Quatre ans après la sortie de son Premier Volet, Kaamelott repart à l’assaut des salles obscures avec un deuxième long-métrage, toujours chapeautée par le Roi Arthur en personne Alexandre Astier. Pouvant compter sur la présence d’Anne Girouard, Jean-Christophe Hembert, Lionnel Astier, Joëlle Sevilla, Thomas Cousseau, Jacques Chambon, Christian Clavier, Audrey Fleurot ou encore Alain Chabat, celui-ci se concentre sur le retour aux affaires des chevaliers de la Table Ronde après des années d’inactivité…

Ayant fait les belles heures de M6 durant cinq ans et donné naissance à une communauté de fans dévoués, Kaamelott est ainsi ressorti vainqueur de sa conquête du septième art, avec un passage du format sériel à un long-métrage en bonne et due forme couronnée de succès. En effet, avec 2 645 727 entrées au compteur, ce Premier Volet fût la production française la plus populaire de 2021. Un engouement qui a eu de quoi rassurer SND et Alexandre Astier, qui a vu les choses en grand pour la suite de son épopée médiévale – synonyme de reprise en main de la fameuse Quête du Graal. Et pour s’y faire, notre maître d’armes s’est laissé porté par son inspiration, ce qui s’est traduit par la production d’un Deuxième Volet s’étalant sur deux films. Un projet ambitieux certes, mais de la théorie à la pratique, l’exercice peut s’avérer périlleux. Une crainte se confirmant à la vue de la première partie de ce volumineux chapitre, qui peine à trouver son rythme de croisière en partant littéralement dans tous les sens.

S’il avait par le passé réussi à modifier la formule de la série, cette fois la mue a du mal à s’opérer naturellement du petit au grand écran, encore plus avec cet épisode XXL, peinant à trouver sa voie. Multipliant les lignes de fuite, le scénario ne parvient pas à se concentrer attentivement sur ses objectifs principaux – à savoir de redonner une place de choix à Arthur au royaume de Logres et à redorer le blason de la Table Ronde. Préférant avancer en crabe plutôt que de cavaler droit devant vers l’horizon s’offrant à lui, Alexandre Astier tombe dans son propre piège, mettant en scène une interminable succession de scènes d’exposition, servant de hors-d’Å“uvre à un plat que l’on attend encore de déguster.

Pénalisé par son rythme apathique, Kaamelott – Deuxième Volet [Partie 1] joue la montre et irrite plus qu’il n’intrigue en s’empêchant de suivre le pas de l’odyssée. Un point dommageable car maintenant que l’ancien Roi Arthur a mis fin aux agissements de son ennemi Lancelot, restaurant de ce fait un semblant de pays au royaume de Bretagne – mis à mal durant plus d’une décennie – le potentiel était de mise pour que l’on revienne aux fondamentaux de la marque et que l’on renoue avec le sens de l’aventure. Mais à l’image de notre protagoniste, se refusant à accepter son destin, le script tourne bien trop longtemps à vide – la reformation de la Table Ronde prenant des allures de parcours du combattant. Entre quêtes secondaires inutiles et développement des figures emblématiques de la mythologie effectués à la truelle, l’épopée n’est pas de la partie. Pas d’affrontements entre les forces du bien et du mal, pas d’avancée quant à la découverte du Graal, mais malgré tout d’infimes indices quant à un fil rouge devant ramifier les éléments de ce joyeux bordel concocté par Astier – qui sera synonyme de plongée en eaux troubles.

De quoi susciter une timide curiosité mais certainement pas un enthousiasme certain quant à la suite des tribulations de Arthur, Guenièvre, Karadoc, Morgane et – la plupart – de leurs compagnons de route (la trajectoire de Lancelot peut être intéressante à suivre) , qui devra mettre davantage l’accent sur ce côté épique que l’on était en droit d’attendre d’un tel périple aux quatre coins du globe.

Avec la première partie de Kaamelott : Deuxième Volet, Alexandre Astier perd le fil de ses idées, tissant un scénario multipliant les lignes de fuite – quitte à ce que les quêtes abordées perdent de leur intérêt. Un coup d’Excalibur dans l’eau.

© SND

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