Trois ans après le parcours remarqué d‘Un Triomphe, film choral porté par Kad Merad qui eu le droit aux honneurs d’une présentation à Cannes et fût notamment récompensé au Festival du cinéma francophone d’Angoulême, Emmanuel Courcol reprend sa place derrière la caméra pour mener à bien sa nouvelle partition, intitulée En Fanfare. Un long-métrage comprenant Benjamin Lavernhe, Pierre Lottin, Sarah Suco ou encore Jacques Bonnafé au casting et se centrant sur les retrouvailles deux frères qui ignoraient tout l’un de l’autre, apprenant à se mettre au diapason.

Comme il l’aura prouvé depuis ses débuts dans le milieu du septième art, Emmanuel Courcol aime proposer des histoires empruntes d’humanisme, où les drames de la vie sont abordés à travers un prisme bienveillant. Une formule que l’on retrouve dans cette troisième réalisation, En Fanfare, qui adopte le rythme de comédie douce-amère pour offrir une caisse de résonance à la mélodie jouée par le cinéaste, où se confondent fraternité et résilience.

Au cÅ“ur du film, la réunion entre deux êtres isolés partageant plus que des gènes, la musique guidant leurs pas. Chef d’orchestre de renommée internationale, Thibaut va voir son quotidien bouleversé par le spectre de la maladie, ce qui l’amène à partir en quête d’un donneur de moelle. Un élément perturbateur se révélant être le point d’amorce d’une intrigue familiale, notre protagoniste se découvrant un frère dont il ignorait l’existence, qui va devenir essentiel à ses yeux. Car en plus d’être compatible pour une greffe, Jimmy possède un autre point commun, sa passion pour le quatrième art. Un goût les aidant à se rapprocher.

Comme le dit l’adage, la musique adoucit les mÅ“urs et rassemblent les cÅ“urs, devenant un instrument clé dans le parcours de notre duo principal, apprenant à se connaitre et à interagir dans leur milieu respectif, le premier évoluant dans un univers privilégié quand le second n’a pas eu la même chance. Si l’un est à la baguette, l’autre est au trombone dans l’harmonie de son petit patelin du Nord. Mais de ces différences peuvent jaillir une force, ce que tend à démontrer le scénario écrit par Emmanuel Courcol et Irène Muscari, qui allie bons sentiments et sensibilité avec plus ou moins de subtilité.

Si l’on pourrait reprocher une multiplication de sous-intrigues en cours de chemin, qui alourdissent un peu le récit (notamment concernant les questions sociétales emanant de l’ancrage dans les Hauts-de-France), l’équipe créative n’oublie pas de revenir à l’essentiel, le fil rouge le plus robuste étant le pas de deux entre Thibaut et Jimmy. La relation filiale naissant devant les yeux des spectateurs gagnant progressivement en crédibilité grâce à la complémentarité de Benjamin Lavernhe et Pierre Lottin, chacun étant juste dans sa gamme. Emmanuel Courcol sait diriger ses acteurs qu’ils soient professionnels ou non (les membres de l’harmonie des mineurs de Lallaing, qui aident à propager de la bonne humeur) et cela se ressent à l’écran, ce qui fait le charme d’En Fanfare.

Avec En Fanfare, Emmanuel Courcol se met au service d’une comédie dramatique où la musique adoucit les mÅ“urs et rassemble les cÅ“urs, offrant à Benjamin Lavernhe et Pierre Lottin une partition tout en sensibilité.

Diaphana Distribution

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