Trois ans après Magic Mike : Dernière Danse, Steven Soderbergh rempile à la réalisation avec Presence, comprenant au casting Lucy Liu, Chris Sullivan, Callina Liang, Eddy Maday, West Mulholland et Julia Fox. Soit un film permettant au cinéaste de mener à bien un thriller aux frontières du réel, se concentrant sur une famille emménageant dans un nouveau logement, comprenant déjà un locataire : un poltergeist.
Que ce soit sur le petit ou le grand écran, Steven Soderbergh n’a eu de cesse de cumuler les projets et ce depuis la fin des années 80. Toujours prompt à sortir de sa zone de confort, le cinéaste se plaît à changer régulièrement de registre, ayant su passer avec aisance de Sexe, Mensonges et Vidéos à Contagion, tout en initiant les franchises Ocean’s et Magic Mike. Et passé un dernier tour de piste au sein de la saga portée par Channing Tatum, notre touche à tout appose sa patte dans un univers inédit pour lui – le fantastique – au gré de son nouveau métrage, Presence.
Pour cette entrée en matière dans un domaine jusque là inexploré par sa caméra, le réalisateur s’est associé à David Koepp qui, en tant que scénariste s’est déjà aventuré dans ce genre de production, que ce soit au gré de Fenêtre secrète ou You Should Have Left (qu’il a mis en scène) ou en participant par exemple au remake de La Momie opéré en 2017. De ce pas de deux naît ainsi une Å“uvre à la lisière des genres, se jouant des codes du film dit ‘de fantômes’ pour mieux appuyer l’analyse de l’érosion de la cellule familiale, marquée par les secrets et les non-dits. Ou quand l’emménagement d’une famille au sein d’une maison de quartier où il fait bon vivre se mue en drame intime, les dissensions prenant le pas sur l’embellie propre au vent du renouveau.
Une (dés)union que nous remarquons par le biais d’un locataire des lieux peu banal, en l’occurrence un poltergeist qui, tapis dans l’ombre observe le quotidien des Payne, marqué par la souffrance. Ici, notre esprit frappeur ne sert pas de prétexte à l’horreur, n’étant pas vecteur de frissons, son statut de spectateur invisible à l’Å“il nu l’établissant comme le moteur de l’intrigue. De son regard transparaît la véritable nature de nos protagonistes, dont la façade se craquelle petit à petit, entre les figures parentales au bord de la rupture et leurs deux enfants, devant faire face à leurs propres problèmes. En particulier Chloe, ayant du mal à faire le deuil d’une de ses camarades, tragiquement disparue il y a peu, et se laissant attirer par Ryan, ami de son frère. Des âmes en peine, scrutés de près par cet être fantasmagorique – dont la nature se révèle être le mystère principal du scénario – qui se veut le témoin silencieux de leur éloignement progressif, qui n’est pas sans danger.
Tentant de faire lentement mais doucement grimper ses enjeux, Presence instaure un climat de méfiance dans sa seconde partie, la tension surgissant subrepticement pour mieux donner une raison d’être à son concept de film à la première personne, notre personnage immatériel ayant un rôle à jouer au sein de cette maison hantée par ses propres occupants. De quoi clôturer cet exercice de style sur un twist redistribuant les cartes en termes de dramaturgie, même si David Koepp tâtonne question écriture, tirant en longueur une idée intrigante sur le papier, les atermoiements de la famille Payne peinant à pleinement convaincre faute de rythme durant les trois quarts de ce voyage entre les vivants et les morts.
Privilégiant les plans séquences, Steven Soderbergh s’en tire à bon compte concernant la direction d’acteurs, comme en témoignent les prestations sensibles de Chris Sullivan et Callina Liang. Mais en dépit d’une photographie brute utilisée intelligemment, à force de déambuler d’une pièce à l’autre de son décor principal, le réalisateur ne peut éviter le redite question mise en scène, l’ennui finissant par pointer le bout de son nez – jusqu’à son acte final.
Avec Presence, Steven Soderbergh s’immisce dans le domaine du fantastique, nouant un drame intime via le prisme du surnaturel qui, en dépit de son concept, manque quelque peu de corps.



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