Cette semaine du 31 janvier au 6 février, nous pouvions découvrir dans les salles obscures La Zone d’Intérêt de Jonathan Glazer, Argylle de Matthew Vaughn, Sous le Vent des Marquises de Pierre Godeau, Le Bonheur est pour Demain de Brigitte Sy, Léo, la fabuleuse histoire de Leonard de Vinci de Jim Capobianco et Pierre-Luc Grangeon, Amelia’s Children de Gabriel Abrantes, La Ferme des Bertrand de Gilles Perret, A Man de Kei Ishikawa, They Shot the Piano Player de Fernando Trueba et Javier Marisca, L’Étoile Filante de Dominique Abel et Fiona Gordon ou encore Ma Part de Gaulois de Mark Chibane. Parmi cette dizaine de nouveautés, deux sont parvenues à se frayer un chemin dans le trio se tête du classement. Lesquelles ? Analysons les chiffres.

Une fois de plus les nouveautés se bousculaient au portillon, laissant craindre à un télescopage en règle. Ce qui s’est quelque peu passé mais cela a permis à La Zone d’Intérêt de prendre l’ascendant sur ces petits camarades, dont le blockbuster Argylle, ce qui est une bonne nouvelle pour le cinéma indépendant.
Délogeant Un coup de dés de son piédestal pour mieux s’y installer, le drame de Jonathan Glazer librement adapté du roman éponyme de Martin Amis a été découvert par 239 108 personnes à l’occasion de sa première semaine d’exploitation dans les salles obscures. Soit le meilleur démarrage de la carrière du réalisateur, faisant mieux que la carrière de Sexy Beast (18 646 entrées), Birth (171 603) et Under the Skin (151 365).
Évoquant une page sombre de la Seconde Guerre Mondiale, La Zone d’Intérêt aurait pu rebuter le public – d’autant plus dans ce contexte où le calendrier des sorties est surchargé – mais l’effet inverse se produit actuellement, ce sujet difficile amenant à la réflexion. À voir désormais si le maintien sera au rendez-vous dans sept jours.

Le bon accueil réservé à La Zone d’Intérêt contraste avec le tiède lancement d’Argylle sur le territoire français, qui doit se contenter de la deuxième position avec un score manquant cruellement d’éclat à la clé.
S’il parvient à se faufiler dans le trio de tête, le nouveau long-métrage de Matthew Vaughn n’a pas suscité de grand intérêt, n’attirant que 219 098 spectateurs dans ses filets. Soit le plus faible démarrage de la carrière du cinéaste britannique depuis…Stardust, le mystère de l’étoile qui en 2007 avait débuté son parcours sur notre sol avec 180 954 entrées. L’écart se creuse ainsi avec la saga Kingsman, qui a accaparé le réalisateur ces huit dernières années (The King’s Man : Première Mission avait été visionné par 899 044 amateurs en fin de course).
Semi-déception donc pour Argylle, qui se voulait le fer de lance d’une nouvelle franchise mais qui aura du mal à rentrer dans ses frais rien qu’avec ce premier chapitre, soit un faux départ.

Leader de la compétition mercredi dernier, Un coup de dés dévisse sérieusement au classement, se laissant déstabiliser par les adversaires se mettant face à lui. En résulte une chute de la première à la troisième et dernière marche du podium.
Malgré ce revers, le thriller mis en scène par l’acteur tient le choc en terme de fréquentation puisque celle-ci décline de 38% – ce qui aurait pu etre pire avec l’arrivage massive de nouveautés en face. En évitant le décrochage, le long-métrage réussi à engranger 136 317 entrées supplémentaires, un score aidant son box office à atteindre les 357 513 spectateurs en quinze jours de présence sur les écrans. De quoi rattraper l’échec du précédent essai du comédien/réalisateur – Les Choses Humaines – qui n’avait attiré l’attention que de 182 074 spectateurs il y a de cela un an.
En évitant la sortie de route, ce dernier cru de Yvan Attal devrait suivre le même chemin que Mon Chien Stupide, qui avait engrangé 501 205 entrées lors de sa sortie en 2017.