Un an après La Terre Et Le Sang, le réalisateur Julien Leclercq est de retour derrière la caméra avec Sentinelle, réunissant au casting Olga Kurylenko, Marilyn Lima, Michel Nabokov, Carole Weyers, Martin Swabey ou encore Andrey Gorlenko et nous faisant suivre le parcours de Klara, interprète dans l’Armée Française se retrouvant mutée à Nice au sein de l’Opération Sentinelle, un retour au pays qui va rapidement basculer vers le drame…

Avec Sentinelle, Julien Leclercq continue de tracer son sillon sur la plateforme Netflix avec à la clé un nouvel actioner dispensable, se contenant de cumuler les attendus du genre en mode pilote automatique au lieu de tenter d’y insuffler du sang neuf, pour un résultat décevant.

Malgré le titre du film, la dimension militaire n’est pas le sujet majeur de l’intrigue, malgré une introduction faisant croire le contraire. S’intéresser au difficile retour d’une soldate traumatisée suite à une mission ayant mal tournée à l’étranger avait un certain potentiel, de même que de mettre sur le devant de la scène l’Opération Sentinelle et son mode de fonctionnement mais Julien Leclercq et son co-scénariste Matthieu Serveau ont préféré changer leur fusil d’épaule en cours de route. Ainsi, alors que l’on pensait que les troubles psychologiques de Klara et sa santé mentale allaient être au cœur des enjeux, le scénario préfère s’orienter vers un rape and revenge peu inspiré, qui empile poncifs et facilités.

Un choix artistique dommageable, car annihilant tout espoir de nuance, de réflexion alors que le sujet s’y prêtait avec le stress post-traumatique du personnage principal, qui est bien entendu esquissé mais balayé d’un revers de la main après deux séquences, qui auraient pu amorcer une analyse sur ces blessures de l’âme de ces hommes et ces femmes assurant la protection des populations au péril de leur vie. Hélas, Sentinelle vise un objectif bien plus modeste, faisant fi de toute profondeur pour suivre un cahier des charges vu et revu. Ainsi, cette mutation vers la ville de son enfance va être l’occasion pour Klara de renouer avec ses proches, sa mère et sa soeur, pour des retrouvailles chaleureuses mais de courte durée.

Victime d’une agression violente, la cadette de la famille va finir à l’hôpital, élément perturbateur qui va lancer notre héroïne dans une quête vengeresse où tous les coups sont permis. Abusant de son statut pour obtenir armes et informations, la sentinelle se lance dans une expédition punitive, voulant obtenir justice pour sa sœur. Si dans un sens l’idée de mettre une actrice dans ce rôle aurait pu être intéressant et apporter un semblant de vent frais, malheureusement le scénario ne suit pas, se contentant de bien peu pour séduire les amateurs de castagnes. Sans une once de subtilité, Olga Kurylenko – qui est convaincante dans les diverses séquences d’action mais peinant à être crédible quand l’émotion doit être au programme, ce qui n’est pas entièrement de son ressort, l’écriture et la direction d’acteurs étant en cause – se lance corps et âme dans la recherche des coupables.

Si Sentinelle à l’avantage d’être relativement court, difficile tout de même de ne pas trouver le temps long malgré quelques soubresauts dus à des séquences d’échauffourées venant sortir le spectateur de sa torpeur. De ce côté, retenons la mise en scène de Julien Leclercq qui, s’il ne propose rien d’exceptionnel fait le job avec une action lisible. Au milieu de cette soif de vengeance brutale, se croisent des policiers au flair peu développé, des collègues militaires peu avisés mais surtout des ennemis ô combien clichés, mention spéciale à Michel Nabokov, qui campe un méchant diplomate russe vraiment très méchant.

Avec Sentinelle, Julien Leclercq nous livre un actioner lambda qui repose sur des bases trop faibles pour se démarquer des propositions actuelles du genre, ratant sa cible en se concentrant sur une quête vengeresse suivant un schéma bateau, le tout pour un divertissement peu recommandable car aussitôt vu aussitôt oublié.

© Netflix

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