Après avoir proposé au public un nouveau montage de son œuvre culte Irréversible – sous-titré Inversion Intégrale et retraçant les événements tragiques du film de manière chronologique – puis avoir sorti Lux Æterna, moyen-métrage porté par le tandem Charlotte Gainsbourg/Béatrice Dalle, le réalisateur Gaspar Noé clôt cette année 2020 avec un projet atypique lié à l’univers de la mode. S’amusant à être là où on ne l’attend pas, le trublion du cinéma français vient en effet de mettre en scène un court-métrage présentant la dernière collection de la maison Yves Saint-Laurent, intitulé Summer Of ’21.

Habituée à mettre en valeur leurs nouvelles créations à travers des défilés et vidéos promotionnelles, la célèbre marque spécialisée dans la haute-couture joue la carte de l’originalité en s’associant à Gaspar Noé pour nous exposer la future collection printemps-été 2021 sous un angle différent de la première révélation, qui avait eu lieu dans le désert en Afrique du Nord. Une idée venant du directeur artistique de YSL en personne, Anthony Vaccarello permettant de personnifier cette « essence des choses » qui caractérise son inspiration pour cette ligne de vêtements.

Le styliste et le réalisateur ont ainsi pu donner libre cours à leur imagination avec ce court-métrage où plane un doux parfum d’ésotérisme, pour ce qui s’apparente à un hommage évident au giallo, où horreur et érotisme se mêlent à une photographie aux couleurs criardes pour un résultat perturbant et surtout envoûtant. Nous propulsant tout d’abord dans un domaine où les arbres et leurs ombres s’entremêlent puis dans l’enceinte théâtre où règne une atmosphère lugubre, Gaspar Noé s’empare du genre de prédilection de Dario Argento et nous convie à un exercice de style léché avec réalisation travaillée, mettant en lumière – dans des teintes rouge sang – les différents modèles de la maison de couture, que les connaisseuses et connaisseurs reconnaîtront peut être (Anok Yai, Antonia Przedpelski, Assa Baradji, Aylah Mae Peterson, Clara Deshayes, Grace Hartzel, Kim Schell, Mica Arganaraz, Miriam Sanchez, Sora Choi et Stefania Cristian) tandis que les cinéphiles seront ravis de voir Charlotte Rampling prendre part à cet ovni visuel en incarnant une prêtresse pour le moins énigmatique.

En près de huit minutes, Gaspar Noé nous embarque avec sa patte habituelle dans un univers iconoclaste, le tout au son de la reprise de I Feel Love de Donna Summer chantée par l’artiste SebastiAn pour ce qui se révèle être un résultat surprenant et enivrant. Une curiosité hypnotique que nous voulions vous faire partager, de quoi terminer l’année sur une note d’étrangeté.

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