Deux ans après Les Invisibles, Louis-Julien Petit fait son retour derrière la caméra pour La Brigade, qui comprend au casting Audrey Lamy, François Cluzet, Chantal Neuwirth, Fatoumata Kaba ou encore Jean-Védas Mata Nzadi. Présenté en avant-première lors de la vingt-deuxième édition de l’Arras Film Festival, le long-métrage se centre sur Cathy Marie, une passionnée de cuisine voyant son rêve de diriger son propre restaurant se désagréger à petit feu…

Continuant à tracer son sillon dans le cinéma social, Louis-Julien Petit s’attèle à nous mijoter un bon petit plat à base d’ingrédients ayant déjà fait leur preuve, à savoir une cuillérée de légèreté accompagnée d’un soupçon d’émotion, sans oublier une rasade de bons sentiments. Une recette dont on connaît le goût et l’odeur, mais qui a tout de même de quoi faire frétiller les papilles – donnant lieu à un moment de convivialité et de partage pour ceux appréciant déguster ce genre de mets.

Fidèle à ses principes, le réalisateur met en lumière des parcours de vie par le biais d’une démarche réaliste, s’inspirant de faits divers pour élaborer ses sujets et témoigner d’un quotidien où l’adversité est de mise. Avec La Brigade, ce dernier se confronte aux difficultés inhérentes à l’intégration, ancrant son long-métrage au sein d’un foyer pour jeunes migrants, afin de souligner le courage de ces pensionnaires et de leurs encadrants – devant se retrousser les manches pour espérer à un meilleur avenir. Pour mener à bien cette réflexion, Louis-Julien Petit s’est entouré de Liza Benguigui, Sophie Bensadoun ainsi que de Thomas Pujol, qui ont concocté un scénario s’articulant autour des valeurs de l’entraide et de la transmission, pour une comédie dramatique qui ne manque pas de saveur. Au menu, le parcours de Cathy Marie, cuisinière hors-pair voyant sa carrière derrière les fourneaux être mise à mal à la suite d’un différend avec sa cheffe, point d’entrée d’une reconversion qui va être synonyme d’évolution personnelle et professionnelle pour le jeune femme.

Devant repartir de zéro, notre protagoniste principale, qui se rêvait à la tête de son propre établissement, se retrouve à accepter à reculons un poste de cantinière dans un foyer – où la gastronomie est loin d’être une priorité. Tout d’abord peu disposée à s’accommoder à son nouvel environnement, entre une structure disposant de peu de moyens pour tenir debout et des jeunes dont elle ne pensait pas avoir la charge, Cathy Marie va devoir apprendre à mettre son ego de côté pour avancer et rebondir. Une trajectoire ascendante qui s’effectuera grâce au contact du personnel du foyer mais surtout de ses occupants, enfants, adolescents et adultes se tendant mutuellement la main pour marcher côte à côte. Suivant un schéma certes classique, La Brigade n’en reste pas moins un film optimiste et humaniste qui met du baume au cœur, cette histoire de partage nous démontrant que malgré les épreuves et les coups du sort, se serrer les coudes peut avoir du bon.

Au travers l’art culinaire et son apprentissage, naît un esprit de cohésion amenant chaque personnage à apercevoir cette lueur d’espoir salvatrice, apportant un contrepoids à une existence emmaillée de sombres évènements. Un point qui n’est pas oublié par le scénario, qui rappelle à raison au spectateur que la situation de ces jeunes ayant dû fuir leur pays d’origine est on ne peut plus précaire, au gré notamment d’une séquence finale tout en sensibilité. Ce que l’on retient avant tout de ce moment de fraternité est le sourire de tous ces acteurs non professionnels interprétant cette fameuse brigade au cœur du film, leur sincérité de jeu étant un point fort (avantage à GusGus, véritable mascotte du métrage). Pour les accompagner, Audrey Lamy et François Cluzet, qui forment un duo complémentaire, la première étant attachante dans le rôle principal tandis que le second se démarqué par sa bienveillance et sa sagesse dans la peau du directeur du foyer, se démenant pour cette jeunesse désemparée.

Avec La Brigade, Louis-Julien Petit nous livre une comédie sociale comme toujours engagée, oscillant entre légèreté et douceur pour délivrer un message de fraternité dans un quotidien où l’adversité est de mise, notamment au travers la thématique de l’immigration et de l’intégration, pour une oeuvre bienveillante portée par une distribution investie.

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