis qui envahit totalement la narration. J’ai l’impression que seul le cinéma ou la série permet de questionner frontalement « le doute » et de faire vaciller nos certitudes. En dix épisodes courts, j’ai tenté d’interroger le spectateur avec le twist de fin, de le conduire à devoir décider selon ses propres convictions de ce qui s’est réellement passé à Red Creek cet hiver-là. L’espoir, c’est que chaque spectateur aura sa propre réponse intime à cette question.

Ces paysages enneigés, ces étendues désertiques, ces forêts angoissantes, ces couleurs froides contrastant avec la noirceur ambiante, on se croirait presque dans du Stephen King, était-ce une de vos inspirations pour ce projet ? Si non quelles ont été vos inspirations ?

Stephen King a bouleversé mon adolescence en particulier avec Simetierre et la nouvelle Un Élève Doué. Je pense qu’effectivement, c’est l’un des auteurs qui m’influence le plus. Pour Red Creek, les autres référents sont Russel Banks et James Lee Burke en littérature et L’échelle De Jacob pour le cinéma.

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