Depuis qu’elle s’est établie sur Disney +, la franchise Star Wars étend son empire télévisuel à la vitesse de la lumière, Lucasfilm multipliant les projets en tous genres à destination de la plateforme streaming, en attendant de redéployer ses ailes vers le grand écran. En dépit d’un agenda pour le moins fourni pour les années à venir, l’entreprise supervisée par Kathleen Kennedy ne manque pas d’idées pour amener le public à voyager vers la galaxie lointaine, très lointaine imaginée par George Lucas.
Ce qui est particulièrement le cas dans le domaine de l’animation, où la firme s’illustre depuis maintenant deux décennies, avec des titres tels que The Clone Wars, Star Wars : Rebels ou encore Star Wars : Visions, anthologie permettant à des studios du monde entier d’apposer leur patte sur ce lore de tous les possibles – une parenthèse ayant également inspiré d’autres projets à l’image de la série des Tales of…
Pilotée par Dave Filoni qui, depuis The Clone Wars aura marqué de son empreinte la mythologie de la saga sur la petite lucarne, cette collection à pour vocation de lever le voile sur le destin de personnages bien connus des fans, qu’ils soient du bon ou du mauvais côté de la Force. Une aventure animée initiée en 2022 avec Tales of the Jedi, retraçant le parcours du compte Dooku et d’Ahsoka Tano puis Tales of the Empire qui, pour sa part, se concentrait sur le parcours de membres de l’Empire galactique tels que Morgan Elsbeth (apparue dans The Mandalorian) et Barriss Offee – qui a eu le droit à une belle exposition au cours de The Clone Wars.
Et pour cette troisième salve, intitulée Tales of the Underworld, qui a débarqué ce 4 mai (alias The Star Wars Day) sur Disney +, Filoni met en avant deux criminels qui ont su tirer leur épingle du jeu au sein de l’univers étendu, en l’occurrence Asajj Ventress et Cad Bane. Deux hors-la-loi, se retrouvant à une étape charnière de leur chaotique existence au gré d’une rencontre fortuite changeant la donne pour chacun d’entre eux – le tout au gré de six épisodes de près de vingt minutes.
Pour Ventress, qui fût l’ancienne disciple de Dooku, s’opère un voyage vers la lumière – comme esquissé dans The Bad Batch – notre antagoniste changeant son sabre laser d’épaule suite à sa résurrection par son clan des Sœurs de la Nuit. En suivant le chemin de la rédemption, l’ancienne Sith se retrouve à prendre sous son aile un Padawan ayant survécu à l’Ordre 66 et de l’amener à rejoindre le fameux Passage, ce réseau rassemblant les Jedi se cachant de l’EMpire. Une intrigue se tissant au gré d’une expédition au rythme resserré (d’habitude Tales of...se consacre à plusieurs époques de la vie de ses sujets) qui malheureusement suit un chemin tout tracé ce qui nuit à l’efficacité de ce chapitre inédit de l’arc narratif d’Asajj Ventress, qui méritait un meilleur traitement, bien plus nuancé que ce que Dave FIloni et son scénariste Matt Michnovetz proposent.
Heureusement, l’équipe créative se montre davantage inspiré par le périple de Cad Bane dans les bas-fonds de la Galaxie, en reprenant le schéma faisant le charme de cet anthologie. Confronté à son passé, notre chasseur de primes à la gâchette facile, Cad Bane (qui est notamment apparu en chair et en CGI dans Le Livre de Boba Fett), fait face à ses choix de vie, alors que l’on se concentre sur son enfance puis son évolution dans le monde de la pègre. Une storyline contraire à celle de Ventress, s’amusant des codes du western afin de donner du cachet à l’inévitable conflit opposant le mercenaire à l’un de ses vieux amis, devenant par la force des choses son ennemi en opérant lui du bon côté de la loi. De quoi mettre en place un duel au soleil qui ne manque pas de sel pour ces anciens camarades, aidant à conforter Bane dans son statut de vilain.
Si l’écriture paraît parfois être en mode pilote automatique, en particulier dans le trio d’épisodes mettant en lumière Asajj Ventress, l’animation de Tales of the Underworld, qui reprend le style de The Clone Wars, reste toujours au niveau – aidant à rendre cette nouvelle parenthèse Star Wars divertissante (tout du moins pour les aficionados puisque vu les personnages choisis, il y a fort à parier que les téléspectateurs ne connaissant pas la mythologie sur le bout des doigts seront quelques peu largués).
Anthologie synonyme d’immersion dans les bas-fonds de la Galaxie pour Dave Filoni, Star Wars : Tales of the Underworld se consacre à des figures ambiguës de la saga, Asajj Ventress et Cad Bane, qui se dévoilent sous un jour nouveau. Mais si cette mise en avant permet de nous rappeler que ces deux personnages ont du potentiel, les six épisodes proposés manquent pourtant d’ampleur en termes d’écriture, empêchant ce cru de Tales of… de se ranger au même niveau que ses prédécesseurs, davantage maitrisés scénaristiquement parlant. Reste un sympathique divertissement à destination des fans de la première heure.
