Un an après avoir remis en lumière la vie l’écrivain Franz Kafka (à travers Franz K.), la réalisatrice polonaise Agnieszka Holland poursuit sur cette lancée, se lançant dans un nouveau projet de film biographique, qui se concentrera sur une autre figure du monde artistique. Et plus précisément du septième art. Avec, Berlinweh – Yearning for a Home cette dernière va se consacrer au portrait d’une actrice engagée, Marlene Dietrich.
Repérée au début des années 20, notamment dans L’Ange Bleu de Josef von Sternberg, la comédienne aura rapidement attiré l’œil des cinéastes de son pays natal l’Allemagne puis celui d’Hollywood – où elle fera carrière. Tournant pour les plus grands, comme Billy Wilder, Alfred Hitchcock, Orson Welles, Dietrich aura également mis sa notoriété au profit d’un combat plus noble, la liberté. Luttant contre le nazisme, elle aura pris part à la Seconde Guerre Mondiale, que ce soit par le biais d’actions caritatives aux États-Unis ou de missions sur le front. Ayant rejoint les rangs de l’United Service Organizations, notre icône aura chanté pour les troupes américaines et britanniques stationnées au Royaume-Uni, avant d’accompagner la 3e armée américaine du général Patton et la division Leclerc en Italie (là où se trouvait un certain Jean Gabin).
Des actes de bravoure lui permettant d’être saluée de la médaille de la Liberté, plus haute distinction militaire américaine pouvant être reçue par un civil. De quoi nourrir la légende Marlene Dietrich. Basé sur un scénario d’Ingo Rasper, Berlinweh – Yearning for a Home suivra la star à travers quatre jours décisifs lors de quatre décennies différentes, la dépeignant dans des contextes culturels et politiques changeants : Paris en 1937, Bergen-Belsen en 1945, Tel Aviv en 1960, et une fois de plus Paris en 1983.
« Marlene Dietrich était un enchevêtrement de contradictions : une star glamour, mais une actrice, chanteuse et soldat exceptionnelle ; une égocentrique égoïste ainsi qu’une amie, une amante loyale et magnanime ; une combattante des droits de l’homme, pleine de peurs et d’incertitudes ; une Allemande qui, aux yeux de beaucoup de ses compatriotes, est devenue une traîtresse. » précise Agnieszka Holland « Nous ne racontons pas sa vie dans un récit continu et linéaire. Nous cherchons ces quelques moments cruciaux dans lesquels se reflète ce qu’il y avait de plus important et de plus universel dans son destin – qui résonnent encore aujourd’hui. Le destin d’une femme, d’une artiste, d’une citoyenne, d’un être humain. »
Produit par la même équipe derrière Franz K. à savoir la firme berlinoise X Filme Creative Pool, la société tchèque Marlene Film Production et le producteur britanno-irlandais Mike Downey, le long-métrage devrait débuter son tournage d’ici peu même si aucune date n’a été communiqué. À voir qui incarnera notre Ange Bleu au cinéma.