[Séries Mania] Proud, cœur à vif
Depuis qu’elle s’est déployée en Europe, HBO Max multiplie les productions à ancrage local, histoire de souligner la richesse créative des pays dans lequel elle investit du temps et de […]
Pour ceux qui se font des films en séries
Depuis qu’elle s’est déployée en Europe, HBO Max multiplie les productions à ancrage local, histoire de souligner la richesse créative des pays dans lequel elle investit du temps et de […]
Depuis qu’elle s’est déployée en Europe, HBO Max multiplie les productions à ancrage local, histoire de souligner la richesse créative des pays dans lequel elle investit du temps et de l’argent. Et si concernant la France, nous avons déjà vu défiler un petit paquet de séries (Une amie dévouée, Le Sens des Choses, Merteuil), l’heure est venue de découvrir des créations provenant d’autres territoires du vieux continent. Et plus particulièrement la Pologne. Sélectionné au Festival Séries Mania, où elle concourt dans la catégorie Compétition Internationale, Proud est un drame estampillé HBO Original, créé par Karol Klementewicz, nous plongeant dans le quotidien de Filip, jeune adulte se plaisant à brûler sa chandelle par les deux bouts, jusqu’au jour où la réalité le rattrape et le met face à ses responsabilités…

Officiant sur le petit écran depuis près de quinze ans, le scénariste et réalisateur Karol Klementewicz vole de ses propres ailes avec Proud, drame fébrile sur la difficulté de trouver sa voie dans un monde étriqué, où le rejet devient la norme. Une thématique prenant corps à travers la trajectoire chaotique de Filip, jeune homosexuel insouciant tentant de camoufler ses failles intérieures par un comportement borderline, se voilant la face quant à la société qui l’entoure.
Arrogant, notre protagoniste cherche à faire carrière dans le mannequinat, son corps étant pour lui comme une carte de visite, un atout dont il se sert dans la sphère publique et privée. Mais à écumer les boîtes de nuit, à jouer les Don Juan, ce dernier semble s’être perdu, comme en témoigne sans détour le premier épisode de la série (sur les trois visionnés à Séries Mania), qui nous donne le ton de ce qu’il va suivre. Une plongée dans la psyché de personnages écorchés vifs, devant apprendre à panser leur plaie – qu’il le veuille ou non. Ainsi, lorsqu’une tragédie familiale vient faire voler en éclat le peu de stabilité qu’il avait, Filip se retrouve face à un défi de taille. Réussira t-il à prendre soin de lui mais surtout de sa nièce, tout juste âgée de deux mois ?
Se servant du spectre de la mort pour provoquer un électrochoc pour son héros principal et le spectateur, Karol Klementewicz trouve un moyen scénaristique convaincant pour amener à une progressive prise de conscience quant à ce parcours du combattant qu’est la vie – nous amenant à être toujours sur le qui-vive. De quoi permettre à Proud de trouver son rythme de croisière assez rapidement puisque de son introduction provocatrice et clinquante (réussie) le show laisse apparaître sa dimension émotionnelle, alors que le quotidien de Filip prend la forme d’un combat pour la liberté, pour l’amour et surtout contre les préjugés puisque la question de l’orientation sexuelle permet d’évoquer des sujets sociétaux pertinents- notamment concernant la notion de parentalité en Pologne.
De quoi permettre à la figure de proue de ce drame, Ignacy Liss, d’électriser l’écran dans la peau de Filip – une tête brûlée bourrée de faiblesses, dues à un passé compliqué. Mais l’acteur n’est pas seul est peut compter sur ses camarades de jeu tels que Kamil Studnicki et Maria Sobocińska, qui forment un noyau dur faisant le sel de cette création HBO Original.