Cinq ans après le triomphe d’Illusions Perdues, adaptation très personnelle du roman éponyme d’Honoré de Balzac qui aura su taper dans l’œil du public et de la critique, avec à la clé sept César dont celui du Meilleur film, Xavier Giannoli se prépare à revenir sur grand écran avec une fresque ambitieuse – Les Rayons et les Ombres – se concentrant sur la montée de l’extrémisme dans la France de l’entre deux guerres. Ou comment l’Homme peut progressivement renier ses principes et combattre ce qu’il défendait par le passé.
Comme il l’avait opéré avec Marguerite, À l’origine ou L’Apparition, le réalisateur poursuit son exploration des zones d’ombre de l’Histoire française, s’attaquant ici à cette obscure période de l’Occupation. Une époque où la capitulation de Pétain face à l’Allemagne nazi mena au Régime de Vichy, synonyme de collaboration avec l’ennemi.
Ce que va remettre en lumière Les Rayons et les Ombres, qui se consacre au parcours de Jean Luchaire – journaliste qui prônait le pacifisme dans les années 30 et se sera rangé du mauvais côté après la débâcle de 40. Profitant de ses relations avec le pouvoir en place (dont une amitié controversée par Otto Abetz, social-démocrate devenu ambassadeur du Troisième Reich à Paris) pour prendre du galon, ce dernier aura aidé à la propagande nazie et aura entraîné sa fille Corinne – actrice – dans un implacable engrenage qui ne se stoppera qu’à la Libération…
Porté par Jean Dujardin, Nastya Golubeva, August Diehl et Olivier Chantreau, ce long-métrage de près de trois heures va donc raviver de douloureux souvenirs et nous rappeler qu’en des temps troublés, beaucoup peuvent préférer la collaboration à la résistance. Attendu pour le 18 mars en salles, Les Rayons et les Ombres ne manquera pas de susciter les débats et devrait donc attirer la curiosité des spectateurs.
