Deux ans après The Creator, Gareth Edwards effectue son retour à la réalisation avec Jurassic World : Renaissance, nouvel opus de la franchise Jurassic Park, cette fois porté par Scarlett Johansson, Jonathan Bailey, Mahershala Ali, Rupert Friend, Luna Blaise ou encore Manuel Garcia-Rulfo. Au menu de ce chapitre, la mise en place d’une expédition scientifique destinée à récolter l’ADN de certaines espèces de dinosaures. Ce qui sera loin d’être une sinécure.

Au royaume d’Hollywood, difficile de mettre un point final sur une propriété intellectuelle restant lucrative, comme en témoigne le parcours de Jurassic Park qui, en l’espace de trois décennies aura su s’épanouir sur le petit et le grand écran – malgré quelques couacs en cours d’évolution. Si l’accueil mitigé réservé au troisième film, qui voyait Joe Johnston prendre le relais de Steven Spielberg, aura mené à une cure de repos de treize ans, force est de constater que la saga dérivée du roman de Michael Crichton aura su reprendre du poil de la bête en ouvrant une nouvelle ère de son histoire avec Jurassic World. Une seconde trilogie qui, si elle aura divisé les fans, fût synonyme de carton au box office puisque chaque opus amassa un milliard de dollars de recettes, rien que ça.

Une excellente santé financière empêchant Universal Pictures de lâcher son mastodonte aux oeufs d’or, la firme ayant rapidement mis en chantier un septième film, synonyme de retour aux sources. Mis en scène par Gareth Edwards, qui s’y connaît en blockbuster, ayant chapeauté GodzillaRogue One ou encore The Creator, cet opus sous-titré Renaissance tente ainsi de capitaliser sur les ingrédients ayant fait précédemment le sel de la saga afin de partir sur en terrain conquis. Que reste t-il à raconter après trois décennies d’exploitation sur grand écran ? Là est la problématique centrale du scénario de David Koepp, qui effectue son retour dans un univers qu’il connaît bien – ayant signé les scripts de Jurassic Park et Le Monde Perdu. Ici, notre homme convoque l’esprit de la trilogie originale, remettant l’aventure et les dinosaures (les errances environnementales du précédent volet sont de l’histoire ancienne) au centre des enjeux.

Se situant donc cinq ans après les événements du Monde d’Après, Jurassic World : Renaissance marque l’entrée de nos animaux préhistoriques au crépuscule de leur existence, alors que l’écosystème de la planète se montre inhospitalière pour eux depuis leur résurgence sous l’égide d’InGen. Ceux restant coexistent désormais dans des environnements équatoriaux isolés où le climat ressemble à celui dans lequel ils s’épanouissaient il y a des millénaires. C’est d’ailleurs au sein de cette réserve que se trouvent trois colossales créatures attirant l’attention de scientifiques et industriels. Et pour cause, ceux-ci seraient la solution à un traitement miraculeux pour l’Homme, développé par un groupe pharmaceutique.

Soit le postulat – bien trouvé soit-dit en passant – d’une expédition secrète afin d’extraire l’ADN de ses trois espèces en question, le tout sous la supervision de mercenaires. Mais comme on le sait désormais, cette assignation ne va pas se dérouler comme prévu, David Koepp ne perdant pas de temps pour nous rappeler que le danger est omniprésent dans un environnement dominé par les dinos. Ainsi, cette assignation se transforme en mission de sauvetage, notre équipe de baroudeur – menée par Zora Bennett (Scarlett Johansson, qui trouve enfin le moyen de prendre part à la franchise qu’elle aime tant) – croisant sur sa route une famille à la merci des dinosaures, suite au naufrage de leur bateau. De quoi pimenter ce voyage en terres préhistoriques, qui joue les cartes de l’exotisme et de la peur pour faire avancer sa trame.

Hélas, en dépit d’une volonté de se rapprocher des séquences sous tensions qui parsemaient le film original de Spielberg (et sa première suite), ce dernier cru en date ne fait que démontrer que les ficelles sur lesquelles on tire depuis 1993 commencent à s’user. Entre la création d’un énième prédateur, qui fait redite avec la trilogie Jurassic World et des ‘face à face’ entre nos protagonistes et ces chers mascottes de la franchise sentant la plupart du temps le déjà-vu, difficile de sentir ce vent de fraîcheur promis. D’autant plus avec des personnages manquant d’envergure question caractérisation, à l’exception de la caution paléontologique du long-métrage, Henry Loomis (incarné par un Jonathan Bailey attachant) digne héritier d’Alan Grant.

Si dans l’ensemble l’histoire sent cruellement le réchauffé, Gareth Edwards parvient à augmenter le niveau d’un bon cran, son sens du cadre et son amour pour la figure du monstre aidant à embellir Jurassic World : Renaissance, redonnant leur éclat aux dinosaures – devenus gadgets avec le temps. Preuve en est, outre l’affrontement maritime avec des Mosasaures et des spinosaures, le cinéaste s’est lancé dans la transposition de l’une des séquences phares du roman Jurassic Park, la fameuse fuite en raft pour échapper à un T-Rex ne manquant pas de mordant. Si par contre, il ne peut faire grand chose de l’attraction de cet épisode, le D-Rex, qui n’a pas réellement d’utilité scénaristique, Edwards nous rappelle que la saga rime avec divertissement et mise en scène léchée. Sur ce point là, l’esprit de Steven Spielberg flotte sur le métrage. Maintenant, il faudrait que le réalisateur ait entre ses mains un script en béton armé, histoire que l’on sente ce souffle du renouveau.

Avec Jurassic World : Renaissance, Gareth Edwards tente d’aposer sa patte sur une franchise fatiguée et parvient – grâce à son sens de la mise en scène – à donner de l’ampleur à un script naviguant sur les rives du ‘déjà-vu’.

© Universal Pictures

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