[Critique] Un Vrai Bonhomme, sous influences

Sept ans après près son court Ce N’est Pas Un Film De Cow-Boys, le réalisateur et scénariste Benjamin Parent (Les Grands, Mon Inconnue) passe derrière la caméra pour son premier long-métrage intitulé Un Vrai Bonhomme, qui comprend au casting Thomas Guy, Benjamin Voisin, Isabelle Carré, Laurent Lucas, Nils Othenin-Girard et Tasnim Jamlaoui. Présenté en avant-première lors de la vingtième édition de l’Arras Film Festival, le long-métrage se centre sur Tom, un adolescent timide et sensible qui va faire son entrée dans un nouveau lycée et essayer de s’intégrer sous les conseils de son frère Léo…

UnVraiBonhomme

© Ad Vitam

Avec Un Vrai Bonhomme, Benjamin Parent s’empare du teen-movie et des ses codes pour l’agrémenter d’une dose de sensibilité par le biais du drame.

Le scénario du long-métrage, qu’il a co-écrit avec Théo Courtial, nous embarque donc dans un rite de passage connu des films pour adolescents à savoir l’arrivée dans un nouvel établissement, impliquant de trouver sa place parmi cet écosystème qui peut se montrer impitoyable. Entre choisir les bonnes personnes à fréquenter et s’épanouir dans un environnement inconnu, tels sont les questionnements de Tom, figure centrale du film, qui va pouvoir compter sur la présence de son grand frère et modèle, Théo. Cette relation fraternelle, tantôt fusionnelle tantôt conflictuelle est le coeur d’Un Vrai Bonhomme et l’angle privilégié pour traiter de ce lien particulier fonctionne particulièrement en évitant d’en faire un ressort dramatique majeur au niveau de l’intrigue, les scénaristes ne perdant pas de temps à dévoiler leurs cartes et leurs retournements de situations pour mieux analyser les troubles inhérents à leur personnage principal.

Le passage en revue de la trame classique teen-movie se voit donc plus intéressante à suivre puisque entre les problèmes d’intégrations, liés le plus souvent à la masculinité toxique ambiante, sans oublier les amitiés et amours naissants, le spectre de cette figure imposante qu’est Léo ainsi que son influence permet d’ajouter un point de vue à la fois extérieur aux événements mais aussi intérieur de part sa relation singulière avec son frère, impliquant une réflexion plus poussée de la psyché de ce dernier. C’est ce petit plus qui fait le sel du long-métrage, l’alchimie entre Thomas Guy et Benjamin Voisin, tout deux excellents dans leur rôle respectif, aidant à mettre le spectateur en empathie avec l’histoire au centre de l’intrigue. Notons également l’attachement que l’on peut avoir pour JB, la caution humour du film, avec ses répliques décalées et ultra-référencées, avec Nils Othenin-Girard que l’on retrouve avec plaisir dans la peau de ce meilleur ami en devenir, après l’avoir dans Simon Et Théodore de Mikael Buch.

Cette thématique des errements adolescents et renforcée par une touche de sensibilité. Sans jouer sur le mélo-dramatique, Benjamin Parent et Théo Courtial évoquent avec pudeur la question du deuil en se concentrant sur le poids du chagrin porté par ceux touchés par la perte d’un proche. Perdus entre l’envie et la peur d’avancer, les membres de la cellule familiale tentent à leur manière de surmonter cette épreuve et cela se communique différemment aussi bien du côté des enfants que des parents, ici incarnés par Isabelle Carré et Laurent Lucas livrant chacun une partition tout en retenue.

La réalisation de Benjamin Parent parvient à jouer avec son sujet et ce dernier se montre inspiré dans ses choix de mise en scène concernant les interactions entre les deux frères, on pense notamment à la séquence de danse, celle de la course ou encore celle de l’arrivée « héroïque » de Léo pour venir au secours de son cadet. D’ailleurs en parlant de cet aspect précis, la pop-culture joue également un rôle avec des clins d’œil visuels et scénaristiques, distillés à bon escient. Quant à la psychologie des personnages, celle-ci est aussi appuyé via des plans renforçant l’instabilité émotionnelle des uns et des autres et plus particulièrement Tom. La mise en scène participe à notre intérêt pour le long-métrage et y ajoute un certain cachet.

Passage derrière la caméra convaincant pour Benjamin Parent qui, avec Un Vrai Bonhomme, aborde sous le prisme du teen-movie l’affirmation de soi avec un regard pertinent sur la masculinité toxique propre au genre et surtout à l’acceptation du deuil, pour un résultat plaisant.   

Une réflexion sur “[Critique] Un Vrai Bonhomme, sous influences

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