Trois ans après The Witch : 1ère partie. Subversion, Park Hoon-jung fait son retour derrière la caméra avec Night in Paradise, qui comprend au casting Eom Tae-goo, Jeon Yeo-bin, Cha Seung-Won, Lee Ki-young, Park Ho-san, Cho Dong-in ou encore Hyun Bong-sik et nous fait suivre un truand en exil forcé sur l’île de Jeju suite à une tragédie personnelle…

Avec Night in Paradise, Park Hoon-jung nous livre un film noir jouant avec plus ou moins d’efficacité avec les contrastes, pour un drame sanglant où la violence se conjugue à l’introspection sur l’autel de la vengeance.

Officiant aussi bien à la réalisation qu’au scénario, Hoon-jung s’affaire à démontrer que l’on ne peut échapper à son destin, aussi funeste soit-il, surtout quand celui-ci est lié au grand banditisme. Naviguant en eaux troubles, l’intrigue du long-métrage nous plonge dans le milieu de la mafia japonaise, où jeux de pouvoirs sont monnaie courante, menant à son lots de conflits en bandes rivales. C’est dans cet univers poisseux que nous retrouvons Tae-gu, un truand en pleine ascension qui va se retrouver en pleine tourmente à la suite d’un tragique accident impliquant des membres de sa famille. Un évènement douloureux allumant la mèche et mettant le feu aux poudres, départ d’un incendie ravageant tout sur son passage.

Peu enclin à faire dans la demi-mesure, Night in Paradise se veut une odyssée meurtrière en clair-obscur, l’insatiable soif de sang de notre anti-héros le menant sur un chemin où la seule issue est la mort. Si les codes du genre sont respectés voir même quelques peu exagérés, avec certains personnages caricaturaux parmi nos gangsters de même qu’une appétence un peu trop prononcée pour l’hémoglobine, notons que le long-métrage ne se contente pas d’enchaîner les attendus, l’intérêt de cette quête vengeresse résidant non pas dans l’action mais dans la réflexion. Ce cycle infernal de violence s’entrecoupe en effet de moments d’évasion et d’intimité, rendus possible par la décision de changer de cadre et d’exiler notre protagoniste principal. Ainsi, si les actions de Tae-gu entraînent une réaction en chaîne à Tokyo, ce dernier s’exile sur l’île de Jeju, faisant office de purgatoire pour notre homme.

Alors que le spectre de la grande faucheuse se fait de plus en plus ressentir, apprécions l’escapade offerte par ces instants de dépaysement, qui servent de moteur à une introspection sur la violence et ses conséquences sur soi mais également sur les gens qui nous entourent alors que nous est introduite Jae-yon, nièce de l’hôte hébergeant notre truand. La relation du tandem, que tout oppose au premier abord, fait bifurquer le film vers un autre chemin, plus émotionnel et cela fonctionne. Grâce à l’alchimie d’Eom Tae-goo et Jeon Yeo-bin, nous assistons avec attention au rapprochement de ces âmes en peine, affrontant de manière diamétralement différente leur deuil et leur rapport à la mort. Un parcours en parallèle que l’on se plaît à suivre et qui donne lieu à de belles séquences poétiques, qui dénotent dans ce monde brutal où la cruauté est légion.

Cette antithèse entre la vie et le trépas trouve d’ailleurs son apogée dans un dernier acte barbare où Park Hoon-jung prend un plaisir sadique à annihiler l’once d’espoir précédemment distiller, pour un bain de sang qui ne laissera pas indifférent. Une ambivalence qui est présente dans la mise en scène du réalisateur, qui oscille entre viscéralité et sensibilité, entre ombre et lumière – avec un soin particulier porté aux paysages une fois installés à Jeju.

S’il ne sort pas des entiers battus, Night in Paradise n’en reste pas moins un film noir plus ou moins convaincant, qui fonctionne dès lors qu’il prend ses distances avec la violence pour apporter de la nuance et une douce lumière dans un univers des plus obscurs, permettant au duo Eom Tae-goo/Jeon Yeo-bin, complémentaire, de nous embarquer dans leurs états-d’âmes.

© Netflix

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