Deux ans après avoir pris part à l’anthologie Satanic Hispanics, le réalisateur Demián Rugna effectue son retour à la réalisation en solo avec When Evil Lurks, qui comprend au casting Ezequiel Rodríguez, Silvina Sabater, Luis Ziembrowski, Marcelo Michinaux ou encore Emilio Vodanovich. Au programme de ce nouveau long-métrage, une course contre la montre pour empêcher le mal de répandre sa noirceur en rase campagne…
Poursuivant son exploration du genre horrifique, Demián Rugna tente de revitaliser avec un style qui lui est propre le film dit de possession, s’éloignant de la convention religieuse lui étant inhérent histoire de déblayer un terrain balisé et de s’amuser avec de nouvelles règles. Ce qui donne lieu à When Evil Lurks, une série B poisseuse n’hésitant pas à se montrer direct dans son imagerie afin de déstabiliser son auditoire quant à cette virée macabre en compagnie du mal.
Tirant profit de son ancrage dans un environnement rural, le long-métrage sème les graines de son récit avec un certain sens de la narration, rappelant avec un cynisme que l’enfer est pavé de bonnes intentions, diction se personnifiant à travers la trajectoire de deux frères, Pedro et Jimmy qui, de par leur maladresse font basculer la vie de leur communauté vers la détresse la plus totale. Sans entrer dans les détails pour préserver le maximum de surprises aux spectateurs, la décision personnelle de notre duo destinée à éloigner une menace de leurs terres amorcent la désolation de celles-ci, un virus démoniaque se répandant dans l’air pour mieux consumer l’âme et le corps de ses victimes. Soit l’élément déclencheur d’une pandémie insidieuse aux effets dévastateurs, redistribuant les cartes quant à la notion de possession.
En clair, Demián Rugna se livre à un jeu de massacre dont il est difficile de voir une issue positive, la situation paraissant inéluctable dès lors que les esprits se corrompent et sèment la mort avec sadisme. Sur ce point précis, le réalisateur – qui officie également à l’écriture du scénario – fait mouche à plusieurs reprises en abattant ses cartouches avec parcimonie en termes de violence, l’effroi s’abattant sur les personnages via des coups d’éclats à la fois explicites et implicites, le hors-champ ayant un rôle à jouer dans l’instillation d’une atmosphère délétère. Parmi les séquences troublantes, une attaque canine venant accentuer le chaos ambiant au sein d’une maison familiale, le foyer n’étant plus synonyme de refuge mais de piège face à un ennemi invisible pouvant pervertir n’importe quel être pour parvenir à ses fins.
D’ailleurs, dommage que, passé ce moment choc, When Evil Lurks ne soit plus aussi solide sur ses appuis, privilégiant les dialogues à la démonstration pour crédibiliser son univers ainsi que les codes régissant le fonctionnement de l’exorcisme ici mis en place lors du dernier acte. Si dépraver l’aura angélique propre à l’enfance fait toujours son petit effet, le script rentre davantage dans les clous de ce sous-genre de l’horreur, réduisant son impact final. Mais en dépit de ses errances en fin de parcours, cette proposition venue d’Argentine a suffisamment d’atouts dans sa besace pour sortir du lot dans le paysage actuel, grâce à des coups de sang saisissants.
Avec When Evil Lurks, Demián Rugna s’approprie les codes du film de possession pour propulser le spectateur au sein d’un cauchemar à ciel ouvert où le mal se dévoile à l’état brut, avec quelques séquences percutantes à la clé.



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