Passée une parenthèse netflixienne avec la série En place, conçue par ses soins, Jean-Pascal Zadi se prépare à revenir en force au sein du milieu du septième art, dans lequel il est parvenu à percer il y a de cela cinq ans. Abonné aux seconds rôles, le comédien avait pris son destin en main en co-réalisant avec John Wax Tout Simplement Noir, un mockumentaire synonyme de mise en lumière, cette première œuvre lui permettant de recevoir le César du meilleur espoir masculin. Depuis, notre homme cumule les projets, ayant récemment pris part à L’Année du Requin des frères Boukherma, L’Amour Ouf de Gilles Lellouche ou encore Le Procès du Chien de Laetitia Dosch.
Et alors que sa seconde réalisation, La Mission de l’Espace, devrait atterrir dans le courant de l’été dans les salles obscures, Jean-Pascal Zadi a déjà trouvé le sujet de son troisième film si l’on en croit nos confrères du site professionnel lefilmfrançais. Pas de projet original cette fois mais une adaptation littéraire, qui devrait faire parler puisque le cinéaste va porter à l’écran J’irai cracher sur vos tombes, sulfureux roman de Boris Vian. Paru en 1946 sous le pseudonyme de Vernon Sullivan, ce récit plonge le lecteur dans le sud des États-Unis à l’époque de la ségrégation, suivant le parcours de Lee Anderson, un métis ivre de vengeance suite à la mort de son frère noir, lynché pour avoir aimé une blanche. Pour assouvir cette soif, notre protagoniste va lui aussi décider de semer la mort.
Pamphlet sur le racisme et le ségrégationnisme, J’irai cracher sur vos tombes s’avère être un sujet malheureusement encore d’actualité, d’autant plus dans un monde où la montée de l’extrémisme est à nouveau à l’ordre du jour. De quoi prolonger une thématique présente en filigrane dans la filmographie de l’acteur/réalisateur et l’amener à gagner en puissance, son intrigue étant emprunte de violence. Ajoutons à cela que jusqu’ici, ceux qui ont tenté de transposer du Boris Vian au cinéma se sont pris les pieds dans le tapis comme peut entre autres en témoigner Michel Gondry avec sa version de L’Écume des Jours. Pire encore, pour l’anecdote (macabre), une première adaptation du roman a déjà été mise en scène par Michel Gast en 1959 et celle-ci fût responsable de la mort de l’auteur qui, lors de sa découverte du film eu un arrêt cardiaque (il désapprouvait publiquement ce projet).
C’est donc un défi de taille qui attend Jean-Pascal Zadi, qui s’attaque donc à une entreprise pour le moins risquée mais qui a le potentiel de donner une envergure toute autre à sa carrière en tant que réalisateur. De quoi susciter notre curiosité.