Dans la famille Brontë, nous demandons Emily. Poète dans l’âme, la jeune femme aura su marcher dans les pas de sa sœur Charlotte (Anne suivra le même chemin un peu plus tard) en publiant son premier roman, Les Hauts de Hurlevent, un drame en deux volumes ancré en pleine campagne anglaise où les terres balayées par les vents du nord deviennent le théâtre d’un jeu perfide, passion et ressentiment s’entremêlant pour mieux nourrir un récit s’articulant sur la soif de vengeance d’un homme, Heathcliff, déterminé à faire tomber sa famille d’adoption, les Earnshow. Ou quand la haine devient un instrument diabolique, brûlant tout sur son passage.

Tragédie romanesque sachant tirer son profit de sa noirceur et de son intensité, cet essai littéraire d’Emily Brontë (publié en 1847) aura su devenir un classique à la fois au Royaume-Uni mais également dans le monde entier, figurant en bonne place parmi les oeuvres à analyser dans beaucoup de cursus scolaires. D’une grande richesse, la quête vengeresse de ce protagoniste torturé et sa romance tumultueuse avec sa ‘sœur’ Catherine aura attiré l’attention du septième art et ce dès l’époque du cinéma muet puisque la première adaptation des Hauts du Hurlevent remonte à 1921 (il fût mis en scène par le britannique par Victor Albert Bramble).

En un siècle, pas moins d’une dizaine de transpositions ont été développées pour le grand écran, provenant d’horizons divers et variés, des cinéastes tels que William Wyler, Luis Buñuel, Jacques Rivette, Peter Kosminsky ou Andrea Arnold s’étant immergés dans l’univers de l’autrice, à l’influence gothique. Une source d’inspiration qui ne devrait jamais se tarir, une nouvelle relecture orchestrée par Emerald Fennell étant en chemin.

Teaser

 

Bande annonce 

Après avoir supervisé l’écriture de la deuxième saison de Killing Eve et campé le rôle de Camilla Shand dans The Crown, l’actrice et scénariste britannique a récemment ajouté une corde à son arc, passant en 2020 derrière la caméra avec Promising Young Woman. Un premier long qui aura su convaincre la critique, se voyant notamment récompensé de multiples récompenses dont l’Oscar du meilleur scénario. Fort de cette expérience, Fennell a tenté de transformer l’essai avec Saltburn, satire sociale que nous avons pu découvrir sur Prime Video, qui aura eu la particularité de remettre au goût du jour le tube Murder on the Dancefloor de Sophie Ellis Baxtor – réapparu dans les Charts suite au succès du film sur la plateforme. Vu les thématiques abordées par cette dernière, en particulier dans cette deuxième réalisation, où jalousie, lutte des classes et vengeance sont au menu, la voir s’approprier le texte d’Emily Brontë fait sens.

Pour porter Les Hauts de Hurlevent à l’écran, Emerald Fennell s’est entourée d’une amie de longue date puisque cette relecture sera produite par LuckyChap – boîte fondée par Margot Robbie – qui finance les projets de la cinéaste depuis Promising Young Woman. Et pour cette troisième collaboration, la comédienne officiera également devant la caméra, devant incarner le personnage de Catherine Earnshow. À ses côtés, nous retrouverons Jacob Elordi, qui a été choisi pour prêter ses traits à Heathcliff, un choix ayant fait réagir, celui-ci étant un bohémien dans le roman original – caractéristique importante, le racisme jouant un rôle clé dans la détestation de notre anti-héros quant à la famille Earnshow. Par le passé, Laurence Olivier ou encore Ralph Fiennes auront interprété ce rôle.

Intitulée sobrement Hurlevent, cette transposition devrait susciter des réactions diverses et variées de la part des amateurs de l’œuvre et des néophytes, la réalisatrice cherchant à imposer son style sur le texte de Brontë. De quoi attirer la curiosité quant à cette version, qui se dévoilera le 11 février 2026 en salles.

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