Trois ans après Bullit & Riper, Kad Merad et Olivier Baroux reprennent leur insigne, ressortent la Fuego du garage, prolongeant ainsi l’aventure Pamela Rose au format sériel. Comprenant Lionel Abelanski, Shirine Boutella, Panayotis Pascot, Mélanie Doutey, Ophélia Kolb, Stephan Wojtowicz ou encore Mister V au casting, cette suite voit les agents les plus incompétents de l’histoire du FBI se charger de la traque d’un serial killer dézinguant les stars du web…

Certains acteurs ont des personnages qui leur colle à la peau, n’hésitant pas à se remettre dans les chaussons de ces derniers pour se faire un petit plaisir, à l’image des facétieux Kad et O qui, depuis maintenant trois décennies s’amusent à écrire avec un grand P (comme parodie) l’histoire du FBI à travers les tribulations de leur alter-ego Richard Bullit et Douglas Riper. Ce qui a commencé comme une série de sketchs radiophonique s’est mué en véritable franchise au gré de l’évolution de la carrière du tandem d’humoristes, passant des ondes au tube cathodique, de Oüi FM à Comédie, puis du petit au grand écran. Un chemin s’inversant aujourd’hui avec un nouveau passage à la télévision, mais sous un habillage différent.

Accompagnés de Julien Rappeneau à l’écriture, comme ce fût le cas pour Mais qui a tué Pamela Rose ? et sa suite, mais également de Ludovic Colbeau-Justin à la réalisation (ce dernier aura mis en scène ce premier long-métrages aux côtés d’Eric Lartigau en 2002), Kad Merad et Olivier Baroux se sont prêtés à l’exercice de la série policière en bonne et due forme. Exit l’hommage à Twin Peaks, référence évidente de toute l’intrigue propre à Pamela Rose, ici notre fine équipe se la joue moderne en se servant des codes actuels du genre télévisé pour mieux les détourner dans la joie et la bonne humeur. Mais notons tout de même que si le pastiche est toujours au programme, le format abordé offre de nouveaux horizons à nos scénaristes, ceux-ci ayant neuf épisodes de trente minutes à disposition pour tisser de véritables fils rouges.

Ainsi pas de répit pour nos as de la gaffe qui malgré les poids des années n’en ratent toujours pas une, leur flair légendaire les amenant encore et toujours vers la mauvaise piste. Alors qu’ils coulaient des jours heureux en tant qu’ambassadeurs du FBI, suite au sauvetage de la Présidente des États-Unis (dans Mais qui a re-tué Pamela Rose ?, injustement boudé au cinéma), Richard Bullit et Douglas Riper se voient rattraper par leur stupidité et doivent à contrecœur retourner sur le terrain s’ils veulent échapper à un licenciement. Pour se refaire, la paire ne se facilite pas la tâche, jetant leur dévolu sur une sombre affaire de serial killer zigouillant tour à tour de célèbres youtubeurs – qu’ils pensent être une simplissime enquête. Mais que nenni, cette histoire n’est que le sommet de l’iceberg, les enjeux étant plus importants que prévus, ce dont ne se doutent pas ces attachantes têtes de nœuds, aimant se mettre dans de beaux draps.

En effet, ajoutons à ce branle-bas de combat professionnel des problématiques cocasses au niveau personnel, entre les préparatifs d’un mariage pour l’un et une relation un brin compliquée avec la fille d’un suspect – ayant malencontreusement passé l’arme à gauche à cause de [spoilers]. Ce qui nous donne un cahier des charges ô combien chargé. Perdus par la tournure de cette tuerie 2.0 et d’une collusion involontaire avec le milieu de la drogue (merci futur beau-padre de Bullit), notre duo principal navigue à contre-courant, ce qui fait indéniablement leur force comique. Connaissant Richard et Douglas sur le bout des doigts, Kad et Olivier trouvent rapidement leur vitesse de croisière à bord de leur Fuego. Leur alchimie ainsi que leur sens de la connerie sont sans nul doute l’atout charme de Pamela Rose, la série.

Multipliant les pistes et les cliffhangers comme des petits pains, le show s’enfonce consciemment dans une toile scénaristique faussement farfelue, où les storylines se croisent et s’entrecroisent pour former un beau bordel qui – dans l’ensemble tient malgré tout étonnamment la route. Car si le résultat est inégal, la qualité des vannes et la trajectoire de certains personnages (en particulier la nouvelle génération d’agents, en dépit de la prestation de Shirine Boutella et Payanotis Pascot) n’étant pas du même acabit, cet imbroglio au sein du world wide web et ses conséquences amènent à une finalité qui a du potentiel – et à quelques fulgurances. Retenons parmi les bonnes trouvailles une utilisation maline des ‘guest-stars’ avec les présences remarqués d’un Jonathan Lambert en voisin plutôt louche et d’un Jonathan Cohen en Pape cachant un petit secret.

On sent clairement que nos joyeux drilles devant et derrière la caméra se sont amusés, un plaisir communicatif aidant à faire passer les petits coups de mous de cette enquête dans le monde des « yeuteubeurs ». En résulte un sympathique bonus pour les amateurs de l’humour de Kad et Olivier et de l’univers de Pamela Rose, ouvrant une nouvelle page de leur histoire sur Canal +. Y aura t-il une deuxième saison ? Seul l’avenir le dira mais la conclusion de cette salve de neuf épisodes sème les graines d’un prochain chapitre synonyme de galère sans nom pour Bullit et Riper, décidemment dans la mierda.

Kad Merad et Olivier Baroux ressortent de leur sombrero Bullit et Riper, poursuivant l’aventure Pamela Rose via une série en bonne et due forme, se servant des codes télévisuels pour donner une nouvelle raison d’être à nos trublions du FBI. Et devinez queuwa ? en dépit des apparences ces derniers ne sont pas trop vieux pour ces conneries.

© Canal +

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