Entre 1930 et 1934, un vent de rébellion soufflait au doux royaume d’Hollywood, connue sous le nom de « Pré-Code » Hays, période clé donnant des ailes aux cinéastes issus du pays de l’Oncle Sam, désireux de de l’ordre établi. Il faut dire qu’à cette époque, une chape de plomb s’abattît sur leur tête avec la promulgation le 19 février 1930 du code de production du cinéma américain fomenté par le sénateur William H. Hays, qui dirigeait alors la Motion Picture Producers and Distributors of America – association représentant les intérêts des studios. Soit un système de censure, destiné à déterminer ce qui était correct de montrer à l’écran ou non, au nom du puritanisme et de la bien-pensance.
Un acte menant à une fronde de la part des réalisateurs et scénaristes, qui ont pris un malin plaisir à jouer la carte de l’impertinence durant ces quatre années où le Code n’était pas appliqué de manière strict (lorsque les majors ont vu leur porte-feuille impacté par les boycotts, tout changea). Au cours de cette phase de transition synonyme d’irrévérence, des figures telles que Cecil B. DeMille, Ernst Lubitsch, Dorothy Arzner, James Whale ou Howard Hawkes ne manquèrent pas d’imagination pour évoquer des sujets divers et variés, n’hésitant pas à parler de la mort, du sexe, de la politique sans oublier du milieu du grand banditisme – les films de gangsters proliférant dans les salles obscures.
Une phase de transition ne manquant pas de panache, remise au goût du jour ces derniers temps et s’apprêtant à se rappeler à notre bon souvenir dans le paysage hexagonal grâce à l’initiative de l’éditeur Elephant Films, à l’initiative de Hollywood Interdit, collection regroupant dix œuvres symbolisant cette parenthèse enchantée teintée d’insolence, le tout au format DVD et Blu-ray. L’occasion de (re)découvrir des classiques, que ce soit L’Homme que j’ai tué (Broken Lullaby), adapté de la pièce éponyme de Maurice Rostand – qui pour l’anecdote fût la source d’inspiration de François Ozon pour Frantz – ou encore Hot Saturday, Honor Among Lovers, Merily We Go To Hell sans oublier la version de Cléopâtre portée par l’iconique Claudette Colbert, qui fût la première actrice française à se voir auréolée de l’Oscar de la meilleure actrice grâce à sa partition dans la comédie romantique New York-Miami.
Car rappelons-le, le Pré-Code permit à de nombreux acteurs et actrices d’émerger, que ce soit Marlène Dietrich, Cary Grant, Nancy Carroll, James Cagney, Greta Garbo et tant d’autres, qui purent exprimer les multiples nuances de leur palette de jeu à travers des films faisant office d’espaces de liberté, d’expérimentation en tous genres. Un point crucial du coffret Hollywood Interdit (disponible le 20 mai en DVD/Blu-ray) qui, en parallèle des dix disques proposés (contenant des présentations de la part d’experts en septième art comme Véronique le Bris, Laura Tuillier, Frédéric Mercier, Justin Kwedi, Jean-Pierre Dionnet, Fabien Mauro, Xavier Leherpeur, Nachiketas Wignesan), renferme un livret de quatre-vingt-seize pages écrit par le journaliste cinéma Denis Rossano, revenant en long et en large sur ces années folles – faisant suite aux années folles justement.
De quoi donner du cachet à cette rétrospective orchestrée par Elephant Films, offrant un éclairage bienvenue quant à cet entre-deux hollywoodien.

Films compris dans le coffret Hollywood Interdit :
- Honor Among Lovers de Dorothy Arzner (1931)
- L’Homme que j’ai tué d’Ernst Lubitsch (1932)
- Merrily We Go To Hell de Dorothy Arzner (1932)
- Hot Saturday de William A. Seiter (1932)
- Le Baiser devant le Miroir de James Whale (1933)
- Le Cantique des cantiques de Rouben Mamoulian (1933)
- Chanteuse de Cabaret d’Alexander Hall et George Somnes (1933)
- L’Ecole de la beauté d’Erle C. Kenton (1934)
- Et demain ? de Frank Borzage (1934)
- Cléopâtre de Cecil B. DeMille (1934)


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