Fort de la fréquentation record de l’an dernier, qui aura pu compter sur la présence de 55 000 spectateurs, c’est galvanisé que l’équipe de l’Arras Film Festival a planché sur la programmation de sa vingt-septième édition, avec l’espoir de poursuivre sa croissance. Lors de la traditionnelle conférence de presse de l’événement Eric Miot, son délégué général, a levé le voile sur ce qui attendra le public du 6 au 15 novembre, où les projections seront légions entre avant-premières, compétition européenne et rétrospectives.
Parmi les invités d’honneur de cette cuvée 2026, citons Volker Schlöndorff, figure majeure du Nouveau cinéma – qui viendra présenter son nouveau film Le Bois de Klara (le 11 novembre) et prendre part à une discussion sur sa filmographie mais également Jean-Pierre Jeunet, qui sera de la partie à l’occasion de l’avant-première de Changer l’eau des fleurs – adaptation du roman éponyme de Valérie Perrin avec Leïla Bekhti au casting. Le réalisateur animera également la traditionnelle Leçon de cinéma du Festival, qui se tiendra le vendredi 13 novembre de 14h30 à 16h30 à l’Université d’Artois.
« Choisir Jean-Pierre Jeunet, c’est d’abord une histoire d’admiration et de fidélité. Nous avons grandi avec ses films, avec leurs personnages inoubliables, leur poésie, leur drôlerie et cette façon unique de regarder le monde. Son cinéma nous ressemble aussi par ce qu’il défend : l’imaginaire, l’émotion et le plaisir du récit. L’accueillir à Arras, c’est partager avec le public un cinéaste qui compte profondément pour nous. » – a d’ailleurs déclaré Éric Miot quant à la venue de ce dernier.
Concernant la Sélection Officielle, les festivités débuteront avec Claude, la nouvelle comédie de Clément Michel, portée par André Dussollier Valérie Donzelli, Kyan Khojandi, Clémentine qui devrait permettre de distiller une dose de bonne humeur dans l’enceinte du Casino d’Arras le soir du 6 novembre. Plus globalement, plus d’une centaine d’œuvres seront projetées, dont une trentaine en avant-première – et en présence des équipes. Parmi les productions hexagonales, nous pourrons voir avant leur sorties 7h40 ce matin-là de Nicole Garcia, La Troisième Nuit de Daniel Auteuil, Mariage au goût d’orange de Christophe Honoré, Banquise d’Emmanuel Courcol, Un bon petit soldat de Stéphane Brizé, Gilles United de Grégoire Ludig, Voilà c’est fini de Gustave Kervern ou encore Demain je tombe amoureux de Martin Provost, qui fera la clôture de ce millésime.
N’oubliant jamais sa fibre régionale, le festival fera également un focus sur le cinéma des Hauts-de-France et de la Belgique, en proposant des longs-métrages soutenus par Pictanovo et la Région parmi lesquels En haut de la pile de Louis-Julien Petit, Les Braves (Coward) de Lukas Dhont, Gabin de Maxence Voiseux, Radio Bonheur de Valéry Rosier mais aussi en remettant sur le devant de la scène Quand la mer monte... de Yolande Moreau et Gilles Porte – sorti il y a vingt-et-un ans. Pour les curieux, sachez qu’une exposition ‘Quand la mer monte, autour du film…’ prendra ses quartiers au Beffroi d’Arras pour retracer sa production.
Concernant l’emblématique Compétition Européenne (marque de fabrique de l’Arras Film), le jury – présidé par David Oelhoffen, qui sera accompagné par Laurence Arné, Éric Caravaca, Grégoire Colin, Nastya Golubeva – devra départager les neuf films faisant partie de sélection, qui concourent pour obtenir l’Atlas D’Or , la plus haute distinction du festival. Cette année, sont en lice les œuvres suivantes :
- Black Money for White Nights de Kristina Grozeva et Petar Valchanov
- Brace Your Heart d’Amanda Kernel
- Feels like Home de Gábor Holtai
- The Guest (L’Invitée) de Mads Mengel
- How To Divorce During The War d’Andrius Blazevicius
- Mila/Marija d’Andrina Mracnikar
- Only Beautiful Things To Look At d’Ivan Ostrochovsky
- Our Revolution de Piotr Domalewsk
- Stand Up de Mari Sanders
Autre indémodable de ce rendez-vous cinéphile, un zoom sur divers horizons cinématographiques, notamment à travers les catégories Vision de l’Est et découvertes européennes, avec cette année un gros plan sur le septième art espagnol – qui sera l’occasion de découvrir des œuvres telles que La Bola Negra de Javier Calvo et Javier Ambrossi – qui a été auréolé du Prix de la Mise en Scène au Festival de Cannes et représentera l’Espagne à la prochaine cérémonie des Oscars.
Et pour terminer, évoquons un autre attendu, les fameuses rétrospectives, qui permettent aux équipes de remettre en lumières des classiques et œuvres oubliées. La première, intitulée ‘ouvriers, patrons & révolutions’ explorera un siècle de luttes sociales, de colères collectives et d’émancipation ouvrière. Réunissant neuf films venus d’Europe et des États-Unis, cette rétrospective mêle puissance du récit et engagement politique pour faire revivre l’histoire sociale à travers un cinéma à la fois spectaculaire, humain et profondément actuel. La seconde, nommée ‘Crime à l’Italienne’, mettra à l’honneur le drame criminel (en vogue entre les années 50 et 70) à travers un voyage sous haute tension au cœur d’une Italie en pleine mutation, entre satire mordante, suspense baroque et cauchemar éveillé. Le public pourra ainsi (re)découvrir les œuvres suivantes. L’occasion de (re)voir sur grand écran Germinal de Yves Allégret, Le Jeune Karl Marx de Raoul Peck, La Fille qui en savait trop de Mario Bava, L’Oiseau au plumage de Cristal de Dario Argento
Durant ces dix jours de festivités, le public pourra également assister à des rencontres et ciné-concerts, prouvant une fois de plus que l’Arras est le festival de tous les cinémas, avec une programmation est riche et variée pour cette vingt-septième édition. Vous retrouverez les informations (tarifs, horaires) à cette adresse : http://www.arrasfilmfestival.com/
