[Critique] Ad Astra, examen de conscience

Deux ans après The Lost Of City Of Z, le réalisateur James Gray s’attaque à un nouveau genre, la science-fiction, avec Ad Astra, son nouveau long-métrage comprenant au casting Brad Pitt, Liv Tyler, Tommy Lee Jones, Ruth Negga et Donald Sutherland et nous emmenant dans l’espace pour une mission à haut risque aux confins de l’univers :

Avec Ad Astra, James Gray s’approprie le genre de la science-fiction pour y infuser sa thématique phare à savoir l’analyse de la cellule familiale, pour un résultat onirique.

Le scénario du long-métrage, co-écrit par Gray et Ethan Gross, se veut une odyssée spatiale mêlant l’intime au grand spectacle, le tout à un rythme invitant à l’introspection. Cette aventure à deux échelles se joue aussi bien au niveau de l’intrigue que de la réalisation.
Nous amenant dans un futur proche, Ad Astra reprend les codes du film catastrophe et l’associe à la S-F pour introduire cette mission de la dernière chance pour la Terre et ses habitants. Se jouant de ce sentiment d’urgence qu’implique une possible éradication de la planète, les scénaristes s’en éloignent la plupart du temps pour sonder la psyché de son personnage principal, interprété par Brad Pitt.

L’acteur est l’atout majeur du long-métrage, le portant clairement sur ses épaules avec sa prestation toute en intériorité dans la peau de l’astronaute Roy McBride. Le laconisme de ce dernier renforce l’aspect émotionnel de ce voyage vers l’infini et l’au-delà, ainsi l’utilisation de la voix-off aurait peut-être gagné à être atténuée, le spectateur comprenant les tourments de l’homme.
Ad Astra est avant tout un examen de conscience, que magnifie le cadre spatio-temporel choisi. La froideur et l’immensité du système solaire reflète parfaitement l’état d’esprit de McBride. Si la mission dans laquelle il est engagé est d’ordre mondial, pour lui celle-ci est avant tout personnelle, se traduisant par la quête du père. L’ombre de ce géniteur, incarné par un Tommy Lee Jones implacable, sur la vie de son fils n’a cessé de peser sur ces décisions et ses choix de carrière. L’exploration, essentielle pour les McBride, quitte à délaisser ceux qu’ils aiment, va au final servir de prisme à l’introspection et refléter les états-d’âmes des deux hommes. Roy est t-il le portrait craché de son paternel ? Peut-il sortir de son orbite et trouver un réel sens à sa vie ?

James Gray souligne les interrogations de ce fils en quête de réponses avec sa réalisation, s’amusant avec les différentes échelles de grandeur, perdant son héros dans des décors gigantesques, ce que l’ancrage dans l’espace peut facilement permettre. Minuscule face à l’étendue qui s’offre à lui, McBride est à taille humaine lorsqu’il s’égare dans ses pensées, la caméra restant au plus près de lui, permettant à Brad Pitt de montrer toute la subtilité de sa performance. La mise en scène, tout en apesanteur, se montre de temps à autres plus nerveuse lors des séquences d’action, parfaitement lisibles, permettant de casser ce rythme apathique. Ajoutons à cela une direction soignée de la photographie, agrémentant le long-métrage d’une aura à la limite de l’onirisme.

Apposant sa patte sur l’univers de la science-fiction, James Gray offre avec Ad Astra une odyssée de l’espace singulière, riche de son analyse des rapports humains, lui permettant de creuser une fois de plus les notions de famille et d’héritage. Porté par un excellent Brad Pitt tout en nuances, le long-métrage réussit à nous embarquer dans ce voyage introspectif à travers les confins de la galaxie, même si l’on doit reconnaître que certaines longueurs amenuisent quelque peu la puissance émotionnelle de l’ensemble. 

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