S’étant cantonnée jusque là à travailler pour des géants du streaming tels que Netflix et HBO Max, Jennifer Kaytin Robinson a finalement trouvé le projet lui permettant de débarquer en bonne et due forme dans le milieu du septième art. En l’occurrence le quatrième chapitre de la franchise horrifique, Souviens-toi…l’été dernier qui se rappelle ainsi au bon souvenir de son public et ce dix-neuf ans après un troisième opus passé directement par la case vidéo par chez nous. Au programme de ce millésime 2025, porté par Madelyn Cline, Chase Sui Wonders, Jonah Hauer-King, Tyriq Withers, Sarah Pidgeon, Jennifer Love Hewitt et Freddie Prinze Jr., le calvaire d’une bande de jeunes adultes subissant le courroux d’un tueur masqué, avide de vengeance…

Lorsque Scream redonna une impulsion au slasher au milieu des années 90, les producteurs se dépêchèrent de sortir des tuyaux des longs-métrages pouvant permettre de s’engouffrer dans cette brèche – histoire de prolonger ce coup de jeune appliqué à ce genre de productions horrifiques. Le scénariste du film original de Wes Craven, Kevin Williamson fût d’ailleurs sollicité par Columbia Pictures pour écrire un titre qui sera lui aussi un succès (et donna naissance à une franchise), Souviens-toi…l’été dernier.

Trois volets et une série plus tard, celle-ci resurgit des limbes du catalogue de Sony Pictures (Columbia en est une filiale) histoire de capitaliser sur la récente mode du lecagyquel, qui a permis de remettre sur le devant de la scène Halloween et bien entendu…Scream. Ici, sous l’égide de Jennifer Kaytin Robinson, qui a déjà fait part de sa nostalgie pour les 90s dans sa précédente réalisation, Si tu me venges…, nous voici à nouveau propulsés au sein de la station balnéaire de Southport, lieu buccolique (re)devenant le théâtre d’un jeu de massacre orchestré par un tueur au crochet bien aiguisé…Vous l’aurez compris, en cherchant à rendre hommage au deux opus comprenant entre autres Jennifer Love Hewitt et Freddie Prinze Jr. (qui ont ici un rôle à jouer en tant que vétérans de la marque), la réalisatrice ne cherche pas à apposer sa propre patte – elle décide de suivre en mode pilotage automatique le script qu’elle a concocté aux côtés de son partenaire d’écriture Sam Lansky.

Si nous sommes désormais face à des jeunes issus de la génération Z, la formule reste identique : Un accident de voiture provoqué par nos protagonistes, un pacte pour cacher ce malencontreux coup du sort et un secret déterré un an plus tard par un obscur antagoniste déterminé à semer la mort. Bloqué par cet incapacité à s’ouvrir à d’autres horizons, Souviens-toi…l’été dernier suit donc un chemin tout tracé durant la majeure partie de son trajet, le tout servi par une troupe de comédiens à qui l’ont ne demande pas grand chose en termes de jeu – ce qui laisse aisément transparaître qu’il y a anguille sous roche quant à la recherche de cet inconnu au ciré noir distribuant des coups de crochets au plus offrant. Dans son dernier tournant, ce chapitre tente donc de sortir un atout de sa manche avec un twist lié au casting original – sauf que ce retournement de situation tombe lourdement à plat – ne faisant que confirmer que cette version 2025 est une coquille vide.

Même au niveau de la tension et du taux hémoglobine éclaboussant l’écran, le minimum syndical est de mise, Jennifer Kaytin Robinson ayant du mal à instiller un sentiment de danger dans sa mise en scène, pour le moins plate à l’exception d’une séquence de cauchemar sachant évoquer de manière ludique l’ombre de ce passé si présent – avec un cameo faisant sens sous cette approche fantasmagorique. Dommage que la cinéaste n’ait eu qu’un petit éclair de génie question réalisation, se contentant de rester à la surface de son sujet – au lieu de prendre de réels risques pour réinventer la matériau de base à sa disposition. Autant revoir les deux premiers opus qui, en dépit de leurs innombrables défauts, restaient un tant soit peu divertissants (surtout lorsque l’on a connu l’époque de leur sortie).

Avec Souviens-toi…l’été dernier, Jennifer Kaytin Robinson tente de redonner un souffle de vie à une franchise fatiguée mais loupe le coche, préférant jouer la sécurité plutôt que de prendre des risques – quitte à frôler la sortie de route.

Sony Pictures

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