Ayant connu quelques turbulences depuis son lancement, notamment au cinéma, la Phase 5 du MCU, amorçant les éléments de The Multiverse Saga, reprend petit à petit du poil de la bête. Quelques mois après Captain America : Brave New World, c’est au tour de Thunderbolts* de débarquer dans les salles obscures. Mis en scène par Jake Shreier (La Face cachée de Margo), cet opus comprenant Florence Pugh, Sebastian Stan, David Harbour, Olga Kurylenko, Hannah John-Kamen, Julia Louis-Dreyfus et Lewis Pullman au casting se concentre sur la formation impromptue de figures ambivalentes de l’univers Marvel Studios, devant se serrer les coudes face à l’adversité…
À la recherche d’un nouveau souffle depuis la fin d’Avengers : Endgame, le MCU se sera plus d’une fois pris les pieds dans le tapis, notamment en se dispersant plus que de raison. En se partageant entre le petit et le grand écran, la franchise a été essorée jusqu’à la moelle, déroulant des dizaines de fils rouges se connectant maladroitement entre films et séries. D’où un sentiment de bricolage incessant, comme on aura pu le remarquer il y a peu avec Captain America : Brave New World, qui faisait les frais des tergiversations de Kevin Feige et ses équipes, courant trop de lièvres à la fois. Ce qui n’augurait rien de très bon pour Thunderbolts*, dont le but est de constituer une équipe d’anti-héros ratissant large, les personnages choisis provenant entre autres d’Ant-man et la Guêpe, Black Widow et Falcon et Le Soldat de l’Hiver.
Et pourtant, contre toute attente, Jake Shreier se retrouve aux manettes d’une production sachant trouver sa raison d’être, du chaos inhérent à son intrigue surgissant une certaine cohérence scénaristique. En résulte de ce fait un cru comme on aimerait en voir plus souvent au sein de la Maison des Idées, où l’on sent un réel intérêt en coulisses pour que le produit fini ait un minimum de gueule. Du cœur a été mis à l’ouvrage et cela se ressent à l’écran, même si les rouages de la machine Marvel se grippent davantage d’année en année. Si nous sommes loin d’un coup d’éclat, le long-métrage instille tout de même un léger vent de fraîcheur en se consacrant à une galerie de protagonistes cabossés, qui ont déjà perdu leur boussole morale, se retrouvant à faire face à leurs failles, à leur vide intérieur. Un point crucial de script fomenté par Joanna Calo et Eric Pearson, qui s’articule sur l’introspection de ces figures de l’ombre que sont Yelena Belova, Ghost, Red Guardian, U.S. Agent ou encore Taskmaster, se retrouvant à faire équipe suite à leur placement sur un échiquier politique qui les dépassent – et ce avec l’aide d’un certain Bucky Barnes, vétéran du MCU ayant eu sa dose de traumas.
Quand les petites magouilles de Valentina Allegra de Fontaine, l’énigmatique directrice de la CIA (multipliant les apparitions depuis 2021 sur le petit et le grand écran) sont sur le point d’être exposées au grand jour, cette dernière se lance dans une opération de nettoyage histoire de passer entre les mailles du filet de sa destitution – ce qui passe par une destruction en bonne et due forme de ses petits secrets mais également de ses collaborateurs de l’ombre. Soit le nerf de l’intrigue de Thunderbolts*, qui se sert de ce postulat diplomatique pour sceller le sort de l’équipe en devenir se formant devant nos yeux dans le chaos et la bonne humeur. Si l’on repassera sur l’humour forcé, qui n’a pas réellement sa place ici, en particulier les gesticulations et élucubrations d’Alexei (le fameux Red Guardian) – à l’exception d’une scène démontrant que le personnage pourrait être bien mieux que ‘comics relief’, le baroud de nos mercenaires ne manque pas de potentiel, de leurs zones d’ombres et ressentiments naissant cette amertume donnant la force au film de Jake Shreier. Ce qui compte ici n’est pas l’action, mais la mise à nue de ces anti-héros, devant faire front pour le bien commun.
Dans cette optique, sortir la carte SentryBob se révèle être la bonne idée des scénaristes, cette figure ambivalente symbolisant les enjeux moraux de cet opus. Se laisser envahir par sa noirceur ou tenter de devenir une meilleur version de soi-même ? Telle est la question. Un bouillonnement interne donnant du relief à la création du tissu relationnel reliant par la force des choses les protagonistes, jusqu’à faire d’eux une famille dysfonctionnelle prête à mettre de côté leurs griefs, de panser leurs blessures pour avancer vers un avenir moins sombre. Un côté intimiste trouvant sa raison d’être dans son acte final, où les multiples facettes de Sentry – ainsi que ses facultés pour le moins déconcertantes – sont exploitées à bon escient, servant le récit en privilégiant l’émotion à l’action. Un choix créatif qui fait sens, le réalisateur articulant avant tout son travail sur le jeu de ses actrices et acteurs, ce qui se ressent à l’écran notamment dans la partition de Florence Pugh, Lewis Pullman et Sebastian Stan, qui ont davantage d’espace pour s’exprimer – le tout sans éclipser David Harbour, Hannah John-Kamen, Julia Louis-Dreyfus (par contre pour Olga Kurylenko, c’est une autre histoire). De leurs sensibilités différentes, nos joyeux drilles parviennent à créer cette alchimie recherchée par Jake Shreier, essentielle pour que le public s’investissent dans leur odyssée commune. Il faut dire que vu la fin de Thunderbolts*, ces derniers ont dorénavant une nouvelle stature au sein de l’Univers Cinématographique Marvel, laissant transparaître un rôle clé pour Avengers : Doomsday.
Au sein d’un MCU qui n’est plus que l’ombre de lui-même, Jake Shreier tente de se démarquer avec Thunderbolts*, parenthèse en clair-obscur mettant en lumière des anti-héros cabossés, faisant fi de leurs traumas pour faire front commun. Un parti-pris qui fonctionne à peu près, le cahier des charges de Marvel Studios empêchant le long-métrage de prendre une véritable envergure.



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