Comme vient de le prouver Pathé avec ses relectures de titres emblématiques d’Alexandre Dumas, en l’occurrence Les Trois Mousquetaires mais également Le Comte de Monte-Cristo – qui aura su se faire une place de choix lau box office en attirant l’attention de 9 347 923 spectateurs – la littérature française reste une valeur sûre pour le public. Alors que la firme de Jérôme Seydoux poursuit sur sa lancée quant à la production de blockbusters destinés à revigorer le genre romanesque en compagnie de Chapter 2 (avec le développement d’une troisième aventure cinématographique pour nos Mousquetaires et la transposition des Rois Maudits), d’autres s’engouffrent dans cette brèche qui, jusque là amène au succès.
Nouvelle preuve en date, la volonté de SND de se réapproprier un roman phare de Gaston Leroux qui, outre les séries consacrées à Rouletabille (Le Mystère de la Chambre Jaune, Le Parfum de la Dame en Noir,…) et Chéri-bibi (La Nouvelle Aurore, Les Cages Flottantes) aura également été à l’origine de l’iconique Le Fantôme de l’Opéra. Publié originalement en 1910 sous la forme d’un feuilleton avant d’être édité en bonne et due forme, ce récit à la lisière du paranormal entraîne le lecteur dans l’enceinte de l’opéra Garnier, en proie à des phénomènes surnaturels, qui seraient à mettre au profit d’un être lugubre, hantant les lieux. Entre morts suspectes, voix sortant d’outre-tombe sans oublier les menaces de ce prétendu Fantôme de l’Opéra obscur personnage faisant figure de mythe. Mais lorsque la jeune Christine, chanteuse lyrique, vient remplacer au pied levé La Carlotta, diva tombée soudainement malade, la vérité quant à cet être fantasmagorique hantant les couloirs de l’Opéra va éclater au grand jour, ce dernier se révélant à elle, en devenant son ‘ange de la musique’, l’aidant à améliorer ses performances vocales.
De quoi initier une romance torturée entre cet homme de l’ombre prénommé Erik et l’élue de son cœur, qui ne sait pas encore que l’amour (non réciproque) que lui porte ce dernier va enclencher une réaction en chaîne, sa jalousie puis son désespoir l’amenant à prendre des décisions drastiques. Fort de son personnage éponyme tragique qui, derrière ses actions – et son fameux masque – dissimule une apparente fragilité, due à un lourd passé, Le Fantôme de l’Opéra aura rapidement fasciné son auditoire, friand de cette histoire naviguant entre les genres. Une œuvre marquante, inspirant bon nombre de dramaturges et cinéastes, le roman s’étant vu maintes fois transposé sur scène et sur les écrans, que ce soit en pièce de théâtre, en comédie musicale ou en long-métrage. Dans ce domaine, des grands noms tels que Brian de Palma et Dario Argento se sont attelés à une réinterprétation de la création de Gaston Leroux, universelle.

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Et dans un contexte de forte demande en productions puisant dans ce fleuron qu’est le roman français, il n’est si pas étonnant d’apprendre que SND s’attèle à proposer sa version de ce drame en la majeur, dont l’impact émotionnel reste immuable. Un écrin de choix, qui va se présenter à un nouveau public sous une forme inédite, la firme française voulant attirer dans ses filets les jeunes adultes. Pour s’y faire, l’idée de la transposition au XXIe siècle a été privilégiée, comme l’a annoncé en exclusivité Ramy Nahas, directeur des ventes et de la distribution internationale, au site américain Deadline :
“C’est une relecture moderne du roman classique de Gaston Leroux, qui a inspiré nombre de films, séries, romans graphiques et comédies musicales, mais qui, étonnamment, n’a jamais été adapté en long métrage en langue française. Le film mélangera les thèmes et genres afin de donner naissance à un film romantique ambitieux ayant pour toile de fond Paris, le tout agrémenté d’éléments fantastiques, d’époque et de thriller”.
Réalisé par Alexandre Castagnetti, à qui l’on doit entre autres Amour & Turbulences et Tamara, d’après un scénario co-écrit par celui-ci en collaboration avec Camille Fontain (Coco avant Chanel), cette version contemporaine du Fantôme de l’Opéra se centre sur la trajectoire d’une danseuse de dix-huit ans, Anastasia, débarquant à l’Opéra Garnier pour devenir ballerine. Suite à un accident, notre héroïne va être choisie pour remplacer le premier rôle au sein de la représentation d’Orphée, opéra mythique d’Ernest Dupré, dirigée par James Figueras. Et devenir par la même occasion l’objet de l’obsession d’un certain fantôme…
Comprenant au casting Deva Cassel, repérée dans La Belle Estate, Julien De Saint-Jean, qui vient de prendre part à l’aventure Le Comte de Monte-Cristo ainsi que Romain Duris, ce Fantôme de l’Opéra made in France se tournera cet été dans l’enceinte même du Palais Garnier. Sa sortie est prévue pour le courant de l’année 2026.