Tintin, Les Schtroumpfs, Spirou, Boule & Bill, Les Tuniques Bleues, Gaston…depuis près d’un siècle, la Belgique est le berceau du neuvième art, ayant contribué au rayonnement de la bande dessinée en Europe et dans le monde entier. Fort de ses titres populaires, le plat pays attire l’attention de bon nombre de producteurs issus d’horizons divers et variés, ce que le public a pu largement constaté au gré des multiples transpositions ayant eu lieu sur le petit et le grand écran. Alors que du côté de la télévision, Lucky Luke s’apprête à vivre des aventures en live action, avec Alban Lenoir dans les bottes du personnage conçu par Morris, une autre oeuvre populaire belge va prochainement passer par la case adaptation mais cette fois au cinéma. Blake et Mortimer.
Imaginé en 1946 par Edgar P. Jacobs, qui fût l’un des illustres collaborateurs de Hergé, cette série de bande dessinée aura rapidement su captiver les lecteurs et ravir la critique, le sens de la narration ainsi que le style artistique de l’auteur donnant un charme indéniable aux investigations du capitaine Francis Blake, ancien pilote de la Royal Air Force devenu directeur du MI5 et de son fidèle camarade Philip Mortimer, professeur spécialisé en physique nucléaire. Un tandem de choc se retrouvant mêlé à des intrigues mêlant bien souvent espionnage et science-fiction, le tout avec un soin porté au réalisme et aux détails, notamment en terme d’ancrage historique et de concepts scientifiques. Une formule faisant mouche et aidant l’œuvre à prendre du galon, trouvant le succès dans les pages du Journal de Tintin avant que les planches publiées ne deviennent des albums à part entière.
Survivant à son créateur, Jacobs étant décédé en 1987, Blake et Mortimer aura continuellement étendu son univers, sous la plume de personnalités reconnus du milieu telles que Bob de Moor (qui pris sa suite pour conclure la seconde partie du diptyque Les Trois Formules du professeur Satō), Jean Van Hamme ou encore Yves Sente. Comptant à ce jour vingt-neuf tomes et une poignée de hors-séries, le dernier en date étant L’Art de la Guerre, la BD peut toujours compter sur le soutien de ses fans. Ceux-ci seront d’ailleurs sûrement ravis d’apprendre que leurs héros de papier vont très prochainement partir à la conquête du septième art, un long-métrage en bonne et due forme venant d’être officialisé et ce après des décennies de développement.
En effet, il faut remonter à la fin des années 70 pour que s’engagent des discussions pour porter sur grand écran l’album le plus iconique de la série, à savoir La Marque Jaune, considéré par beaucoup comme le chef-d’œuvre d’Edgar P. Jacobs. Si ce projet d’adaptation initié par le publicitaire Michel Marin et la productrice Irène Silberman tomba finalement à l’eau, des cinéastes ont par la suite tenté de le concrétiser, à l’image d’Alain Corneau, James Huth et plus récemment Álex de la Iglesia qui pour sa part a dû y renoncer faute de financements. Passées ces interminables errances, l’arlésienne Blake et Mortimer touche à sa fin puisque la société Belga Films Group vient d’officialiser un film se basant sur ce fameux album, qui sera tourné en langue anglaise.
Mis en scène par Cédric Nicolas-Troyan, à qui l’on doit Le chasseur et la Reine des Glaces, Kate ainsi que la série Furies, cette relecture cinématographique de La Marque Jaune sera scénariste par Jay Ferguson et Jan Kounen, qui s’y connaît dans cet exercice – s’y étant essayé avec Blueberry, qui aura donné lieu à une expérience pour le moins déroutante. Le script venant d’être validé par le réalisateur français, le long-métrage passe à la vitesse supérieure, son tournage étant planifié pour cet automne. “J’ai grandi avec ces personnages, ils sont très importants. Ils existent depuis un moment et sont appréciés de beaucoup. Alors, évidemment, j’ai à cœur de rendre hommage aux bandes dessinées et de donner vie à cet univers riche et coloré tout en lui donnant une touche contemporaine avec beaucoup de cœur et d’action.” s’est d’ailleurs enthousiasmé ce dernier.
Il ne reste désormais plus qu’à connaître les acteurs qui incarneront Francis Blake et Phillip Mortimer en chair et en os. À vos pronostics.

Synopsis officiel de La Marque Jaune :
Les murs de la City ne résonnent plus que des incroyables exploits de la « Marque Jaune ». Ce mystérieux criminel multiplie les actions spectaculaires : raid contre la banque d’Angleterre, vol du Gainsborough de la National Gallery, et même vol de la couronne royale d’Angleterre… Rien ne semble pouvoir l’arrêter. Son audace va jusqu’à prévenir à l’avance la police du lieu de l’accomplissement de ses forfaits, ridiculisant à chaque fois un peu plus Scotland Yard.
L’apparente facilité avec laquelle il se déjoue des dispositifs policiers finit par inquiéter les plus hautes instances du pays. Le capitaine Francis Blake est dépêché par le Home Office auprès de Scotland Yard pour élucider l’affaire et découvrir l’identité de l’homme qui se cache derrière la Marque Jaune. Le capitaine s’adjoint tout de suite les services de son vieil ami, le professeur Philip Mortimer, dont les connaissances scientifiques s’avéreront précieuses dans cette affaire extrêmement complexe.
Mais voici qu’aux vols succèdent les enlèvements. Un médecin réputé, un éditorialiste fameux, un juge éminent, disparaissent tour à tour, enlevés sous les yeux impuissants de la police. Les trois hommes se connaissaient. Ils faisaient tous trois partie du « Centaur Club » et étaient amis, ainsi que le professeur Septimus. Ce dernier, psychiatre de renom, est persuadé que la Marque Jaune est un génie du mal et qu’il sera le prochain de la liste…
Qui se cache derrière la Marque Jaune ? Quels sont ses mobiles, ses motivations ?… Blake et Mortimer auront fort à faire pour venir à bout de l’inquiétant individu aux pouvoirs quasi-surnaturels…