Pour son premier long-métrage, intitulé Les Amours d’Anaïs, la réalisatrice Charline Bourgeois-Tacquet s’entoure d’Anaïs Demoustier, Valeria Bruni Tedeschi et Denis Podalydès, évoquant l’amour à travers les pérégrinations sentimentales d’Anaïs, une trentenaire croquant la vie à pleine dents…

Avec Les Amours d’Anaïs, Charline Bourgeois-Tacquet nous livre une comédie romantique teintée d’existentialisme qui, si elle traite de thématiques vues et revues, se révèle tout de même rafraîchissante, la réalisatrice mettant du coeur à l’ouvrage pour que les turpitudes de son héroïne soient un minimum digne d’intérêt, notamment grâce à l’instauration d’une atmosphère aérienne et la prestation solaire de sa distribution.

À l’image de son personnage éponyme, qui se retrouve submergée par un torrent d’émotions, le long-métrage se cherche et tente par divers moyens à se stabiliser pour aborder ses thématiques, à savoir la puissance ravageuse du désir et la difficulté à trouver sa voie. Officiant à l’écriture, Charline Bourgeois-Tacquet synthétise les problématiques qu’elle souhaite développer par le biais d’un scénario s’apparentant à un voyage intimiste aux allures de quête initiatique, où l’amour et ses petites contrariétés viennent jouer les troubles fêtes.

Nous suivons ainsi Anaïs, une trentenaire vivant à cent à l’heure, semblant toujours courir après le temps son vélo à la main. Virevoltant à droite et à gauche, la jeune femme arrive à une étape de sa vie où elle devrait savoir ce qu’elle veut. Si, dans la sphère professionnelle, notre doctorante en lettres semble hésitante quand au chemin à emprunter pour son avenir, dans le cercle privé, son esprit libertaire lui donne le loisir de s’épanouir. Sans attaches, notre héroïne profite des occasions qui se présente à elle sans se prendre la tête, du moins le pense t-elle. Cette décomplexion, mot d’ordre de son quotidien, va l’emmener à une relation avec un homme plus âgé et surtout marié. Une trame mamheureusement classique, qui dessert d’ailleurs quelque peu la première partie du film – malgré le soin porté à l’écriture.

En prenant par la suite le parti de modifier les règles du triangle amoureux, Les Amours d’Anaïs s’affirme, Charline Bourgeois-Tacquet trouvant la tonalité adéquate pour nous emporter dans ce tourbillon sentimental, qui oscille entre légèreté et intensité. De sa relation avec son amant d’éditeur, notre protagoniste principale va porter son regard sur sa femme, Emilie, une célèbre auteure et se retrouver irrémédiablement attirée par cette figure féminine. S’engage alors un tango à trois alors que l’indomptable Anaïs quitte la capitale pour s’aventurer sur la côte bretonne pour approcher le nouvel objet de son désir. De ce jeu de séduction tantôt décalé tantôt delicat, la réalisatrice met en place une réflexion sur la vie en couple et le pouvoir – parfois destructeur – de la passion, avec comme point d’orgue un dernier acte tout en sensibilité venant achever sur une note symbolique cette aventure romantique et romanesque, ouvrant l’horizon de notre héroïne.

S’il n’est pas sans défauts, avec un scénario balbutiant avant de trouver son équilibre, Les Amours d’Anaïs n’en reste pas moins une comédie romantique pétillante qui bénéficie d’une réalisation lumineuse et de la prestation solide de son trio principal, en particulier Anaïs Demoustier, rayonnante dans ce rôle de femme libre taillé sur mesure par Charline Bourgeois-Tacquet – avec qui elle avait collaboré sur le court-métrage Pauline Asservie.

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