Deux ans après le spin-off Les Minions 2 : Il était une fois Gru, l’heure est venue pour la franchise Moi, Moche et Méchant de reprendre le cours de son histoire avec un quatrième volet, réalisé par Chris Renaud et Patrick Delage. Vocalement porté par Gad Elmaleh, Audrey Lamy et Alex Lutz en France, cet épisode voit Gru faire face à un ennemi issu du passé, l’amenant à prendre des mesures radicales pour protéger sa famille…

Après être revenue aux origines de la relation unissant notre (ex)criminel et ses facétieux acolytes en salopettes bleues, Moi, Moche et Méchant regarde vers l’avenir en ouvrant un nouveau chapitre synonyme de transition aussi bien devant que derrière la caméra. Ayant passé le relais à Kyle Balda le temps d’un épisode, Chris Renaud reprend ainsi son poste de réalisateur, sauf que ce dernier ne fait plus équipe avec l’autre papa de la saga, Pierre Coffin, qui à son tour laisse sa place à quelqu’un d’autre. En l’occurence le français Patrick Delage, qui était en charge de l’animation sur Comme des Bêtes ou encore Tous en Scène et sa suite. Ensemble, les deux hommes avaient la lourde charge de rattraper un troisième film moyennement appréciée en dépit de son colossal succès (plus d’un milliard de dollars de recettes en 2017) et d’éviter un réel essoufflement de la franchise phare d’Illumination.

Pour s’y faire, l’équipe créative s’est décidée à se reposer sur l’élément clé qui fît le charme de Moi, Moche et Méchant premier du nom, à savoir la fibre paternelle de ce cher Gru, un trait de caractère faisant la force du personnage. Heureux parent de Margo, Édith et Agnès, notre père de famille se retrouve avec un bébé sur les bras, le sien. Sauf que ce nouveau-né sobrement nommé Gru Jr. ne semble pas aussi fan de son papa que de sa maman Lucy. Alors quoi de mieux qu’une mise au vert pour que père et fils tissent finalement des liens ? Tel est le point de départ du script concocté par Ken Daurio et Mike White, qui tente d’apporter un semblant de vent de fraîcheur à la saga en prenant le contre-pied d’une de ses règles principales, à savoir mettre notre joyeuse fratrie sur la trace d’un méchant. Ici, nos personnages se retrouvent dans le collimateur d’un ennemi issu du passé de Gru, les amenant à prendre malgré eux le large vers l’inconnu. 

Face à la menace d’un Maxime Le Mal en mode vengeance, la fuite paraît plus judicieuse que l’affrontement, une décision impliquant un changement de vie mais également une séparation avec la majorité des Minions (ce qui devient une habitude pour le coup). Se dessine alors une multitude de pistes à suivre pour notre tandem de scénaristes, qui ne savent plus réellement où donner de la tête dès lors que Gru et ses acolytes se retrouvent éloignés par la force des choses, ce qui se ressent dans le rythme de cette quatrième aventure. D’où l’impression de suivre une série de saynètes tentant maladroitement de donner du grain à moudre à tout le monde entre les déboires de notre héros que ce soit avec son fiston ou avec une voisine désireuse de devenir elle aussi une ‘bad girl’, Lucy et les filles tentant de se faire à leur nouvelle identité et les mascottes de la franchise succombant – avec second degré – à la mode des supers, l’intrigue s’éparpille plus que de raison.

Si le script retombe sur ses pattes en fin de parcours, difficile de ne pas ressentir les tergiversations derrière la caméra quant à la véritable marche à suivre. L’essoufflement se donc bel et bien ressentir, même si le produit final s’avère moins brouillon que le troisième opus et ce grâce à la maladresse de Gru ou les pitreries des inénarrables Minions, qui savent se faire remarquer pour le meilleur et pour le pire. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’Illumination se soit lancé dans la production d’un troisième film consacré à ces trublions en salopettes, ceux-ci semblant avoir un potentiel comique inépuisable – quant l’écriture est de la partie. Concernant la réalisation, le retour au bercail de Chris Renaud est somme toute satisfaisant, son association avec Patrick Delage faisant des étincelles, surtout concernant leur amour pour le cinéma des années 80/90, qui transparaît dans divers séquences survoltées telles qu’une poursuite dans un supermarché singeant Terminator. La mise en scène énergique et les moments de bravoure placés ci-et-là (la session cambriolage dans l’ersatz de Poudlard pour méchants par exemple) aident à gommer le temps d’un gag ou deux les faiblesses d’un scénario pédalant vite dans la semoule.

En compagnie de Patrick Delage, Chris Renaud effectue son retour dans l’univers Moi, Moche et Méchant avec un opus cherchant à mettre son héros dans de vilains draps pour redonner du souffle à une saga ronronnante. Une mission pour le moins compliquée, notre tandem se retrouvant face à un scénario manquant de fraîcheur, leur mettant des bâtons dans les roues question efficacité et ce en dépit de leurs efforts pour que visuellement parlant la magie opère toujours.

© Illumination/Universal Pictures

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