Comme vient de le démontrer Pathé avec ses relectures de titres phares de la bibliographie d’Alexandre Dumas, à savoir Les Trois Mousquetaires mais également Le Comte de Monte-Cristo – qui a littéralement fait frémir le box office en attirant l’attention de 9 347 923 spectateurs – la littérature française reste une valeur sûre pour le public. Alors que la firme de Jérôme Seydoux poursuit sur sa lancée quant à la production de blockbusters destinés à revigorer le genre romanesque en compagnie de Chapter 2, d’autres s’engouffrent dans cette brèche qui, jusque là amène au succès.
Ce qui est le cas d’Eskwad et Curiosa Films, qui ont joint leurs forces au distributeur StudioCanal afin de (re)mettre en lumière un des chefs-d’œuvre de Victor Hugo, Les Misérables, fresque épique en cinq tomes publié en 1862, qui permit notamment à l’écrivain de porter un regard acerbe sur la société de son époque, qu’il jugeait inégalitaire. Une critique prenant forme dans le parcours tortueux de nombreux personnages qui, dans un début siècle marqué par la bataille de Waterloo et l’insurrection républicaine – ayant mis Paris à feu et à sang en juin 1832 – tentent de sortir de leur condition, que ce soit Fantine, Cosette ou Gavroche. Des pauvres abandonnés à leur sort et devant apprendre à leurs dépends que la ligne entre le bien et le mal est des plus friables, en particulier Jean Valjean, ancien bagnard dont la réhabilitation dans ce bas-monde sera synonyme de chemin de croix.
Devenu un monument de la littérature, Les Misérables a su quitter son univers de papier pour mieux étendre ses horizons dans d’autres domaines, que ce soit le petit et le grand écran mais aussi sur les planches. Et treize ans après la dernière adaptation en date du récit de Hugo au cinéma, opérée sous la supervision de Tom Hopper, l’heure est venue pour ce monument du cinquième art de se réinventer – plutôt deux fois qu’une. Alors que Eric Besnard est en train de mettre en boîte un film se consacrant avant tout sur la figure de Jean Valjean (incarné par Grégory Gadebois), un autre cinéaste se prépare à réaliser une transposition ambitieuse de cette épopée historique. Fred Cavayé. Remis de l’échec de sa comédie Les Chèvres !, sortie en catimini en 2024, ce dernier s’embarque ainsi dans un projet d’envergure, se consacrant à retranscrire l’intégralité de l’intrigue (fleuve) de l’auteur.
Et qui dit grosse production dit distribution cinq étoiles, cette relecture pouvant compter sur la présence de Vincent Lindon, qui a déjà travaillé avec le réalisateur sur Mon cousin, qui va prêter ses traits au fameux Valjean – prenant lui aussi le relais de Jean Gabin, Lino Ventura et Jean-Paul Belmondo qui ont incarné le personnage pour Jean-Paul Le Chanois, Robert Hossein et Claude Lelouch. À ses côtés, nous retrouvons Noémie Merlant (Fantine), Tahar Rahim (Javert), Megan Northam (Cosette), Camille Cottin, Benjamin Lavernhe (qui eux interprètent le couple Thénardier), Vassili Schneider (Marius) ou encore Marie Colomb (Éponine). Tourné l’été dernier, entre l’Île-de-France et la région Aquitaine, Les Misérables est attendu pour le 14 octobre dans les salles obscures.
