Sept ans après Strech, Joe Carnahan fait son retour derrière la caméra avec Boss Level, qui comprend au casting Frank Grillo, Naomi Watts, Mel Gibson, Annabelle Wallis, Ken Jeong, Will Sasso, Selina Lo, Meadow Williams ou encore Michelle Yeoh et nous fait suivre la routine sanglante de Roy Pulver, un ancien agent de la Delta Force revivant sans cesse la même journée….

Avec Boss Level, Joe Carnahan renoue avec son genre de prédilection à savoir l’actioner bourrin et décomplexé où, sous couvert de fun, les coups pleuvent et les morts s’enchaînent, ici sous un angle vidéoludique qui ne manque pas d’atouts.

Un divertissement emprunt de coolitude qui s’amuse avec une thématique qui est décidément à la mode en ce moment, celle de la boucle temporelle. Le hasard du calendrier fait que les projets tournants autour de personnages bloqués dans un espace-temps réduit s’accumulent (Palm Springs, The Map of Tiny Perfect Things) mais fort heureusement ceux-ci s’avèrent complémentaire dans leur exploration de ce sujet. Si, contrairement aux deux films précités, Boss Level reste à la surface du concept, son scénario étant de facture classique, cela ne lui empêche pas de proposer un divertissement régressif, un point rendu possible par le soin porté avant tout à son aspect formulatique dérivé du monde du jeu-vidéo.

L’hommage aux ‘Beat Them All’, que ce soit Street Fighter – ouvertement référencé – et aux titres cultes de bornes d’arcade, transpire dans chaque pore du long-métrage, qui repose sur les tropes propres à cet univers pixelisé. Avec ce format, Joe Carnahan et ses co-scénaristes Chris et Eddie Borey, s’éclatent à faire souffrir leur protagoniste principal à travers un jeu de massacre pas piqué des hannetons. Ici le but n’est pas à l’explication mais à l’action, l’intrigue nous mettant directement dans le bain, évitant de théoriser sur les notions de science-fiction présentes à l’écran. Ainsi, le rôle premier de Boss Level est de faire avancer Frank Grillo vers la mort en toute décontraction, l’acteur campant un ex-Delta Force vivant encore et encore une journée infernale. Et pour cause, ce dernier doit faire face à un groupe d’assassins et ce dès le petit-déjeuner.

À un rythme soutenu, le film suit ce cher Roy Pulver (Grillo) dans une partie qui est loin d’être gagnée, notre malheureux héros enchaînant les ‘game over’ à une vitesse folle. De cette succession d’échecs, qui se soldent par des décès tantôt violents, tantôt loufoques réside l’intérêt de ce jour sanglant – sans fin, qui fonctionne grâce à l’utilisation de ces codes vidéoludiques que l’on connaît par cœur. Notre personnage badass à souhait recommence à l’infini ce niveau perpétuel qu’est devenu son existence et l’on se plaît à découvrir de quelle manière celui-ci passe l’arme à gauche, les possibilités étant multiples. Pour éviter la redondance, qui pointe le bout de son museau à un moment, des indices nous sont données sur le pourquoi et le comment de la situation de Pulver, ce qui permet au scénario de s’étoffer un minimum dans sa seconde partie.

Cette rencontre incessante avec la grande faucheuse, qui prend le visage de cette bande de tueurs implacables, prend de ce fait un autre élan alors qu’entrent en scène notamment Naomi Watts et Mel Gibson, ce qui permet d’ajouter des joueurs et de dévoiler de nouveaux enjeux. Ainsi, famille et apocalypse s’entremêlent dans cette course contre la mort, dans l’optique d’ajouter une dimension plus profonde à Boss Level mais cela altère la qualité de l’ensemble, avec un ton oscillant entre humour noir et sérieux, ne sachant plus sur quel pied danser au final. On ressent les hésitations de Joe Carnahan à trouver le ton approprié pour traiter son sujet aussi bien dans l’écriture, que dans la réalisation avec une mise en scène au départ enlevée et énergique, servant le propos du film et épousant le délire de ce ‘beat them all’ – même si certains effets spéciaux laissent à désirer – puis se montrant plus consensuelle en fin de partie, comme si on avait fait le tour du sujet aussi bien dans le fond sur la forme.

Question casting, si Mel Gibson – et son fidèle cigare – de même Naomi Watts viennent cachetonner, Frank Grillo de son côté donne le change et s’investit dans ce projet, sa partition étant le deuxième atout du long-métrage, l’acteur sachant se montrer tout à tour flegmatique, désabusé, déterminé. Côté seconds-rôles, si l’on regrette la sous-utilisation de Michelle Yeoh dont la présence se limite à un caméo de luxe, retenons les prestations de Selina Lo alias Guan-Yin, qui a su se démarquer parmi la caste d’assassins que comprend Boss Level.

Avec Boss Level, Joe Carnahan nous convie a un divertissement alliant action et science-fiction, s’aventurant en terrain vidéoludique pour un délire chaotique invoquant l’esprit d’Un Jour Sans Fin. Si elle ne marquera pas les esprits, cette partie explosive – portée par un Frank Grillo donnant de sa personne – offre un petit moment de détente, idéal pour une soirée entre amis.

© Metropolitan FilmExport

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