Après avoir porté plusieurs fois des œuvres d’Harlan Coben, TF1 mise désormais sur Franck Thilliez pour sa case fiction avec une création originale basée sur son roman Syndrome E. Une adaptation réalisée par Laure de Butler, comprenant au casting Vincent Elbaz, Jennifer Decker, Emmanuelle Béart, Michèle Bernier, Kool Shen, Bérengère Krief, Dominique Blanc, Richard Bohringer, Anne Charrier, Samy Seghir, Marius Colucci, Diong-Keba Tacu et qui nous fait suivre le flic bourru Franck Sharko et la lieutenante de la BAC Lucie Hennebelle, devant travailler de concert sur une sombre affaire…

© Escazal Films

Si l’univers de Franck Thilliez s’est déjà étendu dans le milieu du septième art avec La Chambre Des Morts, mis en scène par Aflred Lot en 2007, c’est la première qu’un roman de l’auteur se développe sur la petite lucarne. Et pour s’y faire, TF1 a choisi d’adapter Syndrome E, ce qui est symbolique dans le sens où l’ouvrage marque la première enquête commune des deux personnages phares de ce dernier à savoir Franck Sharko et Lucie Hennebelle. Un événement marquant pour les amateurs de l’écrivain, cette rencontre marquant une nouvelle étape dans sa bibliographie lors de sa sortie en 2010. Dans ce sens, il n’est pas étonnant de savoir pourquoi la productrice Sophie Revil, à l’œuvre sur Les Petits Meurtres d’Agatha Christie pour France 2, à jeté son dévolu sur cet épisode particulier. Il y a en effet du potentiel pour lancer une marque tournant autour de ces deux héros, qui depuis se sont croisés à de multiples reprises – dans Gataca, Atomka, Angor, Pandemia, Sharko ou encore Luca.

D’ailleurs, à l’occasion de la présentation de la série au festival Séries Mania, il a été confirmé qu’une deuxième saison était déjà en cours d’écriture et que celle-ci se centrera sur Atomka, de quoi confirmer que la galaxie Thilliez est en plein essor du côté de la chaîne privée. Mais que penser de ce point de départ qu’est Syndrome E, dont les deux premiers épisodes (sur six au total) ont été dévoilés en exclusivité ? Si elle respecte dans les grandes lignes – à première vue – l’intrigue tissée par l’écrivain, la série a pourtant du mal à réellement décoller et trouver son rythme, malgré des efforts pour que le public soit saisit par la noirceur propre à cette investigation flirtant avec le mystique. Ce qui donne lieu à un polar se voulant déstabilisant, jouant sur sa dimension borderline, où l’horreur et le fantastique ne sont jamais très loin. Au programme, une présentation plutôt respectueuse de ces âmes damnées que sont Franck Sharko et Lucie Hennebelle, marqués par les épreuves professionnelles et personnelles, devant réussir à mettre de côté leurs démons pour rester concentrer sur leurs objectifs, qui tendent à une cause commune.

Entre la disparition inquiétante d’enfants, une mystérieuse bobine de film dont la vision provoque des effets pour le moins indésirables ou encore la découverte de cadavres dans un bien sale état notre duo d’enquêteurs à fort à faire et la coopération n’est pas de trop. Multipliant les pistes, ces deux premiers chapitres préparent le terrain à une histoire dépassant les frontières du réel, l’ombre d’une machination bien orchestrée se révélant petit à petit. Officiant à l’écriture, le scénariste Mathieu Missoffe essaye de s’approprier le style Thilliez, cherchant à appuyer l’aspect thriller de l’intrigue, ce qui aurait pu parfaitement fonctionner si l’on ne sentait pas venir de très loin les retournements de situations destinés à nous laisser pantois, à nous faire frissonner. Un manque de subtilité, qui pâtit à la qualité générale de Syndrome E, du moins au terme de ces deux épisodes. Heureusement, nous pouvons compter sur l’expérience de Laure de Butler pour que la mise en scène aide à faire passer la pilule , la réalisatrice trouvant dans l’horreur de quoi bousculer quelque peu l’ordre établi des choses, se servant de plans furtifs pour tenter de provoquer le malaise et alourdir l’atmosphère ambiante.

Niveau direction d’acteurs, même si les différences de niveau de jeu de certains pourront parfois agacer car l’homogénéité est loin d’être au rendez-vous, soulignons tout de même que le tandem central, formé par Vincent Elbaz et Jennifer Decker, de la comédie française, sort du lot, les comédiens arrivant à dépasser les quelques faiblesses d’écriture pour donner un minimum de corps à Franck Sharko et Lucie Hennebelle. Ce qui est un bon point, d’autant plus lorsque l’on sait que nos têtes d’affiches sont parties pour tracer leur sillon sur TF1 avec ces personnages.

Si l’on apprécie l’atmosphère semi-horrifique instillée par la mise en scène inspirée de Laure de Butler, Syndrome E débute malgré tout sur des fondations quelques peu bancales, le scénario mettant de gros sabots pour ménager le suspense et tenir le spectateur en haleine. Reste le duo Vincent Elbaz/Jennifer Decker – et quelques seconds rôles – pour que l’enquête ne patine pas. Il y a une certaine ambition, du moins visuellement, mais les pièces ne s’assemblent pas aussi fluidement qu’espéré. Affaire à suivre donc.

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